Il n’y a plus de petit déjeuner pour les élèves du Lycée Muramvya


Avec des dettes énormes envers les fournisseurs, des subsides insuffisants, le lycée de Muramvya n’est plus en mesure de restaurer ses élèves le matin. Le niveau de réussite des élèves en pâtit.



Par: Isanganiro , mercredi 11 novembre 2015  à 12 : 42 : 07
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Alain Aradukunda est finaliste dans la section Lettres modernes. Il est à sa troisième année à ce lycée dit Royal. Il n’a jamais eu la chance de goûter au petit déjeuner. « J’ai appris à peine via mon grand frère qui a étudié ici que de leur temps, ils prenaient de la bouillie le matin ».

Alain renseigne que pour n’avoir rien mis sous la dent avant le début des cours, des élèves peuvent somnoler en classe, d’autres font semblant d’être là, sans savoir à quoi ils pensent. Ils ont faim en fait ». Le jeune garçon indique que cela met à mal la réussite des élèves en général. Il soutient que si le petit déjeuner revenait encore, ça pourrait aider les 612 élèves que doit nourrir le lycée.

Le directeur du lycée Bernard Ndayininahaze estime qu’il n’y a pas moyen de faire autrement. Il explique que les subsides de l’Etat ne sont pas suffisants. « L’Etat paye huit cents francs par jour et par élève. Avec cette somme, il est difficile de donner trois repas. Nous nous débrouillons pour nourrir les enfants à midi et le soir ».

Il n’y a pas que l’insuffisance des subsides, mais aussi « l’école éprouve des difficultés liées aux arriérés », ajoute M. Ndayininahaze. Selon lui, l’école doit à ses fournisseurs de vivres une somme de plus de 225 millions de francs burundais à compter d’avant 2008.

En 2009, le ministère de tutelle a payé les arriérés des fournisseurs pour toutes les écoles du pays, mais le lycée de Muramvya n’a pas eu cette chance. Bernard fait savoir que son école n’avait pas pu donner à temps le rapport financier, alors qu’il devait être un document de référence pour que le ministère sache l’état des lieux des dettes. « Et depuis lors, les dettes se sont accumulées ».

Malgré une longue attente des fournisseurs pour le payement des dettes, ils ne se désistent pas tous. Mais ceux qui acceptent encore de donner leurs vivres adoptent une stratégie : vendre plus cher. « Par exemple, si un kilo de riz coûte 1.000 francs, le fournisseur peut le vendre à 1.300 francs. Notre lycée n’a pas d’autre choix que d’acheter », dit Ndayininahaze.

Le numéro un du lycée Muramvya garde quand même de l’espoir que ces dettes seront apurées sans plus tarder. Il indique avoir introduit des demandes au ministère de tutelle, et se réjouit que l’avancement du dossier est promettant.

Malgré ces difficultés, le lycée de Muramvya ne manque pas d’atouts. Une étable, une porcherie et de jolis champs embellissent l’école qui s’en sert pour améliorer la ration alimentaire des élèves.




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