Tourisme : des merveilles au Burundi : grenouille extraordinaire à Bururi




Par: Bernard Bankukira , jeudi 29 novembre 2012  à 05 : 40 : 25
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Longtemps ignoré par le réseau mondial du tourisme, le Burundi devient petit à petit une plaque tournante en matière de tourisme. De part peut être sa richesse naturelle, culturelle et historique, sa position géographique quand nous savons que le Burundi se trouve au centre des grands ensembles sous-régionaux comme la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL), le Marché Commun des pays de l’Afrique orientale et australe (COMESA), et la Communauté Est Africaine (EAC), le pays s’installe de plus en plus dans le monde touristique. Par exemple, au mois de mars, le Burundi a fait un pas important en s’imposant au Salon International du Tourisme à Berlin qui s’est déroulé du 7 au 11 mars 2012, où il a été proclamé « The Best of the Best » après avoir obtenu le "Prix Meilleur Exposant Mondial". Cette triomphe a été suivie par un autre prix lors du Salon International de voyage et de tourisme à Moscou du 17 au 20 mars de cette année.

Si le Burundi est resté méconnu dans le domaine touristique, ce n’est pas qu’il ne dispose pas de richesses à venter au monde, quand nous savons que Burundi abrite la source la plus méridionale du long fleuve africain le Nil, fortune couronnée par d’autres sites touristiques comme les failles des allemands à Rutana, les lacs aux oiseaux au nord, la pierre Stanley et Livingstone, les diverses forêts et réserves naturelles à travers tout le pays, le lac Tanganyika et d’autres.

Bref, le Burundi dispose d’une richesse particulière, connue ou moins connue, qui pourrait attirer ceux qui aimeraient la contempler. A titre d’exemple, ce n’est pas très longtemps que des chercheurs américains viennent de « redécouvrir » une grenouille d’une particularité unique, introuvable nulle part au monde jusqu’alors sauf au Burundi, plus précisément en province Bururi au sud-ouest du pays. Cardioglossa cyaneospila, voilà cette petite créature de la forêt de Bururi, une petite grenouille qui crée une attention particulière chez les scientifiques du monde.

Dr. David C. Blackburn, Conservateur Assistant des Amphibiens et Reptiles à l’Académie des Sciences de Californie, et Eli Greenbaum, Professeur à l’Université de Texas à El Paso, ce sont les deux chercheurs qui font redécouvrir le monde entier ce tout petit amphibien qui n’avait pas été vu depuis 1949.

Au mois de décembre 2011, les deux chercheurs mènent une enquête sur la biodiversité du Burundi et son évolution. Après cinq jours dans la réserve forestière de Bururi, ils identifient la voix de la grenouille, semblable à celui d’une autre espèce de grenouille trouvée au Cameroun, qu’ils poursuivent pour se retouver enfin devant cet amphibien spectaculaire.

« J’étais avec mon bâton en train de repousser un peu de végétation, et là, assis sur un rondin, j’ai vu cet animal qui n’avait pas été vu depuis 1949. », raconte le Dr. David Blackburn, cité par le National Geographic aux Etats Unis.

Contacté sur ce point, Dr. David Blackburn indique qu’une seule grenouille a été capturée mais que la réserve renferme toute une multitude d’autres grenouilles de cette espèce, qu’ils ont pu reconnaître par plusieurs appels des mâles qui chantaient pour attirer les femelles.

Selon Dr. Blackburn, cette grenouille fait partie d’un groupe de grenouilles du genre Cardioglossa, qui se trouvent en Afrique centrale et occidentale, mais pas plus à l’est qu’au Burundi, en Ouganda et au Rwanda.

Il dit que ce groupe de grenouilles, appelées "grenouilles aux longs doigts" pour faire allusion au long doigt étrange que possèdent les mâles sur leurs mains, se trouve exclusivement en Afrique. Il précise également que cette espèce attrapée à Bururi est unique et la seule de ce genre d’amphibiens qu’on trouve dans les montagnes de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la RDC. Bref, cette grenouille ne se retrouve nulle part ailleurs qu’à Bururi au sud-ouest du Burundi

Selon toujours Dr. David Blackburn, cette espèce se distingue principalement par son long doigt des mâles, ainsi que sa couleur bleu-gris et ses taches noires. Jusqu’alors, les scientifiques n’ont pas encore établi la relation entre sa couleur et son aspect biologique.

Par rapport à son habitat, ce biologiste indique que cette espèce semble prospérer dans des forêts fraiches et humides des montagnes du Burundi, alors que les plus basses altitudes, les milieux les plus chauds comme le long du lac Tanganyika, sont hostiles à sa survie qui repose sur les ruisseaux montagneux propres et frais.

La grenouille était vue pour la dernière près de Bururi en 1949 par un scientifique belge qui lui a donné ce nom scientifique de Cardioglossa cyaneospila en l’an 1950. Plus de nouvelles n’avaient encore été entendues dès lors jusqu’à ce que ces américains la redécouvrent dans la réserve forestière de Bururi en décembre 2011, indique ce chercheur américain, le Dr. David Blackburn.

Les autorités burundaises se disent satisfaites de cet exploit qui, selon Deo Ngendahayo, Directeur National du Tourisme au Burundi, constitue une attraction en dehors des intérêts scientifiques.

« Nous espérons que le Burundi va bientôt accueillir beaucoup de touristes, de scientifiques, de chercheurs, de passionnés de ces espèces », indique Ngendahayo.

De sa part, le gouverneur de la province de Bururi, Mme Gloriose Nimenya, dit que les richesses naturelles de la forêt de sa province sont un prestige à gérer scrupuleusement. Elle indique que la découverte de la grenouille a montré que la forêt renferme plusieurs variétés d’espèces rares de la faune et de la flore.

Que ce soit le Dr. David Blackburn, que ce soit les autorités tant nationales que provinciales, tous convergent sur le besoin d’une forte protection de cette espèce qui risque de disparaître à cause de l’activité humaine dune population galopante, si des mesures strictes ne sont pas prises pour protéger, non seulement la grenouille, mais aussi toute la réserve qui renferme plusieurs espèces tant animales que végétales rares.

Léonidas Nzigiyimpa, Président de l’Institut National de l’Environnement et la Conservation de la Nature à Bururi, INECN, met en avant la sensibilisation des communautés locales sur l’importance de la forêt de Bururi en général, et sur la présence des espèces rares et endémiques en particulier, en plus d’un garde forestier recruté pour rester sur place et empêcher toute activité de nature à perturber cette réserve tant précieuse.

Notons également que la province de Bururi enregistre d’autres richesses qui peuvent attirer plus de touristes : à part la faune et la flore, la source du géant fleuve africain le Nil, dont sa source est située dans la commune de Rutovu, des eaux thermales dans les communes Bururi, Rumonge ainsi que Rutovu, sont aussi attractifs aux touristes.




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