Rumonge : La grève des enseignants ouvre la voie à la propagande politique




Par: Désiré Nimubona , vendredi 21 juin 2013  à 16 : 02 : 15
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Certains des élèves des écoles secondaires publiques de la ville de Rumonge disent avoir été forcés de suivre une réunion du parti présidentiel le CNDDFDD au Lycée Communal de cette même commune pour se préparer aux élections de 2015.

Selon leurs dires, les instances du parti de leurs écoles ont préparé cette réunion pour profiter de la grève des enseignants pour les envoyer faire campagne de ce parti dans leurs coins d’origine.

Au total, selon notre source citée par le correspondant de la radio à Rumonge, 700 élèves avaient pris part à cette réunion qui s’est tenue, selon la source à Rumonge ce jeudi.

Ces élèves actuellement sans occupation suite à la grève des enseignants en cours disent avoir répondu à cette invitation pour sauver la peau au moment où les directeurs, les préfets des études et même certains encadreurs sont de ce même parti.

Cependant, l’administrateur Communal de cette commune du sud du Burundi souligne que la rencontre qui a eu lieu était celle des élèves qui fêtaient la fin de l’année scolaire.

Gérard Ndikumana explique qu’aucun discours politique n’a jamais été prononcé à ces élèves », car ce n’était pas une réunion politique mais plutôt une forme de fraternisation entre ces élèves pour terminer en beauté l’année scolaire.

« Si cela a eu lieu, en tout cas c’était avant que je n’arrive » martèle l’administrateur de la commune de Rumonge de la province de Bururi, au sud du Burundi, soulignant que sa commune est plus stable en matière de sécurité et de cohabitation entre les membres des formations politiques différentes.

La grève des enseignants dans les écoles primaires et secondaires du Burundi depuis bientôt deux semaines ne laisse pas tâche facile aux parents qui ont du mal à gérer leurs enfants suite à cette grève dite « illimitée ».

Selon le président du Comité des parents du Lycée Clarté Notre Dame de Vugizo de Bujumbura Kamwenubusa Théodore, la grève des enseignants et le refus du dialogue du Gouvernement causeront plus de problèmes que de biens aux enfants.

Les enseignants du secondaire notamment ceux du Conseil National du Personnel Enseignant (CONAPES) avaient lancé leur mouvement de grève le 10 juin 2013 pour exiger la fin des « disparités salariales » entre les fonctionnaires de l’Etat et « exiger le payement des salaires du mois de mai 2013 » qui ont été retenus par le Gouvernement alors que ces enseignants n’avaient grevé que 5 jours seulement en mai dernier. Quelques jours plus tard, deux syndicats des enseignants du primaire leur emboitent le pas.

Entre temps, les positions se radicalisent. Le Gouvernement exige le retour de ses enseignants au travail à défaut de quoi ils seront considérés comme des déserteurs. Selon le porte-parole du Gouvernement hier dans un communiqué, la grève est illégale.

De l’autre côté, les enseignants disent avoir été sacrifiés depuis longtemps et vivent dans la misère. Selon eux via leur président Emmanuel Mashandari, l’enseignant est presque impayé raison pour laquelle il n’y a pas de raison d’avoir peur car étant déjà habitués aux souffrances.

Selon par exemple un syndicaliste trouvé au lycée municipal de Musaga, au sud de la capitale Bujumbura, la grève sera menée, jusqu’ « à nouvel ordre », c’est-à-dire, jusqu’à ce que le syndicat lui-même décide d’arrêter le mouvement.

« Imaginez un professeur de niveau licence avec un salaire mensuel de 120.000 F alors qu’un député reçoit plus de 2,5 millions de francs », regrette ce professeur des lettres, soulignant qu’actuellement un seul député peut payer à lui seul plus de 15 enseignants qualifiés.

Même ceux qui sont dans les autres secteurs comme la santé et la magistrature sont bien payés alors que les enseignants continuent à porter sur leurs épaules les malheurs causés par la cherté de la vie, se lamente-t-il ajoutant que cette fois-ci « le temps de finir l’injustice sociale a sonné »




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