Justice pour Ernest Manirumva : La société civile au front




Par: Irène Ruby Pratka , mercredi 10 juillet 2013  à 09 : 46 : 46
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Réunis dans la campagne « Justice pour Ernest Manirumva, » plusieurs représentants des grandes organisations de la société civile burundaise ont renouvelé leur appel hier à la Cour suprême et au gouvernement de faciliter l’arrestation des autres gens impliqués dans ce meurtre et, ce faisant, rétablir la confiance des burundais dans le système de justice de leur pays.

Hier à Bujumbura, comme désormais le 9 de chaque mois, ses anciens collègues dans la société civile se sont réunis pour présenter une mise au point sur le dossier et appeler à la justice burundaise d’éclaircir les évènements du 8-9 avril 2009.

« La justice burundaise doit mettre un terme à l’impunité qui caractérise l’affaire de l’assassinat d’Ernest Manirumva, » a déclaré Vital Nshimirimana, le Délégué Général du Forum de Renforcement de la Société Civile Burundaise (FORSC). Il a dénoncé ce qu’il a appelé l’inculpation des « boucs émissaires ».

Selon Pierre Claver Mbonimpa, président de l’Association pour la promotion des droits de l’Homme et des prisonniers (APRODH), les autorités burundaises et les anciens collaborateurs de M. Manirumva connaissent les vrais coupables, mais ces derniers sont toujours en liberté. Il ajoute que la campagne "Justice pour Ernest Manirumva" a déjà commencé des démarches dans la justice internationale, mais espère toujours que la justice burundaise va éclaircir l’affaire.

« Ce dossier est un dossier emblématique, » poursuit Pacifique Nininahazwe, président du FOCODE (Forum pour la conscience et le développement).

« C’est une chance extraordinaire qui est donnée à la justice du Burundi pour montrer sa crédibilité et prouver qu’elle a changé depuis [les accords de paix de, Ndrl] Arusha ».

Il y a 4 ans et 3 mois jour pour jour, on a découvert le corps sans vie d’Ernest Manirumva, poignardé à mort devant son domicile à Mutanga sud dans la ville de Bujumbura. Les mois précédant sa mort, Ernest Manirumva était vice-président de l’OLUCOME (Observatoire pour la lutte contre la corruption et les malversations économiques) et enquêtait sur des allégations de corruption policière de grande ampleur et d’achats illégaux d’armes à feu par la police.

En mai 2012, 14 personnes ont été inculpées pour complicité dans l’assassinat, et condamnées à des peines de prison allant de 10 ans jusqu’à la perpétuité. Mais la famille et les collaborateurs de M. Manirumva n’ont jamais été convaincus qu’il s’agit des vrais responsables de l’assassinat. Ils accusent la justice burundaise d’avoir truqué l’investigation et balayé les conclusions d’une investigation du FBI américain et une commission d’enquête indépendante burundaise, qui pointent du droit d’autres suspects. Le dossier est présentement entre les mains de la Cour suprême, qui pourrait envoyer les jugements précédents en cassation.




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