BUBANZA : Deux femmes au cachot pour "rébellion" dans une affaire de succession




Par: Isanganiro , mercredi 4 novembre 2015  à 19 : 41 : 04
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Une fille et sa mère sont détenues au cachot de police de Gihanga depuis ce lundi 4 novembre 2015. Banderembako Pascasie, la mère, et Sindayihebura Claudine, sa fille, sont accusées de rébellion pour avoir refusé le verdict du tribunal. Ledit verdict reconnaît à l’un des fils de cette mère le droit de vendre une partie de la propriété familiale, redistribuant ainsi les portions données en héritage aux filles lors du partage du patrimoine familial.

D’après les sources proches de l’affaire, Sindayihebura Claudine est née à Musenyi en commune Mpanda avec onze autres enfants d’un même père mais de mères différentes. Quand le chef de famille a vu que ses jours étaient comptés, et gravement malade, il a appelé en février 2014 tous ses enfants : huit garçons et quatre filles, leurs mères et certains notables de la colline pour leur donner ses dernières volontés en guise de testament.

D’après toujours les mêmes sources, le vieux père leur aurait rappelé qu’ils doivent rester unis, étant issus du même père et de partager équitablement la terre familiale ; ".« Mes chers enfants, vous avez des mamans différentes mais vous avez un père commun. Soyez unis, que personne ne soit injuste envers l’autre, surtout vous les garçons, ne soyez pas injustes envers vos sœurs, vous voyez la propriété qui se trouve à Gihanga, environ dix hectares, vous la partagerez équitablement en douze parties égales quand je ne serais plus. Vos trois mères ne vous causeront aucun problème, je leur ai déjà donné leurs parts »,.

Quelques jours après, Museremu meurt et, une année plus tard, les douze enfants se sont rassemblés pour partager équitablement le terrain laissé par leur père, malgré le refus de l’ainé, un certain Mfatavyanka, qui expliquait que les filles ne devraient pas faire partie du partage parce qu’elles ont des propriétés à cultiver chez leurs maris. Comme il était seul à s’y opposer, le partage a été fait. L’aîné a fini par refuser catégoriquement la succession pour ses sœurs et il a vendu, à l’insu de la famille, toute la partie donnée à ses quatre sœurs. C’était le début du procès au tribunal de résidence de Gihanga puisque le terrain en conflit était localisé dans cette commune, bien que les propriétaires habitent en commune Mpanda.

Les victimes ont porté plainte pour récupérer leur dû. Ntigashira qui a acheté le terrain a gagné le procès. Prise de colère, Sindayihebura Claudine et sa mère sont allées cultiver le terrain qu’elles considèrent spolié. Aujourd’hui, au cachot de police judiciaire de Gihanga, elles sont accusées de rébellion pour avoir refusé la décision du tribunal.

« Je viens de voir qu’une fille est inférieur au garçon !", déplore Claudine, qui poursuit :" Pourquoi une fille ne peut-elle pas hériter dans sa famille natale ?, Et pourtant, avant de mourir, notre père avait bien organisé les choses et avait recommandé que ses douze enfants devaient tous hériter. Et voilà que je croupis au cachot seulement pour avoir cultivé la propriété de mon père ! Quelle injustice ! Qu’est-ce que je vais dire à mon mari qui n’a qu’une parcelle où nous vivons et qui m’a recommandé d’aller récupérer ma part » ?

Quant à sa mère, détenue dans une autre cellule au même cachot, elle précise qu’elle a réagi de cette façon pour aider les filles à récupérer leurs parts, « les trois autres filles n’habitent pas ici, elles sont mariées dans d’autres provinces. Seule la cadette Claudine habite tout près d’ici et nous avons fait ce que nous devrions faire. Seulement voilà qu’on m’accuse aussi d’avoir détruit les bornes, un pur montage », indique-t-elle.




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