Les pourparlers commencent, quelles attentes ?


C’est ce lundi 28 décembre 2015 qu’ont débuté à Entebbe en Ouganda les pourparlers entre les protagonistes au conflit burundais. Des habitants de Bujumbura s’en réjouissent, mais avec des attentes partagées.



Par: Isanganiro , lundi 28 décembre 2015  à 12 : 43 : 54
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Ceux que nous avons rencontrés sont dans le milieu intellectuel. Dans l’anonymat, ils disent qu’il y a un faux départ. Ils expliquent que la rencontre n’est pas accueillie de la même manière par les parties en conflits.

Alors que le pouvoir et la mouvance parlent de dialogue, l’opposition, elle, évoque le concept de négociations. « Qui dit négociations dit qu’au terme de ces dernières, il faut un accord signé. Or, le gouvernement ne veut pas en entendre parler à l’heure qu’il est ».

Ces habitants estiment en outre que le pouvoir de Bujumbura est encore réticent à s’asseoir ensemble, autour d’une table de négociations, avec de vrais opposants. « Pourtant, ils ont une capacité de nuisance », craignent ces gens.

Toutes les personnes rencontrées convergent tout de même sur un fait : « C’est un bon pas en avant que les parties en conflit aient accepté de négocier ». Selon ces habitants, il s’agit d’un signe que les protagonistes ont compris qu’ils ont en commun le Burundi comme leur appartenant tous, et qu’ils ont intérêt à comprendre que chacun doit trouver sa place dans son pays.

Par ailleurs, accepter de négocier signifie aussi accepter ses faiblesses. Les mêmes personnes placent leur espoir dans le fait que d’un côté, le gouvernement doit comprendre la nécessité de parler avec ses opposants pour mieux assurer la sécurité de la population. De l’autre côté, les opposants n’ont pas pu jusqu’ici chasser de force le président Nkurunziza du pouvoir. Au contraire, ils acceptent de négocier avec son gouvernement.

Cela signifie aux yeux de nos interlocuteurs que chaque camp doit céder quelque chose lors des pourparlers. Ils attendent de ceux-ci la restauration d’un Etat de droit au Burundi où toute personne se sentira sécurisée et protégée par la loi. Ils trouvent dur et invivable le fait d’être en insécurité parce qu’on est jeune, ou policier, ou journaliste, ou influent dans un parti politique, ou dans une organisation de la société civile, ou habiter tel quartier, etc. Ils attendent également que les exilés regagnent le pays ; que l’on procède à la réouverture des médias qui ont été détruits, …

Pour nos interlocuteurs encore, Entebbe et Arusha ne devraient pas déboucher nécessairement au partage des postes politiques et/ou techniques par les protagonistes, mais à la mise en avant de l’intérêt général du Burundi et du peuple Burundais, avant et après tout.




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