Le Conseil National de Sécurité réclame une gifle contre certains médias : des voix contre s’élèvent




Par: Désiré Nimubona , lundi 14 novembre 2011  à 11 : 46 : 42
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Le conseil de sécurité du Burundi a demandé, vendredi, au gouvernement burundais, « d’instruire les instances habilités afin que des mesures de redressement ou des sanctions soit rapidement prises à l’encontre de certains médias ; de certains membres de la société civile et/ou de certains responsables de ces derniers ayant violé la loi dans l’exercice de leur métier »

Dans un communiqué rendu publique vendredi tard la nuit, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, sur la Télévision Nationale, lisant un document de deux pages, a fait savoir que les médias s’étaient abstenus de dire une chose sur le carnage de Gatumba, durant le mois de silence imposé par le procureur pour ne pas fausser les enquêtes.

Selon le communiqué, il a été difficile à ces médias privés et de certains leaders de la société civile de garder silence sur l’affaire de Gatumba.

« (…), malgré la retenue observée durant les 30 premiers jours, certains médias ne se sont pas abstenus de diffuser des commentaires tendancieux relatifs au massacre de Gatumba allant jusqu’à faire parler un prévenu, alors qu’on est toujours dans la phase pré-juridictionnelle en violations flagrantes des dispositions pertinentes du code pénal et du code de procédure pénal », lit –on dans un communiqué du conseil de sécurité.

Le FORSC dénonce le principe de deux poids, deux mesures de la part du conseil nationale de la sécurité

Etant lui aussi dans le collimateur du même conseil de sécurité, le délégué général du Forum de Renforcement de la Société Civile, Pacifique Nininahazwe s’inquiète du fait que le Conseil de Sécurité de la République du Burundi se contente de faire des menaces contre les médias privés et des leaders de la société civile burundaise en « les assimilant aux malfaiteurs ou à l’opposition ».

Selon lui, le Conseil de Sécurité a fermé les yeux face aux autres crimes commis au Burundi ces derniers jours, surtout l’exécution extra-judiciaires des membres du parti FNL toujours fidèles d’Agathon Rwasa, et plus récemment la mort de deux étudiants à l’Université du Burundi, tué lors d’un raid de la police à la recherche des armes.

En plus, dénonce le FORSC, il y a aussi des cas de tueries des membres du MSD, un autre parti de l’opposition, membre de l’ADC-Ikibiri, mais qui n’attire pas l’attention dudit conseil de sécurité alors que les voix contre les sanctions des médias s’élèvent.

Pour le FORSC, « fermer la RPA, Isanganiro et Bonesha FM sera enterrer la démocratie au Burundi ». Le président de l’OPB, Innocent Muhozi ne mâche pas ses mots. La fermeture des médias ou l’amendement des lois qui régissent les médias privés, serait un pas en arrière, qui risque même de se chercher d’autres moyens d’expressions, ce qui n’honorerait pas le pays, comme le souligne le président de l’Observatoire de la Presse Burundaise, Innocent Muhozi.

Le vice- président du parti Frodebu, déplore de son côté que le pays semble faire un pas en arrière en ce qui est de la démocratie.
Selon lui, la fermeture des radios qui se profile à l’horizon est un acte qui risquerait de perturber les accords d’Arusha.

Historique

L’élément déclencheur du climat de méfiance entre les médias et le gouvernement d’un côté, et le gouvernement et la société civile de l’autre côté, fut les massacres de Gatumba, au 18 septembre 2011 vers 19h 30 minutes, quand au moins 39 personnes ont été tuées alors qu’elles étanchaient leur soif dans un bistrot de ce centre touristique proche de la frontière avec le Congo.

Soupçonnant des groupes armés venus du Congo voisin, le gouvernement a imposé un silence absolu sur le carnage pour ne pas gêner les enquêtes qui avaient été aussitôt lancées par le procureur de la République.

Les médias et la société civile passeront tous tout un mois dans un silence absolu, avant d’apprendre que le rapport sur les massacres de Gatumba venait d’être rendu « à qui de droit ».

Cependant, ce blocus de silence imposé par le gouvernement, avait été violé par un document titré « CONFIDENTIEL » qui accusait déjà certains des membres de l’opposition réunis au sein de l’Alliance des Démocrates pour le Changement, ADC –Ikibiri, d’être les planificateurs et exécutants de ce carnage qui a coûté la vie à 39 personnes.
Après la période d’un mois, les journalistes qui s’étaient abstenus (obéissant l’ordre des dirigeants) ont diffusé certaines révélations sur l’attaque de Gatumba, en se basant sur les propos de certains présumés témoins dans l’affaire.

Etrange ! les témoins ont dénoncé le rôle présumé de certains agents de l’administration, de la police et des renseignements dans ce carnage.

Ces contradictions entre les clauses du document « CONFIDENTIEL » du SNR chargeant l’Opposition burundaise et les découvertes des médias chargeant plutôt certains agents de la police et administration sont à l’origine de cette méfiance, une méfiance qui irait même jusqu’aux sanctions des médias privées et des organisations de la société civile burundaise.




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