L’opposition tanzanienne dénonce la fraude, victoire de Ouattara en Côte d’Ivoire, Sassou fait passer le référendum


La Commission électorale nationale en Tanzanie (NEC) continue à publier les résultats préliminaires de l’élection présidentielle. L’opposition dénonce la fraude. En Côte d’Ivoire, le président sortant Alassane Ouattara a été réélu pour cinq ans à la tête du pays, avec 83,66 % des suffrages. Au Congo-Brazzaville, l’opposition dénonce les résultats du référendum. Elle appelle à la poursuite de la désobéissance civile, tandis que le gouvernement et le parti au pouvoir exhortent l’opposition à reprendre le dialogue.



Par: Isanganiro , mercredi 28 octobre 2015  à 11 : 32 : 00
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Tanzanie : Le candidat du parti au pouvoir le Chama Cha Mapinduzi (CCM), Dr John Magufuli, est toujours en tête. Le chef de fil de l’ l’opposition Edward Lowassa du Chama cha Demokrasia na Maendeleo (Chadema) vient en second lieu.

La coalition de l’opposition Ukawa affirme que les résultats annoncés par la Commission électorale nationale (NEC) avait été truqué en la faveur du parti au pouvoir le CCM.

S’adressant aux journalistes à Dar es Salaam, le président de Chadema Freeman Mbowe, celui de NCCR-Mageuzi, James Mbatia et le vice-président de Chadema Abdallah Safari disent que ce que le président de NEC Damian Lubuva a annoncé à la nation depuis ce lundi ne correspond pas avec le décompte de leurs propres agents.

Les trois dirigeants affirment que des votes irréels ont été donnés au candidat du CCM John Magufuli au détriment du candidat de Chadema qui a été approuvé par Ukawa, Edward Lowassa dont les votes sont réduites dans un programme visant à lui refuser la victoire.

Les résultats jusqu’ici annoncés montrent que Magufuli est en nette avance sur son challenger.

Ils donnent des exemples de la circonscription de Tunduma où le NEC a annoncé que Lowassa a obtenu 6000 voix alors que selon leurs propres chiffres, Lowassa a eu 32,442 voix. Dans Tandahimba, le NEC a donné a Magufuli 49 998 voix alors que dans leur décompte, le candidat CCM a été donné 2810 votes supplémentaires qu’il n’avait pas, prétendent-ils.

"Nous ne reconnaissons pas les résultats annoncés par Lubuva," a déclaré Mbowe : "Nous allons nous réunir ce mercredi et allons publier une déclaration sur la voie à suivre."

Il a ajouté que la coalition devait agir rapidement parce que selon la constitution, les résultats de la présidentielle ne peuvent pas être contestés devant la cour de justice, une fois annoncés par la commission électorale.

La mission internationale d’observation des élections salue la Tanzanie pour l’élection générale, affirmant que le processus est inclusif et pacifique.

La mission va rester dans le pays pour observer le processus d’agrégation, l’annonce des résultats et les développements post-électoraux.

Côte d’Ivoire : Le président sortant de la Côte d’Ivoire a été réélu pour cinq ans à la tête du pays, dimanche 25 octobre dès le premier tour du scrutin. Alassane Ouattara, 73 ans, récolte 2 118 229 voix, soit 83,66 % des suffrages, selon les résultats officiels annoncés ce mercredi par la Commission électorale indépendante. Le taux de participation est établi à 54,63 %. Une partie de l’opposition avait appelé au boycott.

Il n’y aura quasiment pas eu de match. La coalition au pouvoir était d’ailleurs assez sûre de l’emporter et avait prédit qu’il n’y aurait pas de deuxième tour. C’est ce qui est arrivé. Alassane Ouattara est vainqueur sans coup férir dès le premier tour. Dans la quasi totalité de la Côte d’Ivoire, et tout particulièrement dans le nord du pays, le président sortant n’a fait qu’une bouché de ses adversaires, qui auront plutôt été des sparring-partners que de véritables challengers sur le ring. Ils ont eu beaucoup de mal dans cette élection.

Il faut dire que le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ne concourrait pas, puisque il avait rallié M. Ouattara dès le premier tour. Il faut dire aussi que le Front populaire ivoirien (FPI) fut, tout le long, englué dans des querelles internes entre Pascal Affi N’Guessan, qui souhaitait aller aux élections, et des partisans de la ligne « Gbagbo ou rien », qui appelaient au boycott. Il ne restait plus grand-monde face au président, qui a sans doute, de surcroît, bénéficié d’une prime au sortant. M. Affi N’Guessan est deuxième ; il obtient 9,29 % des suffrages. Kouadio Konan Bertin est troisième, avec 3,88 %. Les sept autres candidats, dont trois s’étaient retirés mais figuraient sur les bulletins, sont à moins de 1 %.

La Coalition nationale pour le changement (CNC), autre parti de l’opposition qui aura vécu le temps d’un feu de paille, a vu un à un ses membres jeter l’éponge. Essy Amara n’aura pas été jusqu’au bout de la démarche ; Mamadou Koulibaly a renoncé, expliquant que les conditions d’une élection transparente n’étaient pas réunies, imité en cela, en pleine campagne, par Charles Konan Banny, qui a lui aussi repris cet argument. L’appel au boycott lancé par une partie de l’opposition a-t-il été entendu ? Une chôse est sûre : la participation (plus de 80 % en 2010), n’a pas toujours été en rendez-vous cette année. Le taux de participation dépasse les 50 % (3 330 000 votants sur une liste électorale de 6 301 000). L’abstention est supérieure à 45 %.

Congo-Brazzaville : Denis Sassou-Nguesso a obtenu ce qu’il attendait. Une victoire au référendum. Mais le dialogue avec son opposition est pour l’instant rompu. Plus grave, les leaders du Frocad, le front anti-référendum, rejettent en bloc les résultats et promettent de poursuivre le mouvement de désobéissance civile.

On ne sait pas encore quelle forme prendra ce mouvement, les chefs de l’opposition doivent encore en fixer les modalités. Au sein de l’opposition les plus durs comme Mathias Dzon parlent « d’un coup d’Etat constitutionnel » et souhaitent que l’Union africaine se prononce sur l’organisation et les résultats du référendum. Pour l’heure l’UA est silencieuse. Une frange de l’opposition va donc chercher par tous les moyens à obtenir une condamnation internationale du régime Sassou-Nguesso.

Mais à moyen terme, l’opposition peut-elle persister dans son refus du dialogue ? Le régime ne le croit pas et a déjà lancé des appels du pied. Ainsi Pierre Ngolo, le secrétaire général du PCT, le parti de Sassou-Nguesso, appelle les opposants à venir débattre de la gouvernance démocratique. « On peut parler de tout, sauf du référendum », dit-il.




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