Démission du patron de la CIA : la classe politique réclame des éclaircissements




Par: Marc Niyonkuru, , mardi 13 novembre 2012  à 05 : 49 : 54
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Une partie de la classe politique américaine, inquiète d’éventuelles atteintes à la sécurité nationale, réclamait lundi des éclaircissements sur le calendrier de l’enquête sur l’affaire d’adultère qui a entraîné la démission surprise du patron de la CIA David Petraeus trois jours après la réélection du président Barack Obama.

Dans son édition de lundi, le New York Times rapporte que de hauts responsables du FBI et du département de la Justice étaient au courant de l’affaire depuis l’été dernier, mais n’en ont informé personne en dehors de leur cercle jusqu’à la semaine dernière, lorsque le général a démissionné.

M. Petraeus, en poste depuis à peine plus d’un an à la tête de l’agence de renseignements, a annoncé vendredi avoir présenté jeudi sa démission au président Barack Obama, qui l’a acceptée le lendemain.

La journée de lundi étant fériée aux Etats-Unis, les auditions des hauts responsables de la police fédérale et de l’agence de renseignement n’auront pas lieu avant mardi, selon les médias américains. En attendant, les responsables politiques continuent de réclamer des explications sur le calendrier de l’enquête, ses répercussions ou d’éventuelles atteintes à la sécurité nationale derrière cette affaire d’adultère.

Cette démission fracassante a fait suite à une série de courriels "menaçants" adressés par sa maîtresse à une seconde femme qu’elle aurait considérée comme une rivale.

Peter King, haut responsable républicain de la commission de la sécurité nationale à la Chambre des représentants, a dit dimanche sur CNN "se poser des questions sur toute l’affaire, sur comment ces mails sont parvenus au FBI, comment le FBI a enquêté si longtemps, alors que le général Petraeus était impliqué. Le FBI aurait dû en parler au président, et maintenant il semble qu’en fait le FBI n’a réalisé que le jour de l’élection que le général était impliqué".

La présidente de la commission du renseignement du Sénat américain, la démocrate Dianne Feinstein, a assuré dimanche sur Fox News qu’"il n’y a eu aucune atteinte à la sécurité nationale". "A ce jour, il n’y en a pas eu", a-t-elle insisté.

Toutefois, a-t-elle indiqué, sa commission va enquêter pour savoir pourquoi le FBI n’a pas informé cette dernière de l’affaire Petraeus : "Nous aurions dû être informés, il s’agit de quelque chose qui aurait pu avoir un effet sur la sécurité nationale". Elle a aussi affirmé qu’il n’y a "absolument pas" de lien entre la démission du patron de la CIA et l’attaque contre le consulat américain le 11 septembre à Benghazi (Libye), dont la gestion par l’administration Obama ne cesse de faire polémique.

Suggérant l’existence d’un complot, les républicains ont fait remarquer que l’ancien directeur de la CIA devait être entendu sur le dossier jeudi par des parlementaires. M. Petraeus a depuis été remplacé par Mike Morrell, qui assure l’intérim.

Mme Feinstein a néanmoins indiqué que le général "pourrait bien" être appelé à témoigner.

La presse américaine a de son côté rapidement découvert que la maîtresse du général Petraeus était Paula Broadwell, qui a eu 40 ans vendredi. Cette ancienne militaire a passé un an en Afghanistan pour écrire une biographie du général : "All In : The Education of General Petraeus" (non traduit).

Le FBI a découvert la liaison, aujourd’hui terminée, en enquêtant sur les courriels de Mme Broadwell à une autre femme qui, effrayée, a demandé la protection du FBI, selon les médias. Elle se nomme selon l’agence AP Jill Kelley. Elle a 37 ans, habite Tampa, en Floride, et serait une amie de longue date du général. Elle n’avait aucun statut particulier au sein de l’armée et travaillait comme "agent de liaison sociale" avec une base aérienne en Floride.

L’enquête est ensuite remontée jusqu’à M. Petraeus, qui aurait été interrogé par le FBI "il y a deux semaines", selon des responsables policiers au Washington Post.

Selon le New York Post citant un responsable gouvernemental, les emails comprenaient des phrases comme : "Je sais ce que tu as fait", "Vas-t-en", "Eloigne-toi de mon mec". Mme Broadwell, mariée à un médecin radiologue, vit à Charlotte (Caroline du nord) et a deux jeunes fils.

Selon le New York Times, les deux femmes ont semblé "rivaliser pour la reconnaissance (de M. Petraeus), si ce n’est son affection".




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