Village de paix sans pain à Nyarunazi




Par: Dieudonné Nzeyimana , mercredi 28 novembre 2012  à 10 : 44 : 58
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Trois cent ménages du village de paix de Nyarunazi sont en état de pauvreté extrême, ils réclament des terres à cultiver promises, il y a cinq ans. L’administration locale assiste impuissamment car elle n’a pas la compétence de distribuer des terres.

Une parcelle (de quinze mètres sur trente mètres) dans laquelle est érigée une maison en briques adobes couverte de tôles : c’est la richesse d’un ménage au village de paix de Nyarunazi, commune Buhinyuza, province Muyinga.

Sans aucune autre ressource, les habitants installés dans ce site, majoritairement des rapatriés sans référence, peinent à trouver de quoi manger. Ceux qui ont encore la force pour travailler vont cultiver dans les champs des collines environnantes et gagnent entre 700 et 1000 Fr Bu par jour, l’équivalent d’un kilo d’haricot.

Avec un tel revenu, impossible de nourrir les enfants : constat de Marianne Misago, résidante de ce village étant mère de 4 enfants. Les enfants et les vieux sont contraints d’être des mendiants. Plus grave, révèle Marianne, certaines jeunes filles sont exploitées sexuellement par ceux qui leur donnent de quoi mettre sous la dent.

Ils jettent la responsabilité à l’administration incapable d’agir

Ils nous ont trompés ! Tel le mot aux lèvres des habitants de Nyarunazi faisant allusion à la promesse de leur donner des terres, promesse non tenue par l’administration, il y a cinq ans.

Matata Joseph, un des représentants des rapatriés installés à NYARUNAZI trouve qu’ils sont traités comme des sans droit.

Dans une société où la principale richesse est la propriété foncière, refuser d’octroyer des domaines fonciers à ces cultivateurs, c’est les priver d’un des droits que Matata estime fondamental.

« Si il était possible de m’exiler, je fuirai encore », dit cet homme qui, étant né réfugié de guerre en Tanzanie, voudrait l’être encore à cause de la misère dans son village de paix plutôt baptisé de pleurs par les habitants.

L’administrateur de la commune Buhinyuza, Fleurette Dukundane, dit que les revendications des habitants de Nyarunazi sont légitimes. Révélant qu’il y a en qui vont même chez elle ou au bureau lui demander de quoi manger, elle regrette de ne pas être à mesure d’apporter une solution durable à leur problème.

Ces habitants ont en effet besoin des propriétés foncières pour cultiver comme d’autres citoyens mais l’administrateur n’a pas la compétence de distribution des terres. Elle signale que ce problème a été soumis au ministère de la solidarité nationale, « que les vrais sans terre patientent », dit l’administrateur.




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