La CNTB et la BANCOBU à couteau tiré




Par: Désiré Nimubona , vendredi 23 novembre 2012  à 18 : 46 : 02
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La Commission National Terre et autres Biens, CNTB, accuse la direction de la Banque Commerciale du Burundi (BANCOBU) de bloquer la cour normale de ses enquêtes sur un compte bancaire 6655 sur lequel auraient été versés des montants de la part des acheteurs présumés des maisons des victimes de la crise de 1972.

Selon le président de cette commission, Mgr Sérapion Bambonanire, il y a des informations selon lesquelles, les maisons des victimes auraient été vendues par le Gouvernent de l’époque. Selon lui donc, un compte portant le numéro 6655 aurait été créé dans cette banque pour accueillir des fonds issus de cette vente.

Bien que la CNTB se lamente sur la vente probable, par le gouvernement, des biens appartenant aux condamnés du Conseil de guerre de l’époque, elle n’y croie pas tellement. Le président de cette commission croit plutôt que ces maisons ou véhicules auraient été donnés gratuitement aux gens favoris de certains décideurs de l’époque.

La CNTB apprend que certains cadres de la justice de l’époque n’hésitaient pas à prendre des décisions n’importe où, surtout dans des bistrots, pour octroyer des maisons des condamnés aux heureux ou enfants du pouvoir de l’époque.

La direction de cette banque commerciale privée jointe par téléphone ce vendredi matin a rejeté les accusations de la CNTB. Gaspard Sindayigaya l’Administrateur Directeur Général de la BANCOBU a souligné que la CNTB n’a pas encore officiellement saisie cette banque pour la collaboration éventuelle.

Au lendemain de la crise de 1972 qui a coûté la vie à plus de 200.000 têtes de gens et dont la majorité était des intellectuels hutus, le Conseil de Guerre a décidé de saisir les richesses des personnes condamnées puis exécutées pour être de mèche avec la rébellion qui venait de sévir dans le sud du pays.

Ces richesses, composées essentiellement d’argent sur des comptes, des maisons, des véhicules, des vaches et même des propriétés, furent saisis puis donnés ou vendus aux autres.

De retours, les membres des familles des victimes veulent récupérer les biens des leurs. Chose difficile parce que les occupants auraient acheté de l’Etat et possèdent même des titres. Un fond d’indemnisation pourtant prévu par les accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation à ceux qui ne seront pas à mesure de recouvrer tous leurs biens, manque toujours.

Depuis une dizaine de jours, la CNTB a annoncé, qu’elle va aussi s’occuper des cas des maisons des victimes spoliées par agents de l’Etat de l’époque de la crise de 1972 ou après. Selon certaines sources, ces maisons ont été récupérées par l’Etat puis vendues ou données aux autres en toute illégalité. Une famille omanaise d’ailleurs vient d’être expulsée d’une maison à Rumonge alors qu’elle dit avoir acheté la maison au Gouvernement.

Les titres que brandissait cette famille n’ont pas empêché la police et la CNTB de faire sortir cette famille par force. Entre temps, le travail de cette commission divise la société burundaise et certains y voient une forme de népotisme de la part de cette commission à l’égard des rapatriés.




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