Le recrutement de la CVR des agents de dépositions à la base ne rassure pas l’AMPCI-Girubuntu


Au Burundi, la commission vérité et réconciliation (CVR) est en train de recruter des agents de dépositions de témoignages pour les crimes répétitifs commis depuis l’indépendance en 1962 jusqu’en 2008, date de signature de l’accord de cessez-le feu avec un dernier mouvement rebelle, le FNL. D’aucuns se demandent comment sera la crédibilité de ces agents, du moment que leur travail sera piloté par des administratifs, militants des partis politiques.



Par: Isanganiro , lundi 3 avril 2017  à 16 : 58 : 24
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Deux agents de dépositions par colline, sur les trois mille que compte le pays, seront recrutés. Les interrogations que se pose une bonne opinion résident au niveau de la crédibilité de leur travail, du moment que ces démembrements seront pilotés par des personnalités politiques, les conseillers des administrateurs au niveau des communes ; et au niveau provincial, ce sont les conseillers sociaux des gouverneurs, membres du parti présidentiel pour la plupart. Incompatible selon Aloys Batungwanayo, président de l’association pour la mémoire et la protection de l’humanité contre les crimes internationaux, quand la commission devrait être apolitique. "Nous trouvons vraiment pas rassurant de voir des gens qui ont d’autres responsabilités ; de surcroit des responsabilités politiques piloter ces démembrements ", précise Aloys Batungwanayo.

Pour lui, piloter ces démembrements en tant que politicien, c’est un piège, un handicap ou encore un obstacle au bon déroulement de la recherche de la vérité et la réconciliation. ’’Le conseiller socio culturel au niveau de la province est d’abord un employé de la province sous la responsabilité du gouverneur. Il est en même temps un homme qui a un mandat public et également politique. Il ne pourra pas se disponibiliser à aider à la recherche de la vérité tant qu’il ne sera acquitté des taches lui confiées par le gouverneur", ajoute Batungwanayo
.
Difficultés de générer une vérité crue

Selon Aloys, un conseiller du gouverneur est un agent du gouvernement qui a des comptes à rendre au gouvernement. Il ne peut pas pour le cas d’espèce, dénoncer une vérité crue, mais gênante pour son idéologie politique. "Un conseiller socio culturel, c’est quelqu’un qui est issu d’un parti politique x’’, martèle le président de l’AMPCI- Girubuntu. D’un autre côté, les déposants eux-mêmes peuvent avoir peur de cracher la vérité, étant au quotidien des demandeurs de services, au sein de l’administration. Aloys propose que ces démembrements soient dirigés par des personnalités ayant des mains libres et non liées.




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