Des travaux d’exhumation des restes du dernier roi du Burundi lancés ce mardi à Gitega




Par: Désiré Nimubona , mercredi 4 avril 2012  à 11 : 03 : 37
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Un groupe d’experts belges assisté par des policiers burundais ont lancé ce mardi matin au site de Tankoma à Gitega (centre), des travaux de recherche des restes du dernier roi du Burundi Ntare V, tué le 29 avril 1972.

Un ancien détenu de la prison de Gitega du nom de Emmanuel Sinzobahorana, qui s’est convié à la Rédaction de Isanganiro ce matin à Gitega, et qui avait été condamné à trois ans de prison pour avoir volé un vélo en 1972, se trouve parmi les quinze détenus qui ont reçu l’ordre d’enterrer le dernier roi du Burundi à Tankoma, dans un champs d’eucalyptus. Il souligne qu’il y a même des signes qui montrent que c’est bel et bien le même endroit où Ntare V, le fils de Mwambutsa Bangiricenge, a été jeté après son calvaire.

"Certains de ces eucalyptus ont été coupés, mais il y a une souche d’un de ces eucalyptus qui reste visible jusqu’aujourd’hui et qui devrait guider ces chercheurs," précise cet ancien prisonnier.

Selon Emmanuel Sinzobahorana, le roi Ntare V avait été tué la nuit, et son corps avait passé la nuit sur une brouette, au camp militaire du Troisième Bataillon Commando de Gitega (où il a été tué) avant d’être transporté par un véhicule couvert d’herbes et jeté dans un fossé creusé pour cette fin.

Emmanuel Sinzobahorana fait savoir que le dernier roi du Burundi avait été enterré dans une même fosse avec deux autres personnes qui avaient été tuées par l’armée à l’époque, accusées d’avoir attaqué le 3ème bataillon Commando de Gitega, à l’aide des machettes, issues de la rébellion Mulele, le fameux nom qui a marqué les évènements de 1972.

Cet ancien prisonnier fait savoir que même la ceinture que portait ce roi a été prise par son codétenu du nom de Nzigo, actuellement décédé, (avant de la vendre à 80F), avant de jeter le corps de NtareV dans cette fosse commune en compagnie de deux autres corps des supposés rebelles tués par l’armée.

Selon notre source, Emmanuel Sinzobahorana demande une grande récompense, pour avoir gardé le secret sur l’endroit où le dernier roi avait été enterré, bien que même des sollicitations n’aient pas manqué pour faire disparaitre toute trace de cette fosse commune.

Ces travaux vont conduire à l’identification par test ADN, le dernier roi du Burundi, ce qui va aussi conduire à son inhumation digne d’un chef de l’Etat.

NtareV, dernier roi du Burundi, a été tué à minuit, le 29 avril 1972 selon cette source, et son corps avait été découvert le matin sur une brouette, criblé de balles, l’une dans la tête, et l’autre au niveau de la poitrine.

Son corps, quasiment inerte, a reçu un coup de baïonnette dans la cuisse, avant son enterrement pour vérifier s’il était réellement mort, souligne cette source de Tankoma.

Le roi NtareV, connu aussi sous le nom de Charles Ndizeye, a été éliminé à la veille des évènements sanglants de 1972, des évènements qui ont coûté des milliers de vies humaines, notamment des intellectuels et hommes d’affaires hutu, et poussant des milliers de burundais à se réfugier dans les pays limitrophes, avec la Tanzanie accueillant le plus grand nombre.

Ce sont ces mêmes évènements que le célèbre historien Jean Pierre Chrétien assisté par le journaliste Jean-François Dupaquier viennent de qualifier de « génocide », dans leur ouvrage « Burundi 1972, au bord des génocides »




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