Un remous autour des cas d’exécutions extrajudiciaires




Par: Marc Niyonkuru, , mardi 28 août 2012  à 20 : 31 : 44
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Le président de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme, CNIDH, Frère Emmanuel Ntakarutimana dit que le gouvernement de Bujumbura et les autres acteurs de la vie du pays devraient créer un cadre de débat pour trouver la qualification propre à donner aux tueries qui ont été observées au lieu de polémiquer sur la terminologie d’exécution extrajudiciaire.

Le président de la CNIDH signale qu’avant de désigner les morts d’hommes observés ces derniers mois "d’exécutions extrajudiciaires », il faudrait, selon ses propos, une chaine de responsabilité des plusieurs éléments des institutions de ce pays.

Cette sortie médiatique fait suite en effet au discours à la nation du président de la république dans lequel il a mis en garde les personnes qui qualifient d’exécutions extrajudiciaire les cas de personnes qui ont été tuées alors qu’ils étaient dans les mains des responsables de la sécurité publique et de l’administration ces derniers mois.

Sans jamais indiquer les chiffres qui ont été signalés par les organisations des droits de l’homme comme l’APRODH qui a relevé une centaine de cas d’exécutions extrajudiciaires, Pierre Nkurunziza s’est plutôt joint au procureur général de la république en plaidant pour plus d’attention à l’endroit de ceux qui propagent les informations qui ne sont pas vraies.

Il a salué la commission qui avait été mise en place par le procureur général de la république pour enquêter sur les assassinats qualifiés d’exécution extrajudiciaires ces dernières années. Il demande que ses conclusions soient portées à la connaissance du public. Valentin BAGORIKUNDA a formellement nié l’existence de ce genre de crime.

Une affirmation qui a été source de polémique aussi bien au niveau de la société civile que dans le milieu politique Burundais.

Pourtant, le rapport d’expert indépendant des droits de l’homme aux Nations Unies produit en 2011 parle d’une cinquantaine de personnes exécutées par les agents de l’Etat.

La réaction de la société civile par rapport à cet extrait du discours à la nation est tout autre.

Le vice président de l’Observatoire de l’Action Gouvernementale OAG, le professeur Gertrude Kazoviyo, a indiqué qu’il y a une divergence totale entre le désir du président de la république et les désidératas de la communauté internationale.

Pour cette analyste du langage et du discours, nier les conclusions du bailleur peut porter préjudice au soutien que le Burundi a tant besoin.

Elle a également relevé des contradictions quand le numéro un Burundais demande à la société civile de porter à la connaissance de l’autorité habilité les résultats de ses enquêtes avant de les publier, alors que c’est sa démarche habituelle.

Elle s’étonne aujourd’hui du fait que le gouvernement de Pierre Nkurunziza demande à la communauté internationale de soutenir financièrement le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté, CSLP II, alors qu’il avait été demandé au gouvernement de Bujumbura de pallier ce chapitre de violation des droits de l’homme.

Pierre Claver Mbonimpa, président de l’APRODH, a dit que les familles des victimes ne devraient pas s’attendre à grand-chose au niveau de la justice au regard de cette déclaration du président de la république.

Comme rappel, la commission mise en place au mois de juin par le procureur général de la république, Valentin Bagorikunda, avec pour mission d’enquêter sur les exécutions extrajudiciaires décriées par les organisations de défenses des droits humains, avait abouti sur des conclusions selon lesquelles de telles exécutions n’ont pas existé au Burundi. .




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