Des membres du FNL pro-Rwasa se disent menacés, la CNIDH fait un clin d’œil




Par: Bernard Bankukira , dimanche 16 octobre 2011  à 08 : 09 : 36
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Plus d’un mois et demi vient de s’écouler depuis que cinq membres du parti FNL fidèles à Agathon Rwasa, leader politique en exil, se sont réfugiés dans les enceintes de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme, CNIDH, par craintes d’être persécutés par des personnes qu’ils disent affiliées au parti au pouvoir. Ils demandent aux autorités de la CNIDH de plaider pour eux afin d’obtenir l’asile, soit dans des ambassades de Bujumbura, soit au Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) ou encore au Comité international de la Croix rouge (CICR).

« Nous avons fui la commune de Kanyosha pour échapper aux Imbonerakure du CNDD-FDD et surtout au Service National de Renseignement, SNR, qui veulent nous tuer. Le SNR a dressé une liste d’environ 50 membres du parti des Forces Nationales de Libération à abattre dans notre commune. On les accuse d’avoir repris les armes ou de ravitailler des combattants », disent ces personnes.

Depuis un certains temps, les membres de l’opposition en général, surtout ceux du parti FNL fidèles à Agathon Rwasa en particulier disent être persécutés par certaines gens des services de sécurité, particulièrement le service national des renseignements, de connivence avec les membres de la Ligue des jeunes IMBONERAKURE affiliée au parti présidentiel, le CNDD-FDD.

« …Quand ils nous attrapent, ils disent qu’ils sont du SNR … Ils ont voulu me recruter pour travailler avec la documentation, mais je n’ai pas accepté. Ils voulaient que je les aide à trouver mes confrères du FNL pour les recruter ou les tuer…, », précise l’une de ces victimes.
Alors que certains fuient vers des lieux inconnus, ceux-là ont choisi le bureau de la CNIDH comme refuge où ils vivent dans des conditions on ne peut plus déplorables et ne pouvant pas sortir pour travailler ou voir leurs familles.

Ces gens affirment avoir encouru des tortures de la part des gens connu comme agents de la documentation. « J’avais été une fois appréhendé à la gare du nord [parking public de Kamenge à Bujumbura] par un certain Désiré Uwamahoro et Cyril. Ils m’ont administré 300 coups de bâton. Ils m’ont amené à la documentation, » affirme l’un d’eux qui en présente même des séquelles, avec des organes génitaux torturés.

Alors que le gouvernement affirme toujours que la sécurité règne sur tout le territoire national, des cas de tueries et d’exécutions extrajudiciaires sont signalés ici et là à travers tout le pays, la CNIDH affirme recevoir des demandes d’assistance de la part des membres du FNL pro-Rwasa qui se disent menacés.

Frères Emmanuel Ntakarutimana, président de la Commission, déplore qu’il y ait certains agents de l’Etat qui violent les droits humains, demandant aux services en charge de la sécurité de veiller à ce que les arrestations se fassent dans le respect de la loi. Il invite les autorités et la population à dénoncer les cas d’abus pour secourir à temps les victimes.

Frère Ntakarutimana fait un clin d’œil au gouvernement sur les cas de torture et d’exécution extrajudiciaires que sont entrain de subir ces gens, qui pourraient aboutir à un sentiment de vengeance tôt ou tard.




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