Burundi : La Belgique et son Sénat inquiets du projet de loi sur la presse




Par: Désiré Nimubona , vendredi 26 avril 2013  à 09 : 10 : 45
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Le Sénat Belge se montre inquiet du nouveau projet de loi récemment voté par le Sénat burundais et qui attend une promulgation par le Président de la république. Pour en savoir plus, M. Didier Reynders, vice premier ministre et ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes a été convoqué par le Sénat de son pays pour répondre à une série des questions orales, ce jeudi dans l’après midi. Il a été interrogé par la Sénatrice Olga Zrihen du Parti Socialiste belge (PS).

Selon Mme Olga Zrihen, le lendemain de la presse burundaise est incertain. « Selon plusieurs observateurs internationaux, des ONG ainsi que l’Organisation de protection des droits de la presse, l’adoption du nouveau code de la presse, voté le 3 avril 2013 par l’Assemblée nationale du Burundi, constitue une tentative d’entraver la liberté de la presse et l’indépendance indispensable au travail des journalistes ».

Introduisant sa série de questions, Olga Zrihen a voulu savoir ce que pense le Gouvernement belge sur ce nouveau projet de loi, qui empêche, selon elle, aux journalistes de faire des investigations d’une façon sure sur les questions comme l’économie nationale et même la corruption.

« Il [Le projet de lois sur la presse, Ndrl] va donc à l’encontre de la liberté d’expression, garantie au sein même de la Constitution du Burundi ainsi que par les conventions régionales et internationales, notamment la Charte africaine pour les droits de l’homme et des peuples, ratifiée par le Burundi » a déploré la Sénatrice Socialiste Olga Zrihen.

Au niveau du Gouvernement Belge, c’est la même lecture. Le Vice Premeir Ministre et ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes partage le même avis que le Sénat de son pays.

« Je partage votre inquiétude à propos de cette loi sur les médias » au Burundi, a annoncé Didier Reynders.

Selon lui, si jamais la loi est promulguée, elle devient non seulement un danger pour les médias, mais aussi « sur l’élan d’ouverture et de dialogue lancé lors du séminaire sur les élections organisé récemment par le Bureau des Nations unies au Burundi ».

La Belgique a par la suite annoncé qu’elle est en train de travailler avec les autres pays européens ayant leurs ambassades à Bujumbura ou dans la sous région, pour que cette loi ne soit pas promulguée en tant que telle.

« Depuis le début du travail parlementaire sur ce projet de loi, notre ambassade à Bujumbura, de concert avec nos partenaires européens, a multiplié les contacts avec les responsables burundais pour les rendre sensibles à cette question », a déclaré Reynders devant le sénat Belge se jeudi soir.

Cependant, leurs voix n’ont pas été entendues par les autorités burundaises, mais les contacts continuent, comme le Vice-Premier Ministre belge l’a souligné.

« (…) notre ambassade à Bujumbura poursuivra ses démarches auprès des institutions burundaises, tant dans un cadre européen que bilatéral. Les instructions en ce sens ont été données à nos représentants », a conclut Reyders.

En rappel, les députés burundais, avaient voté ce projet de lois le 3 avril 2013 et voté aussi par le sénat, deux semaines après, c’est-à-dire le 19 avril. Le projet consacre de lourdes amendes contre les journalistes, la révélation des sources et les niveaux d’études aux journalistes burundais.

Les organisations des professionnels des médias et de la Société civiles ont protesté contre ce projet de lois, jugé « liberticide ».

Une pétition d’ailleurs à été lancé contre ce projet et les signataires sont ceux qui veulent convaincre au Président de la République Pierre Nkurunziza de ne pas le promulgué en loi. Entre temps, le parlement Burundais pourra ré-analyser le contenu des amendements apporté par le Sénat mardi prochains.




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