La diaspora et la société civile burundaises au secours de la famille de feu Léandre Bukuru




Par: Bernard Bankukira , mardi 22 novembre 2011  à 09 : 55 : 07
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Des pleurs et cris de désolation de la veuve et ses enfants, c’est le climat qui règne au sein de la famille de feu Léandre Bukuru, qui a été arrêté à son domicile dans la ville de Gitega le dimanche 13 novembre 2011 par des gens en uniforme policière, pour une destination inconnue, puis retrouvé en détails, corps sans tête le 14 novembre à Kiremera en commune Giheta, et sa tête dans un trou d’une toilette dans les enceintes de l’Eglise EUSEBU le 16 novembre à Bwoga en commune Gitega.

Des témoins affirment que feu Bukuru a été embarqué dans un véhicule de service du Commissaire de la Police en province Mwaro. Ce dernier a toujours nié l’implication de son véhicule dans cette tragédie macabre, affirmant que son véhicule se trouvait à son domicile au moment des faits. Jeannette Inamahoro, la veuve, n’a pas encore eu la chance d’exhumer dignement le corps de son mari, car il a été enterré par l’administration communale quelques temps après.

« C’est de l’inhabituel ici au Burundi, quand quelqu’un n’est même pas autorisé d’enterrer dignement le sien. Même si c’était un ennemi, le respect d’un mort a toujours caractérisé les burundais, » a dit Pacifique Nininahazwe, Délégué général du Forum pour le Renforcement de la Société Civile, FORSC, ce dimanche pendant le message de condoléances prononcé à l’occasion de la remise, à la famille éprouvée, de l’assistance mobilisée par une orpheline burundaise vivant en Norvège qui a entendu la mauvaise nouvelle à la radio Isanganiro via son site internet.

« Nous sommes venus ici pour nous joindre à vous, et vous rassurer que nous serons toujours avec vous jusqu’à ce que vous ayez l’autorisation d’enterrer dignement le vôtre comme vous le voulez et selon la culture burundaise.

Pacifique rappelle que ce qui s’est passé n’est pas nouveau dans l’histoire sale du pays, où des familles ont vu leurs pères partir mais qui ne les ont plus revus et qui attendent toujours leur retour.

« Certains, même de nos dirigeants, sont des orphelins qui ont subi de telles malheurs. Il y a beaucoup, parmi même nos dirigeants actuels, qui ont vu leurs papas embarqués dans des véhicules militaires, mais qui attendent toujours leur retour sans espoir, » a regretté Pacifique Nininahazwe devant l’assemblée qui s’était rendue au domicile de la famille éprouvée.

« J’aimerais interpeller les autorités de ce pays, qui savent le sens de tous ces cris de désolation, qui ont vu leurs mamans pleurer comme celle-ci quand ils avaient le même âge que ces petits enfants ici présents, qui se souviennent des peines encourues par leurs mères après la disparition de leurs pères, de prendre des mesures nécessaires pour arrêter de tels scènes, » a-t-il insisté.

Il a demandé au gouvernement de mettre en place une politique de soutient et d’assistance à de telles familles qui subissent de telles tortures morales, comme cela a été le cas récemment dans certains événements.

Pacifique Nininahazwe a aussi appelé le gouvernement à entreprendre des investigations pour connaître les mobiles et les auteurs de ce crime.

« Des gens meurent à cause de leur appartenance idéologique, ce peut être le cas dans cette famille, il y a des enfants dont leurs pères, des femmes dont leurs maris ont été tués car ils sont du CNDD-FDD, il y a des enfants dont leurs pères, des femmes dont leurs maris ont été enlevés car ils sont du FNL d’Agathon Rwasa, il y a beaucoup de familles de diverses appartenances politiques qui ont subi les mêmes peines que celles-ci, nous demandons que des mesures soient prises pour mettre un terme à de telles exécutions, » a réitéré le Délégué général du FORSC en cette occasion, appelant tous les burundais à se mettre ensemble pour dire « non » à ces assassinats sans précédent.

Feu Léandre Bukuru était né en 1977 à la colline Bitare de la commune Itaba en province Gitega. Il n’avait pas eu la chance d’aller au-delàs de l’enseignement primaire. Il laisse une veuve et trois enfants dont le premier est âgé de sept ans alors que le dernier n’a que trois ans.




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