Burundi : le retour aux clans s’annonce


Le porte-parole du président de la république a expliqué lors d’une émission publique des portes paroles à Gitega que la mise en avant des clans aujourd’hui au Burundi viendrait recoudre le tissu social. Mais pour l’historien Emile Mworoha, l’important est que toute personne se sente burundais pour éviter les divisions qui gangrènent le pays.



Par: Isanganiro , mardi 27 mars 2018  à 17 : 57 : 06
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Le débat a été relancé ce vendredi lors d’une émission publique des portes paroles qui s’est tenue à Gitega. Le porte-parole du président a parlé de la mise en avant des clans au Burundi par rapport aux ethnies tels que prônés aujourd’hui par le numéro un de l’état.

Pour Jean Claude Karerwa, c’est une façon de montrer aux burundais que la dislocation des clans est l’une des sources de malheurs que le Burundi a connu a différentes périodes. « Les colonisateurs ont enseigné que le Burundi avait 3 ethnies alors que c’est faux. Notre histoire était basée sur des clans. Chacun accomplissait la mission de son clan. C’était sur ces clans qu’étaient régi la paix et l’harmonie au Burundi ». Karerwa indique que faire parti des clans n’a jamais inquiété personne surtout que tous les clans étaient représentés à la cour.

Ce porte-parole du président rejette l’idée que la revalorisation des clans est une manière de ramener la monarchie. Jean Claude Karerwa explique plutôt que les burundais,en reléguant au 2nd plan les clans, sont restés comme « un arbre sans racine ».

Du côté des hommes politiques, le parti UPRONA appelle les burundais à dépasser leurs ethnies et clans respectifs et mettre en avant le bien de la nation dans une fierté d’être appelés burundais. Olivier Nkurunziza, le secrétaire général et porte-parole de ce parti, estime que la connaissance de son clan est une bonne chose, mais pour lui, il faut aller un peu plus loin et dépasser les clans et ethnies pour bien construire la nation burundaise.

De sa part, le parti Sahwanya Frodebu trouve que le retour aux clans n’est pas nécessaire pour les burundais. Léonce Ngendakumana, vice-président de ce parti, explique plutôt que cela peut faire en sorte que les citoyens oublient les questions del’heure. Pour lui, la gestion des 3 ethnies n’a pas été facile, il en serait plus difficile encore si l’on se mettait à gérer les clans, plus nombreux.

L’avis d’un historien

Pour Emile Mworoha, historien de carrière, le Burundi comptait une centaine de clans à l’époque coloniale. avant l’arrivée des colonisateurs , la monarchie était basée sur les clans et que ces derniers étaient caractérisés par différentes coutumes. « Les clans découlaient des lignages qui provenaient des familles. Ces clans avaient des responsabilités à la cour comme par exemple la préparation de la fête des semailles ou les rites funéraires. A côté de cela, il y a des clans qui se réfèrent aux régions ou royaumes ».

L’historien Mworoha indique également que des conflits liés aux conquêtes des territoires existaient entre les princes et les chefs mais jamais entre les clans. Et à propos du parti au pouvoir qui aimerait aujourd’hui reconsidérer les clans par rapport aux ethnies, Mworoha trouve que l’important est d’être burundais.




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