Burundi : Il faut cesser de harceler les avocats et les journalistes




Par: Désiré Nimubona , lundi 12 septembre 2011  à 08 : 36 : 01
a

L’arrestation d’avocats par les autorités burundaises et les campagnes d’intimidation lancées par celles-ci à l’encontre de journalistes sont préoccupantes, ont déclaré Human Rights Watch et le Comité de protection des journalistes (Committee to Protect Journalists) ce jeudi.

Bien que la libération de deux des trois avocats arrêtés mi-juillet 2011 constitue une démarche positive, le gouvernement devrait immédiatement cesser de harceler tant les avocats que les journalistes, ont commenté les deux organisations internationale des droits de l’homme.

La procédure lancée contre l’un des avocats libérés reste en cours, tandis qu’un troisième avocat, également arrêté fin juillet, demeure en détention pour des chefs d’accusation qui semblent porter atteinte au droit international, selon le même communiqué.

« Les avocats et les journalistes ne devraient pas avoir à redouter d’être harcelés, voire arrêtés, lorsqu’ils communiquent entre eux », a affirmé Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch.

« Les procureurs burundais devraient imposer le respect de la protection juridique des droits humains et non pas punir les individus qui exercent leurs droits », a martelé Bekélé.

Le 15 juillet, un procureur burundais a ordonné l’arrestation d’une avocate, Me Suzanne Bukuru, pour « complicité d’espionnage » après qu’elle avait facilité une entrevue entre ses clients, plaignants dans une affaire de viol, et des journalistes français qui exerçaient leurs activités au Burundi en toute légalité. Me Bukuru a été mise en liberté provisoire le 1er août, la procédure étant toujours en cours.

Le 27 juillet, des policiers ont arrêté Me Isidore Rufyikiri, bâtonnier du Burundi, pour « outrage à magistrat » après son intervention lors d’un rassemblement dans la capitale, Bujumbura, en soutien à Me Bukuru. Me Rufyikiri a été relâché le 5 août et les accusations portées contre lui ont été abandonnées.

Des membres de l’ordre des avocats du Burundi ont fait grève la dernière semaine de juillet pour montrer leur solidarité avec Me Rufyikiri et Me Bukuru.

Cette semaine, environ 70 membres de l’ordre des avocats du Burundi ont entamé un sit-in devant la cour d’appel afin de protester contre la détention d’un autre avocat, Me François Nyamoya, porte-parole du parti d’opposition Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD), arrêté le 29 juillet.

Me Nyamoya, qui a été accusé de subornation de témoins dans une affaire d’assassinat remontant à 2003, est également l’avocat d’un journaliste radio, Bob Rugurika, assujetti à plusieurs reprises à des harcèlements de la part du gouvernement. Les accusations portées contre Me Nyamoya s’appuient sur un nouveau code pénal qui n’était pas en vigueur au moment du délit présumé.

Ces accusations ont été soumises à une prescription de trois ans pour infractions mineures commises au regard de l’ancien code pénal.




Twitter cet article// Partagez cet article sur Facebook

1410 ont visité l'article



Votre réaction sur l'article/émission/brève..

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Ecrire un message à l'auteur de cet article

Envoyer un message



Dans la même rubrique
a

Des dossiers « ayant fait couler beaucoup d’encre et de salive » !



a

Télécommunication : Des bureaux de LUMITEL presque déserts



a

Droits de l’Homme : Des effectifs pléthoriques dans les prisons du Burundi



a

Droits de l’homme : Le Burundi dans la persistance des violations de droits humains selon l’ONU



a

Le parquet général met en place une commission d’enquête sur le carnage de Ruhagarika



a

Buta : 21 ans après l’assassinat des 40 séminaristes



a

Justice :Un militant du parti au pouvoir condamné à 3 ans de prison pour tenue de propos haineux



a

Droits l’homme l’homme : Le cimetière de Mpanda inondé



a

Kayanza : 5 ans de prison ferme contre une dizaine d’enseignants de Murambi



a

Dossier PARCEM, « l’affaire loin d’être terminée »





Les plus populaires
Justice pour Ernest Manirumva : La société civile au front ,(popularité : 4 %)

Les femmes juristes s’intéressent aux veuves,(popularité : 3 %)

L’observatoire national de lutte contre le génocide et autres crimes, bientôt en place au Burundi ,(popularité : 2 %)

Muyinga /CVR Les agents de déposition sont déjà désignés sur les collines,(popularité : 2 %)

Frédéric Bamvuginyumvira conduit à la prison centrale de Mpimba ,(popularité : 2 %)

Bamvuginyumvira auditionné puis reconduit en prison ,(popularité : 2 %)

Des dossiers « ayant fait couler beaucoup d’encre et de salive » ! ,(popularité : 2 %)

Burundi : L’hémicycle de Kigobe remplace 3 commissaires de la CVR,(popularité : 2 %)

Le président du Parcem libéré : déterminé à combattre la corruption,(popularité : 2 %)

Affaire Ruvakuki : Les avocats condamnent le transfert de leur client de Ruyigi vers Muramvya,(popularité : 2 %)