L’Olucome menacée de suspension, alerte Gabriel Rufyiri




Par: Désiré Nimubona , mardi 10 avril 2012  à 18 : 13 : 45
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Le président de l’Organisation Lutte Contre la Corruption et les Malversations Economiques, OLUCOME, se montre inquiet des menaces de retrait d’agrément de son organisation par le ministère de l’intérieur.

Gabriel Rufyiri, président de cette organisation, fait savoir que son organisation vient de recevoir deux correspondances, l’une au 4 avril 2012 et l’autre le 9 avril 2012, la première soulignant l’indignation du Gouvernement suite « la participation active à l’appel aux travailleurs de tous les secteurs (…) de boycotter le travail durant la journée de mardi le 27 mars 2012, et la seconde, accusant l’Olucome de ne pas avoir transmis de rapports depuis un certain temps, aux autorités compétentes, sur son fonctionnement, ses avoirs, et même les bilans détaillés.

Selon Rufyiri, le Ministère de l’Intérieur ayant la gestion des organisations de la société civile dans ses attributions vient de menacer ouvertement la société civile, et plus particulièrement l’Olucome, en soulignant que « le Ministère de l’Intérieur ne va plus tolérer des agissements des ASBL qui se livrent aux actes contraires aux objectifs qu’elles ont présentés pour obtenir l’agrément », selon une lettre du 4 avril 2012 adressée à l’Olucome et montrée aux médias ce mardi matin dans la conférence de presse.

Selon toujours Gabriel Rufyiri, « C’est une situation un peu inquiétante liée aux menaces que le Ministre de l’Intérieur et le Gouvernement ne cessent de proférer envers l’Olucome ».

« Ce sont des menaces qui sont liées à la campagne contre la vie chère et surtout suite à la lettre au Président de la République lui demandant de trouver des solutions aux problèmes soulevés » a ajouté le président l’OLUCOME dans cette conférence de presse.

L’Olucome n’est pas le seul à « être menacé".

Selon Gabriel Rufyiri, même les autres organisations de la société civile ont reçu des lettres leur intimant l’ordre de transmettre leurs rapports endéans un mois, des changements intervenus au niveau des membres et des organes, les références bancaires, et la liste des immeubles détenus en propriétés ou à d’autres titres.

Selon lui, seules les organisations membres de la campagne contre la vie chère ont reçu ces correspondances et pour ce qui lui concerne, les documents et autres pièces, qu’ils avaient pourtant transmis aux autorités comme il le dit lui-même.

« Au lieu de trouver des solutions aux problèmes soulevés, ils se cherchent des boucs émissaires », déplore-t-il, rappelant que même en 2006, quand ce défenseur des valeurs anti-corruption a été incarcéré, les choses ont commencé de cette façon, par des lettres, puis, par des convocations, puis, un mandat d’arrêt, puis l’incarcération, et… la relaxation, … .

« L’Olucome a reçu l’ordre d’abandonner la campagne contre la vie chère », en plus, c’est prévisible que « les autorités visent autre chose et nous y sommes suffisamment préparé », martèle le président de l’Olucome.

« Ils ont essayé de nous baptiser de tous les mauvais noms du monde » a ajouté le patron de l’Olucome, affirmant sa volonté de tenir la tête haute contre toute forme de dissuasion de la société civile en générale, et de l’Olucome en particulier.

Depuis la fin de 2011, les organisations de la société civile et les syndicats se sont joints pour dire non à la vue chère après la révision de tarifs de l’eau et d’électricité.

Ces mêmes organisations avait fait savoir que plus de 470 associations de la société civile avait accepté de se mettre ensemble pour dénoncer la vie chère, demander les hautes autorités du pays de payer de l’Impôt Professionnel sur Revenu (IPR) et la mise en place d’un cadre de dialogue pour trouver ensemble des solutions aux problèmes liés à la vie chère.

Le 27 mars 2012, une grève d’une journée contre la vie chère a été suivie sur appel des syndicats et la société civile. Le Gouvernement a qualifié la grève d’« illégale », tandis que la société civile et les syndicats la trouvaient légalement fondée.




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