LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, UNE COLLE QUI DOIT LIER LES NATIONS ENSEMBLE




Par: Agence est-africaine de Presse , lundi 3 juin 2013  à 11 : 30 : 11
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Article produit par Isaac Mwangi/Agence est-africaine de Presse

Arusha 1 juin 2013 (EANA) – La Journée mondiale de la liberté de la Presse qui est commémoré chaque année à travers le monde a été célébrée le 2 mai en Afrique de l’Est. Mais ceci est clairement le seul domaine dans lequel la région a connu un développement disparate. Compte tenu de la sensitivité des questions liées aux médias cependant, la Communauté de l’Afrique de l’Est s’est dérobée lourdement à prendre une position commune ferme. L’on ne saurait continuer ainsi si tous les pays membres ont le but commun de façonner une échelle élevée du développement humain.

Moins de trois semaines après la célébration de la journée mondiale pour défendre la liberté de la presse, le journal « The Monitor » de l’Uganda et ses sœurs radios KFM et Dembe FM se sont vus fermés par les autorités. La Police a encerclé les locaux du journal, et les a déclarés « lieu du crime ». Les policiers armés jusqu’aux dents ont dit qu’ils avaient reçu instruction de chercher la copie d’une lettre écrite par le Général David Sejusa. La dite lettre était dite être adressée au Directeur du service de la Sécurité Intérieure, Colonel Ronnie Balya, lui demandant de vérifier les informations selon lesquelles il y aurait un complot d’éliminer tous les responsables gouvernementaux opposés au Projet Muhoozi. La lettre avait été publiée par le Daily Monitor.

Le Projet Muhoozi concerne une prétendue combine du Président Yoweri Museveni de désigner son fils, général de brigade Muhoozi Kainerugaba, à sa succession.

Le même jour du 30 mai 2013, un autre journal connut le même sort. La police ferma le « Red Pepper » pour les mêmes faits. Aussi faut-il comprendre que la police cherchait d’autres documents à Red Pepper.

Ce n’est pas la première fois que ceci survenait. The Monitor a été fermé pour la première fois en 2002. Au lieu d’aller plus en direction de la tolérance, il semble que l’Uganda est resté à la traine. L’Uganda n’est toutefois pas la pire place des journalistes dans la région. Il y a la Somalie où le journalisme est l’une des plus meurtrières professions auxquelles on peut aspirer.

De sérieuses préoccupations ont également été exprimées sur le Rwanda. Pendant le génocide qu’a connu ce pays en 1994, les médias- la radio en particulier- se sont rendus tristement célèbres en propageant la haine et l’idéologie du génocide. Ceci a conduit à juste titre les autorités du pays à avoir un œil particulièrement vigilant sur les médias. Cela ne devrait pas se faire ainsi. Ce qui importe c’est le dynamisme dans la gestion des institutions, en particulier, les freins et les contrepoids qui garantissent le fonctionnement d’une vraie démocratie. Maintenir les médias sous clé n’est pas le meilleur moyen pour garantir la paix et la stabilité.

Le Kenya a sans doute le champ le plus libre des médias dans la région. Après des années de régimes et législations oppresseurs, la liberté de la presse a pris racine immédiatement avec l’arrivée de Mwai Kibaki au pouvoir, et ce sont des avantages que la fraternité des médias veut garder jalousement. La journée mondiale de la liberté de la presse dans ce pays a été célébrée au Centre international de conférence Kenyatta où un congrès régional de deux jours a réuni différents acteurs et intervenants dans le monde des médias.

Le Président kenyan Uhuru Kenyatta était parmi les dirigeants qui ont participé au congrès. Son discours a réitéré l’engagement de son gouvernement à respecter et à assurer la liberté de la presse, mais aussi a mis en garde les médias qui doivent s’assurer du professionnalisme dans l’exercice de leur métier et faire du journalisme responsable.

Plusieurs groupes notamment les juristes ougandais se sont levés pour fustiger avec force les assauts sur les médias et ont accusé la police d’avoir mené un exercice illégal. La Présidente du Barreau, Ruth Sebatindira a dit que l’action du gouvernement non seulement était illégale mais aussi autoritairement élevée et disproportionnée. L’Association ougandaise de la sensibilisation à la protection des consommateurs a abondé dans le même sens et a condamné l’action des autorités.

Les États de l’Afrique de l’Est doivent mettre sur pied des niveaux de référence à respecter en ce qui concerne le respect des droits fondamentaux, la liberté de la presse étant l’un de ces droits inaliénables. L’intégration sera impossible si certains pays sont laissés en arrière. Les outrages comme ce qui s’est passé en Uganda décourageront la population d’autres pays membres où les droits fondamentaux sont respectés à s’intégrer avec ces pays qui probablement apporteront des prédispositions d’intolérance dans une quelconque fédération politique. Et qui sait si un autocrate d’un tel État membre, une fois au pouvoir sur toute l’Afrique de l’Est va piétiner la liberté de la presse dans ces autres pays ?

De plus, des centaines de personnes ont été brusquement contraints au chômage, créant les tensions et la peur parmi les travailleurs des médias. Il ne faut pas oublier non plus que les investisseurs observent. Il n’est pas acceptable pour un quelconque gouvernement de trainer sa population dans une telle ordure.

Les médias constituent le quatrième pouvoir après l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Là où la société est privée de ce pouvoir pour avoir l’œil sur ces autres institutions, elle risque de faire la dérive en arrière au Moyen âge. La liberté de la presse suppose la liberté d’accès à l’information, de publier, de protéger ses sources. Il est donc important de s’assurer que les médias jouissent de la liberté de passer l’information au public pour garantir la vérité, la justice, l’équité et la transparence.

Il est crucial pour les autorités ougandaises et les médias touchés à chercher une solution amicale, qui aidera les deux parties à travailler ensemble pour le bien être de la population ougandaise. Plus important cependant est que l’Afrique de l’Est puisse décider, comme un ensemble, à respecter la liberté de la presse et désapprouve les tentatives par un quelconque État membre à piétiner la liberté de la presse.




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