Burundi : recouvrements forcés ou cotisations des domestiques au CATD


Les domestiques, boutiquiers de la capitale Bujumbura se voient exiger de payer de l’argent par des agents du collectif des associations des domestiques, CATD. Au refus du conformisme, certains sont battus ou dépourvus de leurs identités en présence des éléments policiers et le ministère de sécurité appelle tout policier à ne plus accompagner le CATD sur terrain.



Par: Isanganiro , jeudi 4 janvier 2018  à 14 : 57 : 26
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Certains habitants de la zone urbaine de Kanyosha au sud de la capitale Bujumbura dénoncent certains agents de la police qui collaborent avec les travailleurs du collectif CATD pour les extorquer de l’argent. A défaut du payement, expliquent ces habitants, ils se voient leurs cartes d’identités retirées dans le but de les contraindre à adhérer au CATD . "Ils m’ont demandé une carte d’identité , j’ai refusé et ils ont alerté un agent de la police qui était avec eux par après j’ai dû obtempérer" a regretté un domestique.

Les cibles déplorent l’usage de force pour adhérer au CATD. "Ce sont les travailleurs du CATD qui nous arrêtent accompagnés par des policiers qui se dissimulent d’abord. Ils m’ont pris mon badge après m’avoir giflé alors que je croyais avoir déjà payé le nécessaire", indique un autre domestique qui est membre, dit -il , d’une autre association.

CATD, hors bornes de son champ d’action

Le CATD, connu comme un collectif des associations des travailleurs domestiques ne cesse pas d’accroitre son champ de recrutement. En plus des domestiques, le CATD est tenté de recruter les boutiquiers et les coiffeurs. Un des boutiquiers se lamente pour avoir été escroqué. "Ils sont venus dans ma boutique accompagnés d’un policier muni de son fusil. Quand j’ai vu ce policier, je croyais qu’il s’agissait d’une opération. Je demande d’être remboursé mon argent" déplore un boutiquier qui trouve son droit violé . "En principe, on adhère à une association volontairement mais, pour CATD, c’est par force", ajoute t -il.

A toutes lamentations, le collectif balaie d’un revers de la main toutes ces accusions. Pour le représentant du CATD, les frais perçus sont destinés à l’achat des cartes dites d’identification du métier. Richard Manirambona, sans donner des éclaircissements sur celui qui les a mandatés, se limite à dire que le travail de son collectif ne vise que l’ identification des domestiques .

Les domestiques extorqués sont invités à saisir la police

Selon le ministère de la sécurité ,la police a été alertée de ces recouvrements forcés au sein de la population. Le porte parole de ce corps de sécurité , Pierre Nkurikiye, appelle tout domestique qui s’est vu extorquer de l’argent à coup de force par le CATD de se confier à la police pour tenter de récupérer son argent. Il a été ordonné, ajoute t-il, à tout policier de ne plus accompagner les agents du CATD sur terrain dans ses travaux à partir de ce mercredi 3 Janvier 2018

Face aux cotisations forcées, dans une émission publique du 29 décembre 2017, le président de la république a rappelé que l’adhésion à une association relève de la volonté de chaque individu. Le numéro un burundais, Pierre Nkurunziza a précisé que, outre les frais de fonctionnement de l’association tel que prévus et convenus, les autres frais supplémentaires recouvrés par force n’est qu’ une violation de la loi et invite les instances habilitées à se pencher sur les cas déjà relevés.




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