« Mujeri ou ennemi du pouvoir ? » écart de langage pour un chef d’Etat




Par: Marc Niyonkuru, , mercredi 4 avril 2012  à 18 : 23 : 21
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« Son discours vient diviser la société en deux parties à savoir le CNDD-FDD, une partie choyée, sympathique, adorable et en bonne santé et une meute de chiens chétifs, représentant le peuple malheureux, affamé, sans secours et sans lendemain qui n’appartient pas au parti au pouvoir, « loin de lui point de salut. » Ce sont les propos du vice-président du parti Sahwanya Frodebu, Frédéric Bamvuginyumvira, dans un point de presse de ce mercredi au cours duquel il a interprété les métaphores « aigle » et « le chien chétif » contenus dans les déclarations du Chef de l’Etat lors du congrès Ordinaire du CNDD-FDD de ce samedi 31 mars.

De la part de Frédéric Bamvuginyumvira, pour comprendre le sens caché de ces métaphores l’on devrait remonter au contexte d’énonciation au cours duquel le chef de l’Etat a agi.

Selon lui, ce contexte est sans nul doute politique. Il a indiqué que tous ceux qui ne pensent pas comme le CNDD-FDD sont implicitement désignés à travers la métaphore de mujeri, c’est-à-dire chien chétif. Ils considérés comme des obstacles ou ennemis du pouvoir.

"Cet écart dans le langage symbolise, selon la tradition burundaise, la férocité, le dédain, l’impulsion, le piteux, une catégorie de gens à la recherche des morceaux de viandes pour sa survie en danger et autres," a martelé Frédéric Bamvuginyumvira. L’aigle désigne quant à lui de manière malicieuse un animal qui avale tout sur son passage en particulier de petits semblables.

Les connotations de ces écarts dans le langage ne sont que vexatoires pour les personnes qui se sentent indexés et indignes pour un président appelé à observer un langage rassurant et rassembleur de la part du vice- président du Frodebu.

Cet homme politique indique que le pays a besoin d’un chef de l’Etat qui a un langage dépourvu d’ambigüité.

« Nous continuerons à réclamer les négociations socio-politiques jusqu’à ce que les « mujeri » recouvrent leur liberté d’exister d’abord, et qu’ensuite ils aient la liberté d’aboyer et qu’enfin il aient ce que leur doit la société de chiens dont ils font partie, » a-t-il ajouté.

Pour essayer d’apaiser les esprits et défendre son patron, le porte-parole du CNDD-FDD, Onésime Nduwimana, dit qu’en recourant à ces métaphores, le président de la république du Burundi voulait évoquer les problèmes de pauvreté qui minent la société uniquement.




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