Les coûts élevés de transport et la bureaucratie inquiètent les transporteurs en Afrique de l’Est




Par: , lundi 13 août 2012  à 18 : 58 : 19
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Article de JAMES GASHUMBA de Agence est-africaine de Presse (Eana News)

Il y a eu des progrès considérables en ce qui concerne l’allègement des restrictions commerciales, mais les coûts élevés de transport deviennent un nouvel obstacle des affaires en Afrique de l’Est.

« Cet état de choses va réduire la croissance économique de 1% par an, spécialement dans les pays enclavés –le Burundi, le Rwanda et l’Uganda- dont le développement dépend des solutions de transit dans les pays voisins, le Kenya et la Tanzanie » a fait remarquer ce week-end le Directeur exécutif du Conseil kenyan des transporteurs(KSC) Gilbert Langat, lors de la réunion de la branche d’Indice de Performance Logistique de ce Conseil pour l’Afrique de l’Est tenue à Nairobi.

Il a dit que les coûts de transport en Afrique de l’Est sont entre 60 et 70% plus élevés qu’aux USA et en Europe. Ils sont même élevés de 30% comparés aux coûts du Sud Soudan, la toute récente nation d’Afrique. « Le scénario en Afrique de l’Est assombrit sévèrement la croissance économique » selon, Langat.

« Les ports de Dar es Salaam et Mombasa ont connu cumulativement une croissance moyenne de 8.8% en flux de cargo suite à l’essor du commerce régional. Au cours de la décennie écoulée, ces ports ont été marqués par des retards et d’encombrement » a-t-il dit.

Aujourd’hui cependant, nombre de réformes sont en cours, dont l’instauration des services de 24 heures sur 24, et sept jours par semaine, les constructions des points terminaux additionnels et l’automatisation du processus de maniement des conteneurs. Il y a eu aussi amélioration au niveau de la documentation, la déclaration en douane des chargements, leur vérification et leur scansion.

Le corridor Nord qui joint Mombasa à l’Uganda, au Rwanda et au Burundi, ainsi qu’au Nord de la Tanzanie, à la République Démocratique du Congo, au Sud Soudan, à l’Ethiopie et à la Somalie compte un volume annuel des chargements de plus de 10 million de tonnes ainsi que plus de deux million de tonnes de chargements en transit et transbordement.

Le Corridor Centre qui connecte Dar es Salaam au Burundi, Rwanda, Uganda, Malawi, Zambie et la DRC compte le même volume de chargements.

« Le commerce par ces corridors a un impact positif sur la région et beaucoup d’initiatives ont été prises pour améliorer son efficacité » a-t-il dit. Il a noté cependant que cette performance est freinée par les coûts élevés des transports, l’infrastructure physique inadéquate, et des politiques nationales incompatibles avec les objectifs de la Communauté de l’Afrique de l’Est pour l’intégration régionale.

Pour résoudre les plus grands défis de transport et de logistique, M. Langat a suggéré qu’ensemble, les hommes d’affaires et les décideurs politiques doivent comprendre le goulot d’étranglement qui existe sur le transport et la logistique dans la région, ce qui, selon lui, pourrait être fait à travers une sérieuse analyse des processus de logistique et des liens dans le système de transport en Afrique de l’Est, sous forme d’une indice annuelle de performance en matière de logistique.

En Afrique de l’Est, 75% des coûts des exportations sont liés aux coûts de transport. Il faut jusqu’à 71 jours pour importer des marchandises au Burundi en provenance d’un des quatre pays membres de l’EAC, où le mauvais état des routes, l’incertitude du transport férrovier, les différents points poids-mesure, et une infinité d’inutiles barrages routiers, viennent alourdir le fardeau des transporteurs.

Un acteur impliqué au transport à de Dar es Salaam qui a requis l’anonymat a ajouté que les coûts ont doublé, triplé voire plus suite à l’encombrement et au retard dans la déclaration douanière.

« La longue bureaucratie dans la déclaration douanière et l’encombrement consomment du temps et de l’argent. Pour nous en Afrique de l’Est, le coût final du produit est intenable pour le consommateur » a-t-il dit à l’agence indépendante de presse EANA.

Il a ajouté que la corruption était un autre fait paralysant le commerce de transport.

Il a souligné que l’Afrique de l’Est devrait y prêter une attention particulière pour éliminer ces facteurs qui compliquent le transport autrement l’exportation des chargements va glisser vers le Port de Beira (Mozambique) où les prix sont mieux abordables et les services efficaces.

C’est la première fois qu’une telle Indice pour la région, qui compare la performance de l’EAC en matière de logistique de commerce, d’indicateurs de temps, de coûts et autre complexité est faite avec ceux qui dans le monde sont au centre des affaires.

L’Indice, dressée après une étude accréditée par le KSC a révélé qu’alors qu’un conteneur de 40 pieds prend 28 jours de Shanghai (Chine) à Mombasa et coûte 6 000 dollars, le même conteneur prend 41 jours de Mombasa à Bujumbura pour 8 000 dollars.

Et cela n’inclut pas d’autres coûts dus aux retards, à la corruption, et dans quelques cas, le vol des chargements et de très souvent longs et frustrants litiges de réparation. Ces coûts rendent les produits de l’EAC peu compétitifs et requièrent une action urgente pour les rabaisser.




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