La création d’une union monétaire n’est pas pour demain


L’utilisation de la monnaie unique initialement prévue en 2018 pour les pays membres de la communauté économique des pays de l’Afrique orientale et australe (COMESA) devra être projetée à l’horizon 2030. Cela ressort des recommandations formulées par certains des gouverneurs et experts des banques centrales des pays membres du COMESA. Lors de la 22ème réunion du comité des gouverneurs des banques centrales du COMESA, une réunion qui s’est tenue à Bujumbura du 27 au 30 mars 2017, le but tournait autour d" une évaluation de l’état d’avancement dans la mise en œuvre du projet.



Par: Isanganiro , vendredi 31 mars 2017  à 19 : 24 : 42
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« Plusieurs pays membres de la COMESA n’observent pas les critères d’intégration macro économique », affirme Audace Niyonzima Directeur des études économiques et des statistiques à la Banque de la République du Burundi (BRB). Les critères sont de deux ordres, explique l’expert. Selon lui, la convergence macroéconomique exige que les pays membres remplissent l’ensemble de 13 critères de convergence.

Des critères primaires et secondaires

Ces critères sont classés soit en « critères primaires », soit en « critères secondaires ». Dans la catégorie primaire, il a été constaté que la réalisation de l’objectif en matière du déficit budgétaire, des critères d’inflation et les réserves extérieures au cours des mois d’importations sont restés les plus difficiles pour les pays membres. Le directeur des statistiques à la BRB explique que 14 des 19 pays membres en 2015 n’a pas été atteint par le critère budgétaire alors que 13 pays le sont pour le critère d’inflation. De là, le critère des réserves obligatoires n’a pas été atteint par 16 pays.

"L’évaluation des critères secondaires a indiqué que la performance des Etats membres n’était satisfaisante pour atteindre des taux d’échange stables. La création d’une union monétaire n’est pas pour demain. Le non respect de ces critères. Ces défis alors retardent la mise en œuvre de l’union monétaire qui était prévue pour l’an 2018", poursuit M. Niyonzima.

« Les critères doivent être réalistes »

Certains experts et gouverneurs des banques centrales, dont le Gouverneur de la banque centrale de la Djibouti, mettent en cause la volonté politique des dirigeants dans la mise en application de l’union monétaire. Ils font remarquer que les pays ne fournissent pas assez d’effort pour la mise en œuvre de l’article VI du traité du COMESA signé à Kampala en Ouganda le 5 novembre 1993.

Ce point de vue n’est pas partagé par le Gouverneur de la banque centrale mauritanienne. Selon lui, le non respect du calendrier relève surtout de l’inadéquation des critères. « Ils doivent être réalistes et adaptés à la situation économique de chaque pays membre », souligne-t-il.

Cette réunion, qui a duré quatre jours, et a vu la participation des observateurs et les représentants des banques centrales du Burundi, du Congo, de la Djibouti, de l’Egypte, du Kenya, du Madagascar, du Malawi, de l’Ile Maurice, du Soudan, du Swaziland, de l’Ouganda, de la Zambie et du Zimbabwe. Etaient également présents l’institue monétaire du COMESA (IMC), la chambre de compensation du COMESA (CCC) et le secrétaire exécutif de l’association des banques des banques centrales africaines (AACB).




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