Le mandat du BNUB prolongé malgré le Burundi




Par: Désiré Nimubona , jeudi 14 février 2013  à 11 : 13 : 06
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Les quinze membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies viennent « de proroger le mandat du BNUB jusqu’au 15 février 2014 » par la résolution 2090 (2013) adoptée à l’unanimité ce mercredi matin à New York.

Les Nations Unies qui saluent des avancées significatives en matière de sécurité, de lutte contre la corruption et dans d’autres domaines, veulent cependant continuer à tenir la main du Burundi, ce qui a d’ailleurs fâché la délégation burundaise lors de cette séance.

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies estime que la contribution du Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB) est toujours nécessaire.

Cette organisation sous les roulettes du diplomate Parfait Onanga-Anyanga, va organiser d’ailleurs cette année une « rencontre à large participation consacrée à tirer des enseignements des élections de 2010 dans la perspective des élections de 2015 ».

Le Conseil de Sécurité par ailleurs a sollicité une ouverture politique pour tous, dans ce pays qui a passé des années dans la spirale de la guerre civile, avec des victimes de toutes les ethnies.

Ainsi, craignant la perte de la démocratie difficilement acquise, le Conseil de Sécurité a demandé au BNUB de « s’employer prioritairement à appuyer le Gouvernement burundais pour promouvoir et faciliter le dialogue entre les acteurs nationaux et appuyer les mécanismes destinés à assurer une large participation à la vie politique » selon un communiqué du Département de l’Information des Nations Unies.

Ce n’est pas tout, le BNUB va aussi suivre « l’exécution des stratégies et programmes de développement du Burundi et pour l’instauration d’un climat propice de liberté et d’ouverture en prévision des élections de 2015 ».

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Herménégilde N./Photo : UN

Le prolongement du mandat du BNUB pour au moins une année n’est surtout pas une bonne nouvelle pour le Burundi et surtout le Gouvernement, qui se considère déjà mature et qui n’a pas besoin de la présence de BNUB mais plutôt d’un bureau simplifié de représentation des Nations Unies.

S’exprimant à la fin de cette résolution de ce mercredi à New York, Helmenegilde Niyonzima, Représentant Permanant du Burundi auprès des Nations Unies s’est montré insatisfait et même fâché, mais combatif.

Niyonzima a souligné que son pays le Burundi « ne comprenait pas toujours les choses de la même manière et à la même vitesse ».
« Malgré les difficultés bien réelles que le Burundi a éprouvées en 2011, le Conseil de sécurité avait estimé que le Burundi était sur un bon élan dans le combat pour s’en sortir », raison pour laquelle, a souligné Niyonzima, le Burundi devrait plutôt être applaudi et recevoir des éloges de la part des Nations Unies.

Monsieur Niyonzima a par ailleurs souligné que le pays avait dans son actif « une quantité de réalisations, trop nombreuses pour être énumérées, mais qui valent aujourd’hui des félicitations et des commentaires élogieux de la part de la communauté internationale ».

La Cour Pénale Internationale

Selon ce même communiqué du Département de l’information au sein des Nations Unies, le représentant Permanant du Burundi au sein des Nations Unies s’est aussi indigné des déclarations ou de la position de certains membres du Conseil de Sécurité lors du vote de la résolution.
Le Burundi, via son Représentant trouve une forme de contradiction entre ce que le Conseil des Sécurité a dit avant et après le vote de la résolution.

« Tandis que le rapport* du Secrétaire général dont est saisi aujourd’hui le Conseil de sécurité constate une amélioration remarquable dans tous les secteurs ; la résolution qu’il vient d’adopter fait état d’exécutions extraordinaires, d’assassinats politiquement motivés, d’absence des libertés publiques et va jusqu’à évoquer la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) », souligne le communique, citant Helmenegilde Niyonzima, sans faire de détails sur la saisine de la CPI et les cas concernés.

« Réserves » terminologiques et « manque de souplesse »

Le Burundi émet des réserves quant à l’usage de certaines terminologies, selon le Représentant Permanent du Burundi au sein des Nations Unies. Niyonzima a déploré aussi le manque de souplesse de certains membres du Conseil sans pourtant dévoiler leurs identités.

« Ma délégation émet des réserves sur l’utilisation d’une terminologie de nature à susciter une certaine incompréhension au regard de la réalité du terrain et nous regrettons l’absence de souplesse de certains membres du Conseil, parce que l’usage de certains termes nous semble injuste, compte tenu des efforts consentis par notre pays, dans les domaines des droits de l’homme et de la lutte contre l’impunité », a émis Niyonzima.

Pour rappel, le Burundi avait demandé au Nations de Unies de réduire le Bureau des Nations en une simple représentation.
Les NU elles, ont répondue par la négative. Le prolongement du mandat du BNUB d’une année signifie rester au Burundi tel qu’il a été décidé par le Conseil de Sécurité ce mercredi.




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