Kivyuka : Les assassinés ré-assassinés




Par: Irène Ruby Pratka , mardi 16 juillet 2013  à 11 : 50 : 22
a

Charles Makoto, un représentant des familles des victimes des massacres de Kivyuka de mai 1996, dénonce la façon selon laquelle l’exhumation a été faite. Il parle d’une "négligence totale" d’autorités burundaises et internationales, qui "semblent avoir abandonné les familles des victimes du massacre de Kivyuka, mais aussi de nombreux autres massacres, à leur sort."

S’exprimant dans une conférence de presse animée ce lundi à Bujumbura, Charles Makoto président d’une association des familles des victimes et des rescapés a déploré que le Gouvernement n’a pas pris la main lui tendue par le Comité international de la Croix-Rouge, depuis 2012, de mettre à la disposition des autorités burundaises une équipe de médecins légistes argentins.

Les corps des 350 victimes de la tuerie de 1996 ont été exhumés au cours de la semaine dernière pour faciliter la constriction d’une route Bubanza - Ndora.

Les familles des victimes avaient demandé au président de l’Assemblée nationale dans une correspondance d’interdire l’exhumation de ces restes jusqu’à l’arrivée de ces experts. Or, toujours d’après M. Makoto, l’exhumation s’est déroulée sans aucun médecin légiste ou membre de la police judiciaire sur les lieux. Les travailleurs auraient aussi, par mégarde, brisé les os de certaines victimes avant de les placer dans des cercueils rongés par des termites.

"Il est inconcevable à notre égard que les corps de victimes d’un crime qualifié de crime d’état puisse être déterré sans même la présence d’experts afin d’établir un procès-verbal sur le déroulement des faits," a poursuivi M. Makoto. Il a fait appel au Président de la République de "se saisir du dossier" qui refait surface à la veille de la mise en place de la Commission vérité et réconciliation.

Pour rappel, le 3 mai 1996 au marché de Kivyuka, environ 350 civiles ont été fusillés par les forces du gouvernement de l’époque, suite au passage des rebelles qui avaient saboté un pylône électrique dans la commune de Musigati. La responsabilité pour ce massacre n’est toujours pas définitivement établie.




Twitter cet article// Partagez cet article sur Facebook

899 ont visité l'article



Votre réaction sur l'article/émission/brève..

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Ecrire un message à l'auteur de cet article


Dans la même rubrique
a

Rumonge : le nouveau directeur du centre de formation professionnelle de Gatete incarcéré



a

Burundi-Médias : Que risque la RFI ?



a

Buta a commémoré le 22ème anniversaire de l’assassinat des 40 séminaristes, martyrs de la fraternité



a

Ruyigi : Les enfants incarcérés réclament une école



a

L’affaire de gribouillage de photos qui conduit trois écolières de kirundo en prison



a

L’office du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ferme ses portes au Burundi



a

La CNIDH change de "look"



a

L’Ombudsman burundais tranquillise une famille qui crie à ‘’une spoliation de sa parcelle’’



a

En brève : quatre personnes emprisonnées dont Nahum Barankiriza



a

Bujumbura promet des poursuites judiciaires contre la BBC





Les plus populaires
Démocrate relâché par la justice à Cibitoke ,(popularité : 16 %)

Assassinat Agnès Dury : L’honorable Moise Bucumi devant la commission rogatoire française en mars,(popularité : 16 %)

CVR : La commission ad hoc agirait dans l’ombre,(popularité : 15 %)

Burundi-Médias : Que risque la RFI ? ,(popularité : 15 %)

Attaques de Cibitoke : Une famille reconnait son fils « victime d’exécution »,(popularité : 14 %)

Les prisonniers de Mpimba visités par l’Ombudsman burundais,(popularité : 13 %)

Le verdict des auteurs du putsch manqué est tombé,(popularité : 13 %)

Massacre à l’Université du Burundi : Gaston Hakiza, Recteur, témoin et lobbyiste ,(popularité : 13 %)

Le gouvernement burundais décide une fermeture définitive du bureau du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme au Burundi,(popularité : 11 %)

Les survivants du « génocide de 1972 » dans les rues de New York en mai ,(popularité : 10 %)