BUBANZA : l’homme kidnappé relâché après 23 jours




Par: Isanganiro , lundi 2 novembre 2015  à 20 : 55 : 00
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Apres vingt-trois jours de détention dans un lieu inconnu, l’ancien chef de colline du village six en commune Gihanga a été relâché ce dimanche soir. Escorté par des militaires œuvrant dans la réserve naturelle de la Rukoko qui l’ont d’abord conduit à la police, il est arrivé dans sa famille ce lundi. Sévérin Banciryanino a été kidnappé dans la nuit du 09 octobre par des hommes armés qui n’ont pas été identifiés. La rançon exigée par les ravisseurs n’a pas été donnée suite au manque de moyens de sa famille. L’actuel chef de colline dans le même village qui servait d’intermédiaire par téléphone entre la famille de la victime et ses ravisseurs est maintenant menacé.

En T-shirt complètement déchiré et en pantalon en haillons, très fatigué, dans un pic up militaire, avec beaucoup de blessures sur les jambes et sur les bras, Sévérin Banciryanino n’a pas osé apparaitre au quartier. Il a d’abord appelé sa femme qui lui a porté des habits.

Il raconte qu’il a été conduit ce dimanche soir vers la réserve naturelle de la Rukoko à partir du pays voisin, la RDC. Apres avoir franchi la rivière Rusizi dans un bâche ce dimanche soir, Sévérin a été jeté dans des maraichages de cette rivière par deux hommes qui l’ont accompagné à partir de l’autre rive de la Rusizi. Ils lui ont dit : « Tu vois, la bas, il ya une position militaire, si tu ne veux pas être pris comme un malfaiteur, couche ici même et demain matin tu rentres chez toi à Gihanga ». Il raconte qu’il a alors passé la nuit dans des papyrus qui lui ont laissé des blessures sur tout son corps.

La victime présente aussi des blessures et des traces de cordes sur les bras où elle a été ligotée pendant la moitié des jours qu’il y a passé comme il le dit lui-même. « J’y ai trouvé deux autres victimes qui ont été relâchés trois jours après. Quand il était temps de manger, on m’ordonnait d’ouvrir la bouche et on me faisait avaler comme un enfant. Quand il pleuvait, on nous couvrait d’une bâche .Même si j’étais bandé, et les yeux et les oreilles, je sentais que j’étais dans une brousse », indique-t-il.

Les proches de Banciryanino Sévérin, y compris son épouse, disent qu’ils n’ont pas payé de rançon suite aux maigres moyens de sa famille. « Je parviens à peine à trouver de quoi mettre sous la dent pour nos quatre enfants, et dites-moi comment je peux trouver dix millions ou même cinq millions ! Je l’avais abandonné, mais Dieu est grand, voilà qu’il nous revient. Il a été aussi injustement emprisonné durant des mois et des mois quand il était chef de colline en deux mille treize, accusé de détournements des tôles des indiens, j’ai eu le même problème de pouvoir l’aider à s’en sortir, mais il a fini par être libéré » , se lamentait l’épouse de la victime devant les bureaux de la police où elle l’attendait.

Cette femme mère de quatre enfants demande aux autorités habiletés de tout faire pour arrêter ce phénomène de kidnapping qui ne fait qu’appauvrir et déstabiliser les familles déjà appauvries par plusieurs années de guerre civile.

Les discussions sur la rançon à donner aux ravisseurs passaient par l’actuel chef de colline qui était appelé au téléphone pour servir d’intermédiaires entre les ravisseurs et la famille de Sévérin. Niragira Alexandre indique qu’ il a été obligé de le faire pour voir si la victime puisse être relâché . Apres avoir exigé dix millions, les ravisseurs sont descendus jusqu’à cinq millions qu’on n’a pas pu avoir. Pour le moment, c’est l’intermédiaire, Niragira Alexandre, actuel chef de colline qui est menacé. Ces malfaiteurs lui ont dit que c’est lui qui néa pas fourni d’efforts pour avoir la rançon et que lui aussi, il doit être kidnappé. Alexandre Niragira a indiqué ce lundi matin que sa vie est en danger et qu’il l’a déjà signalé aux autorités militaires, au commissaire de police et autorités administratives.




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