Accord pour la crise burundaise au mois de juin , une promesse incertaine


Le mois de juin qui commence ce jeudi devrait être un mois de solution à la crise burundaise à en croire du moins le facilitateur Benjamin Mkapa. L’ancien président tanzanien avait en effet déclaré en décembre 2016 qu’un accord aura été signé au plus tard fin juin de l’année en cours. Mais jusqu’ici, il n’y a eu que des réunions de briefings à l’égard des protagonistes au conflit, mais pas de confrontation entre pouvoir et opposition surtout celle en exil.



Par: Isanganiro , jeudi 1er juin 2017  à 16 : 57 : 45
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Les 25 et 26 mai 2017, le facilitateur dans la crise burundaise Benjamin Mkapa a rencontré à Entebbe en Ouganda, les représentants de la société civile, des confessions religieuses, de la jeunesse, des femmes en exil. Un rendez-vous similaire avait eu lieu à Bujumbura où la délégation du facilitateur a rencontré début mai les protagonistes qui n’avaient pas été entendus à Arusha au mois de février.

Au terme du sommet des chefs d’états de la communauté est-africaine le 20 mai, l’ancien président tanzanien a remis son rapport après une série de réunions de briefings aussi bien à Bujumbura qu’en dehors du sol burundais à l’égard de différents protagonistes au conflit. Pouvoir et opposition font la même lecture. "Le dialogue inter-burundais d’Arusha n’a pas tant préoccupé le sommet."

Alors que l’opposition prône pour le maintien de la constitution et de l’accord d’Arusha, une commission chargée de proposer un projet de constitution amendée est déjà en place. Elle a un délai de six mois à partir du 15 mars 2017, pour présenter son projet au gouvernement. Cette commission doit se pencher essentiellement sur le rapport de la CNDI, commission nationale de dialogue inter-burundais, lequel rapport a été remis au président de la république le 12 mai de l’année en cours.

Entre autres propositions de la commission, il y a la non-limitation de mandats présidentiels, un point que l’opposition politique et des organisations de la société civile n’entendent pas digérer. Le 09 décembre 2016, au terme de sa visite à Bujumbura, le facilitateur Benjamin Mkapa a donné l’échéance du mois de juin 2017, pour avoir abouti à un accord en vue de mettre fin au conflit. Juin 2017 s’annonce ; des opinions s’attendent à la concrétisation des révélations de Benjamin Mkapa.

Penser à un accord au mois de juin serait illusoire

Pour le parti Sahwanya Frodebu, penser à un accord au mois de juin serait illusoire. Léonce Ngendakumana vice-président du Frodebu trouve qu’un accord qui consacre l’arrêt des violences et le rétablissement de la paix et la confiance pour donner espoir au peuple burundais. Pour lui, le gouvernement ne s’est pas véritablement engagé dans le dialogue franc et sincère.

« J’estime qu’il est temps au gouvernement et à son opposition de comprendre la gravité de cette crise. De constater que nous nous acheminons tout droit vers le mûr et d’envisager des voies et moyens qui permettraient rapidement de résoudre cette crise. », dit M. Ngendakumana.

La solution à la crise burundaise, une promesse incertaine.
Selon Olivier Nkurunziza, secrétaire général du parti de Rwagasore, à moins de travailler sans relâche, un accord pour le mois de juin est impossible. Cependant souligne-t-il, l’important n’est pas de courir avec le temps mais d’arriver à une paix effective. Il appelle les politiciens à prendre en main le processus du dialogue et de ne pas attendre que ça soit la médiation qui les invite. Selon lui, le dialogue est un processus qui dure d’où il faut un engagement des uns des autres pour alléger la souffrance du peuple. « Les questions relatives à la pauvreté, à la justice et à la bonne gouvernance doivent être résolues par les Burundais eux-mêmes », souligne Olivier Nkurunziza.

L’essentielle a été déjà là

Au sein de la société civile, certaines associations indiquent que le gros a été déjà fait. C’est notamment l’association pour la consolidation de la paix au Burundi. Son président Pierre Claver Kazihise pense qu’un accord pour ce mois de juin, est fort possible car tous les points de vues ont été collecté par la facilitation de Mkapa. Pour lui ce qui reste est de le mettre ensemble et de montrer aux différents acteurs de la vie politique ce qu’il faut pour sortir de la crise politique qui secoue le pays.




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