Euphrasie Barute, « persona non grata »




Par: , mercredi 20 juin 2012  à 19 : 37 : 18
a

Originaire du secteur Gabiro-Ruvyagira à 2 km du bureau communal de Rugombo, Euphrasie Barute vit depuis une année au cachot de la zone Cibitoke. Cette nouvelle adresse lui a été contrainte par une histoire de sorcellerie qui l’expose au lynchage populaire, elle est considérée au village comme l’assassin d’une jeune fille de 22 ans du secteur Mparambo II de la même commune qui se préparait à un mariage. Cette fille aurait été retrouvée le lendemain chez Euphrasie Barute alors que la population la croyait morte après l’avoir enterrée. A Mparambo II, sauf sa fille Elisabeth, cette sexagénaire est seule contre tous, y compris l’administration.

Rencontrée dans sa cellule où elle est pour le moment hébergée, Euphrasie Barute rejette en bloc toutes ses accusations. « C’était la troisième fois que j’échappais bel et bien à la mort », raconte-t-elle avec un air inquiet. Interrogée pour savoir les raisons à l’origine de toutes ces allégations, elle affirme tout simplement qu’il s’agit des gens mal intentionnées qui veulent récupérer ses propriétés foncières. Et à en croire ses propos, certains de ses voisins sont jaloux de l’immensité des terres très fertiles à sa possession.

Pour le moment cette femme de 68 ans vit dans une psychose de peur et ses mouvements sont contrôlés. Un agent de la police rencontré sur place affirme qu’il s’agit d’une stratégie d’assurer sa sécurité. « Toutes les personnes qui viennent ici ont la curiosité de voir cette mystérieuse femme sorcière. Ce qui est choquant, elle est stigmatisée à la fois par ses codétenues mais aussi par tous les passants », renchérit-il.

Elisabeth Nahiboneye de 48 ans, fille aînée d’Euphrasie Barute parle d’une situation inquiétante au moment où même ses voisins la voient d’un mauvais œil dès qu’elle rende visite à sa mère. « A présent, je suis taxée de sorcière. Je suis accusée d’avoir pris la place de ma mère », témoigne-t-elle. Selon ses dires, sa maman a eu seulement deux filles avec d’énormes étendues de terres, leurs voisins auraient voulu s’accaparer une partie de leurs propriétés foncières. C’est à ce moment, continue-t-elle qu’une histoire de sorcellerie a été montée. « Je reste convaincue que ma mère n’y est pour rien. De toutes les façons, des conflits fonciers sont à l’origine de toutes les accusations de sorcellerie portées contre elle », fait-elle savoir avec les larmes aux yeux. Et pour étayer ses propos, Elisabeth Nahiboneye affirme sans équivoque qu’une partie de leurs terres est pour le moment exploitée par les ennemis de sa maman.

Détention ou protection ?

La situation d’Euphrasie Barute préoccupe l’administration provinciale de Cibitoke. Anselme Nsabimana Gouverneur de cette province qui fait frontière avec la RDC, dit que c’est l’administration qui assure pour le moment la prise en charge médicale de cette détenue. Contacté pour savoir l’avenir de cette femme, Anselme Nsabimana fait savoir qu’une parcelle sera octroyée à Euphrasie Barute dans le village de paix qui sera érigé non loin du chef-lieu de la province. « Au cas où elle retourne à Rugombo, sa sécurité risque d’être menacée. Avec cette parcelle, elle aura la possibilité de se construire sa propre maison ».

Les défenseurs des droits de l’homme recommandent de fortes sensibilisations à l’endroit de la population. De leur coté, la justice populaire doit être éradiqué dans un État de droit.

Le parquet de Cibitoke quant à lui se dit faire face à une situation difficile à gérer, aucun dossier de sorcellerie n’arrive devant le juge. Dans l’entretemps la population préfère s’en occuper au grand dame des personnes accusées malgré leur présomption d’innocence surtout dans les communes de Mugwi, Mugina et Rugombo.




Twitter cet article// Partagez cet article sur Facebook

1051 ont visité l'article



Votre réaction sur l'article/émission/brève..

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Ecrire un message à l'auteur de cet article

Envoyer un message



Dans la même rubrique
a

Les travailleurs de l’Ecole Indépendante réclament une réunion extraordinaire



a

La décision de faire payer 300 fbu chez les dockers du marché dit chez Sion reste inchangée



a

Le secteur de l’éducation "en ruine" !



a

« Je ne vois pas comment le directeur ne nous...



a

Neuf institutions universitaires interdites d’enrôler de nouveaux étudiants



a

Bubanza : le lycée kanura de Gihanga, confrontée à plusieurs difficultés



a

Buyenzi : Les filles et femmes face à l’éducation conjugale !



a

Le plan innovant de la ville de Bujumbura 2020-2045 : Les habitants de Gihanga s’inquiètent



a

Burundi-Education : Un nouveau campus de l’ENS s’ouvre à Mugara



a

Rumonge : Des enseignants réclament les frais de documents pédagogiques





Les plus populaires
Les travailleurs de l’Ecole Indépendante réclament une réunion extraordinaire ,(popularité : 26 %)

Le secteur de l’éducation "en ruine" !,(popularité : 6 %)

Karusi : Un hôpital équipé mais qui manque de médecins spécialisés,(popularité : 4 %)

Malversations à la RTNB, le Syndicat SYRT dénonce un détournement d’1.5 milliards chaque année,(popularité : 3 %)

Murwi : Un bébé abandonné par ses parents ; l’administration crie au secours !! ,(popularité : 3 %)

La corruption c’est aussi dans nos hôpitaux, constat du 2ème vice Président ,(popularité : 3 %)

Imaginez avoir des petits-enfants qui ne sont pas capables de parler votre langue,(popularité : 3 %)

L’instauration d’une taxe intermediaire de 10% décriée par les groupes sociaux,(popularité : 3 %)

Le Focode élève la voix en faveur des Pasteurs ,(popularité : 3 %)

Le Général Rodrigue Bunyoni n’est plus ,(popularité : 3 %)