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Le procès sur Gatumba ouvert mais avec des irrégularités




Par: Désiré Nimubona , mercredi 16 novembre 2011  à 14 : 52 : 24
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Le procès des présumés coupables dans l’assassinat des 39 personnes dans la nuit du 18 novembre 2011 à Gatumba a été ouvert ce mercredi à Bujumbura sur fond d’irrégularité, dénonce Me Sabimana Janvier l’un des dizaines d’avocats trouvé sur place au parquet de la république à Bujumbura.

Pour siéger dans un procès dont certains des accusés risquent même des peines lourdes, « il faut des compétences intellectuelles » nous dira Maître Sabimana.

Armel Niyongere, lui aussi avocat dans ce procès ne mâche pas ses mots : « pour siéger dans ce genre de procès, il faut avoir au minimum un niveau de licence ».

Or, certains des juges qui étaient sur place, selon certains des avocats sont de niveau inférieur, ce qui n’est pas autorisé par la loi.

Autre manquement dans ce procès, selon un autre avocat, le dossier n’est pas au complet et un grand document manque : le rapport de la commission d’enquêtes sur les massacres de Gatumba, un rapport qui avait pourtant été remis« à qui de droit » selon le communiqué du procureur général de la République Valentin Bagorikunda, le 19 octobre 2011.

En plus, soulignera l’avocat du célèbre Innocent Ngendakuriyo, alias Nzarabu, Me Scholastique Ndayishimiye, les avocats n’ont pas eu assez de temps pour parcourir tout le dossier et savoir son contenu.

Une heure après le début du procès, le président du siège a annoncé que le procès sera entendu encore une fois le 1 décembre 2011.

« J’ai vu Nzarabu !! »

Il est 9h 54 minutes au parquet de Bujumbura. Aussitôt un alerte ! Les journalistes, cameramen et photographes sortent en courant. Ils vont voir un homme pas comme les autres : Innocent Ngendakuriyo, alias Nzarabu.

Débarqué au bord d’un véhicule de la police, il est suivi par un autre véhicule de l’Aprodh. Dans ce dernier, il y avait le président de l’Aprodh, Pierre Claver Mbonimpa.

Nzarabu, comme tout le monde l’appellent, est le principal témoin et en même temps présumé auteur du carnage de Gatumba. C’est bien lui qui vient de charger certains agents de la documentation nationale et même de la police d’avoir planifié l’attaque de Gatumba.

"Cette star dans le mal", comme l’a qualifié une femme dont le mari est mort dans l’attaque et qui portait un bébé de quelques mois dans ses bras, « sait beaucoup de choses sur l’attaque et sa sécurité doit être renforcée, » comme l’avait souligné le président de l’Aprodh, Pierre Claver Mbonimpa, il y a quelques jours.

Nzarabu était à l’aise, en chemise verte, uniformes des détenus, en jean bleu avec une bouteille d’un litre d’eau de bonne qualité. Ici à Bujumbura, cette eau s’appelle Kinju, en tout cas, ce n’est pas de l’eau pour n’importe qui.

Il a été applaudit par certaines femmes et hué par certaines d’autres. A la sortie de l’audience, certaines gens ne tarderont pas à l’encourager de dire la vérité sur le carnage de Gatumba. Une vraie star, des caméras et appareils photos fixés sur lui, des caméras et appareils photos qui n’avaient même pas été fixés sur les joueurs de l’équipe nationale ce mardi à Bujumbura lors du match retour avec Lesotho.

« Ce qui a étonné … »

Un avocat sur place s’est étonné qu’il y a des prisonniers qui sont passé ailleurs avant d’arriver dans la salle d’audience. L’un d’eux est Niyonkuru François. Il est arrivé juste quelques minutes avant le début du procès.

« Ce qui nous a étonné est qu’il est venu escorté par la police mais a passé quelque part avec son collègue. Il doit savoir beaucoup de choses sur Gatumba, » nous dira cet avocat de quelque cheveu blanc.

« que faisaient-ils dans cet endroit ? Pourquoi ne sont-ils pas entrés directement dans la salle d’audience ? » se demandera t-il.

La journée de ce mercredi 16 novembre 2011, était marquée par une pluie qui alternait avec un peu de soleil. Cependant, une foule nombreuse était devant le parquet, applaudissant à certaines interventions des avocats, car les organisations de la société civile avaient aidé à sonoriser l’événement.

Le jardin de la révolution situé devant le parquet contenait aussi beaucoup de gens venus écouter le procès des présumés, dans une affaire qui a couté des vies humaines et qui n’est pas tellement différente des cas se trouvant devant les tribunaux internationaux sur les violations massives des droits de l’homme.




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