Nord Kivu : Boycott de l’appel du M23 par la population




Par: Désiré Nimubona , mercredi 24 avril 2013  à 15 : 33 : 19
a

Les populations des territoires sous contrôle du M23 à l’est de la République Démocratique du Congo ont déserté leurs ménages pour ne pas être forcé à manifester contre le déploiement de la brigande Onusienne, apprend-on de l’Agence IPS.

« A Kibumba, 25 km au nord de la ville de la Province de Goma, non seulement les gens ont refusé de marcher, mais aussi, ils se sont enfoui » rapporte le journal, citant des sources diplomatiques et locales sur place.

Les populations de cette région du nord Kivu sont fatiguées par la guerre qui a déjà fait des milliers des victimes dans cette région de l’Est du Congo, a souligné Inter Press Services (IPS).

Selon un expert de l’Université de Goma, joint par IPS ce matin, il est absurde que les habitants de Kibumba ou de Goma participent dans ce genre de manifestations.

« Les habitants de Kibumba ou dans les régions occupées par le M23, et même ceux de Goma, ont l’impression d’être victimes d’une occupation étrangère », a expliqué le politologue Janvier Nkinamubanzi, insinuant que les groupes armés de cette régions, y compris le M23, sont à la solde des étrangers.

« Il est absurde pour le M23 de s’attendre que la population locale marche contre la force de l’ONU », a t-il martelé, ajoutant que la force d’intervention des Nations Unies dans cette partie du pays est plutôt perçue comme une force libératrice.

C’est le même point de vue chez les officiels des nations Unies en poste dans cette région. Un officiel de l’Office des Nations Unies pour la Coordination des Aides Humanitaires a raconté à IPS que les habitants de cette région vivent le calvaire et que même l’armée ne peut plus les protéger.

« En leur [les habitants, Ndrl] demandant de protester contre une brigade qui vient les libérer de cette situation est une double humiliation, surtout que l’armée nationale est incapable de les protéger », a raconté cet officiel des Nations Unies à IPS.

Depuis le vote de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le M23 a multiplié des appels à la mobilisation contre cette résolution.

Les officiels du M23 avaient appelé aux marches manifestations contre la résolution 2098, des rassemblements et aveint même arrivé à imposer un blocus à 11 véhicules de la MONUSCO (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo) à Rutsuru pour protester contre la décision du Conseil de Sécurité d’envoyer un bataillon qui sera à mesure de combattre et désarmer les groupes armés de cette région locaux ou étrangers, le M23 inclus.

« Nos hommes n’hésiteront pas à riposter si elles sont provoqués. Le blocus de véhicules de l’ONU est un message fort que nous sommes sérieux », le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, le porte-parole militaire M23, avait déclaré à IPS, il y a quelques jours.

Certains des chefs tribaux de cette région ne semblent pas se rallier aussi à la cause des manifestations. Quand les forces rebelles du M23 appelaient à manifester, les leaders tribaux appelaient plutôt au calme et au Gouvernement pour intégrer les forces rebelles combattantes, selon IPS.

L’un des groupes rebelles qu’il fallait intégrer dans l’armée congolaise, selon l’Assemblée des Chefs locaux du Nord Kivu, c’est l’Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (APCLC) du « Général » autoproclamé Janvier Karairi. Ce groupe, selon le journal, est né pour s’opposer au CNDP de Laurent Nkunda, puis, continue à s’opposer aux revendications du M23, et n’hésite même pas à s’allier avec les FDLR (Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) pour les mêmes raisons, a raconté le IPS.

La résolution2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies a été voté en mars 2013 pour lutter contre les groupes armés de l’est du Congo, locaux comme étrangers, opérant dans cette partie de l’Est du Congo.
Depuis la reprise des hostilités par les groupes armées de cette région en décembre dernier, 2,2 millions de congolais ont fui leurs ménages, selon le UNHCR, tandis que plus de 700.000 réfugiés se retrouvent dans le camp de réfugiés au Rwanda et en Ouganda.




Twitter cet article// Partagez cet article sur Facebook

760 ont visité l'article



Votre réaction sur l'article/émission/brève..

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Ecrire un message à l'auteur de cet article

Envoyer un message



Dans la même rubrique
a

"Les pays qui hébergeraient ceux qui ont commis des crimes au Burundi n’auront plus de prétexte", dit le ministre de la sécurité



a

Bujumbura : Les conducteurs de vélos interdits de dépasser les ponts Ntahangwa



a

Bubanza, Des mineurs "bandits"



a

Santé : Les employés du CNPK menacent d’arrêter le travail



a

Santé : Suspension de toutes les associations des tradipraticiens



a

Bubanza : Des accusations de sorcellerie refont surface



a

Bubanza : La mesure de sécurité "couvre-feu" à Gihanga sème de zizanie



a

La police burundaise présente un des présumés auteurs des massacres de Ruhagarika



a

Des arrestations en cascades des agents de lumitel en grève



a

Des chiens errants à Bubanza, un danger public





Les plus populaires
"Les pays qui hébergeraient ceux qui ont commis des crimes au Burundi n’auront plus de prétexte", dit le ministre de la sécurité,(popularité : 100 %)

Bujumbura : Les conducteurs de vélos interdits de dépasser les ponts Ntahangwa,(popularité : 22 %)

Bubanza, Des mineurs "bandits",(popularité : 6 %)

Santé : Les employés du CNPK menacent d’arrêter le travail ,(popularité : 4 %)

Francis Rohero dans le collimateur du SNR,(popularité : 4 %)

La FDN demande des enquêtes impartiales sur la mort d’un journaliste en Somalie ,(popularité : 4 %)

Cinq Radios se coalisent contre l’insécurité galopante au Burundi,(popularité : 4 %)

Santé : Suspension de toutes les associations des tradipraticiens ,(popularité : 3 %)

Le gouvernement dit ignorer le plan safisha, la société civile toujours inquiète ,(popularité : 3 %)

Sinunguruza demande aux corps de sécurité de doubler de vigilance aux Al Shebab ,(popularité : 3 %)