Rwembe : Pourtant, la société civile n’attend pas grand-chose de son verdict




Par: Marc Niyonkuru, , vendredi 12 juillet 2013  à 16 : 42 : 24
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Une foule nombreuse était venue assister à l’audience publique qui s’est déroulée ce mercredi au tribunal de grande instance de Gitega. Michel Nurweze, ancien commissaire adjoint de la police connu sous le sobriquet de Rwembe. Certains avaient besoin de le voir de leurs propres yeux, d’autres pour s’imprégner des intrigues ayant émaillées la mort des leurs, d’autres enfin étaient là au nom des institutions de défense de droits de l’homme. La police était là pour empêcher les éventuels débordements. Le verdict sera connu le 10 Aout 2013.

L’ancien commissaire adjoint de la police de Gitega a été devant la barre pour 3 principaux chefs d’accusations pendant plus de 6 heures. Visiblement à l’aise et avec un regard fouillant, l’exécution extrajudiciaire de Bukuru Léandre, un membre du MSD, un parti politique de l’opposition aura pris beaucoup de temps. Malgré l’absence des témoins à charge, le ministère public a indiqué que Michel Nurweze avait continué à chercher la victime à sa sortie de la prison trois mois après. « Oui, j’ai continué à le chercher parce qu’il s’était échappé de la prison sans permission », a reconnu Michel Nurweze. Le ministère public a relevé au moins deux fois pendant lesquelles la victime a failli être arrêtée avant sa mort par le numéro deux de la police en province de Gitega sans mandat d’arrêt.

L’avocat à décharge de sa part a plaidé pour que son client soit au moins sanctionné pour arrestation arbitraire au lieu de l’assassinat puisqu’il n’y avait pas eu de témoins à charge. Il a aussi indiqué que puisque les témoins qui étaient attendus n’ont pas été présents, le tribunal de grande instance ne pouvait en aucun cas tenir en considération leurs témoignages du moment que ces derniers ne se sont jamais présentés en publics pour prouver comment ils avaient vu Michel Nurweze exécuter Léandre Bukuru. Un litre d’eau à la main type de Kinju pour étancher la soif, Michel Nurweze toujours sur de lui, a qualifié cette mort de montage en particulier des médias.

Et Zacharie dont les testicules ne fonctionnent plus

C’est un citoyen cette fois ci originaires de Ruyigi. Ngenzebuhoro Zacharie, un membre du FNL a indiqué qu’il a passé 10 jours dans une maison de la documentation sous la torture. « L’administrateur de Gitega et Michel Nurweze m’ont amené dans cette maison à bord de la camionnette de la commune de Gitega. Durant 10 jours, j’étais avec quelqu’un autre dans cette maison qui servait de cachot. Cet homme m’avait dit qu’il s’appelait Nzungu, j’ai entendu plus tard qu’il était mort », a-t-il souligné en montrant aux membres du siège les blessures toujours visibles sur les jambes à cause de la torture.

Son avocat évoqué que cette famille est devenue veuve, un langage métaphore pour évoquer implicitement les testicules de Zacharie qui ne fonctionnent plus normalement .Michel Nurweze reconnait avoir cherché à plusieurs reprises Ngenzebuhoro Zacharie puisqu’il avait eu écho que celui-ci distribuait les armes aussi bien dans Ruyigi que dans Gitega. « J’avais raison de le poursuivre en raison de mes fonctions », a-t-il dit.
Kimararungu aussi à la barre

Celui-ci n’a pas beaucoup parlé. Il a laissé parler les traces de blessures que Rwembe lui a infiligées à l’aide des armes blanches avant de le laisser là le pensant pour mort. Son témoin à savoir le responsable en chef de la colline de Songa de la commune et province de Gitega, est revenu sur la façon dont il a été appelé par le commissaire pour lui montrer où se trouvait la maison d’Emmanuel Kimararungu. Ce dernier était rentré à la maison ivre d’alcool. Celui-ci a dit qu’il avait reçu une grande quantité d’alcool de la part des personnes qu’il n’avait pas connues dans un cabaret plus proche de sa maison. Le chef de colline de Songa s’est opposé à Michel Nurweze qui voulait le lyncher en sa présence. « Michel Nurweze avait une bouteille d’alcool dont je n’avais pas connu la sorte. Ils l’ont laissé pour mort après m’avoir intimidé », a souligné Rwembe.

Le ministère public a indiqué que les preuves sont présentes même si les témoins X qui exigeaient les mutations avant de témoigner n’étaient pas présents. Il a demandé à la justice de Gitega de dire le droit.

L’Association pour la Promotion et la Défense des droits de l’Homme et le Forum pour la Conscience et le Développement ont déploré le silence des 4 membres du siège pendant plus de 6 heures qu’aura duré la confrontation.

« La requalification de l’accusation de Léandre Bukuru est inéluctable puisque les témoins n’ont pas été présentes, les burundais ne peuvent pas s’attendre à beaucoup par rapport au procès au regard de la façon dont l’exécutif a une mainmise sur les procès politique » a souligné Pacifique Nininahazwe le président du FOCODE.




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