Appel à l’institutionnalisation des taxes sans revenues au Burundi ; une imposition aux citoyens d’avaler une pilule mortelle




Par: , vendredi 26 juillet 2013  à 07 : 37 : 30
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Opinion de Côme Konakuze/Genève-Suisse

Jadis, le rêve burundais de lutter pour le retour de la démocratie se fondait sur un cadre théorique de restituer la chance à la population burundaise d’appréhender les facteurs déterminants, qui feraient des élections une arme pacifique mais puissante pour contraindre le gouvernement ou les élus à être plus attentifs aux besoins des pauvres et sans voie (voiceless) voire même d’élargir jusqu’aux opportunités sociales et économiques de tous les burundais.

Les analyses actuelles du processus démocratique burundais font ressortir que les conditions jugées impératives à l’épanouissement social et économique du citoyen sont loin d’être satisfaites car l’aptitude et la motivation du gouvernement et ses élus seraient de priver davantage ce pouvoir de sanction par le peuple et notamment les plus démunis. Suivant cette optique, le gouvernement et ses élus (députés et locaux) sont sérieusement accusés depuis le début de leurs mandats de favoriser
l’effort de mauvaise utilisation ou de détournement des ressources destinées au développement. Face à cette forme de gouvernance initiée à Bujumbura, un consensus s’est établi au niveau de la société civile burundaise de plaider d’abord pour le changement en faveur d’une action sociale et économique remarqués mais sans succès car ce gouvernement, ses élus et d’autres jeunes militants aguerris se lèvent pour faire avaler la pilule de la misère et de mauvaise gouvernance par la force.

Actuellement, un autre consensus s’érige au niveau international sur la nécessité inaliénable non seulement du contenu des politiques et lois (non suivies) que le gouvernement burundais essaye de vendre mais également et surtout de la manière dont elles sont mises en œuvre, tout particulièrement dans le cadre des nouvelles stratégies internationales de lutte contre la pauvreté.

Ainsi, des nouveaux facteurs pour contraindre le gouvernement burundais à assainir sa gouvernance politique, sociale et économique afin de respecter le fruit de la reconquête du pouvoir de sanction par le citoyen sont sur la table comme condition sin qua non à l’écoute de l’appel international sur l’aide au financement du CSLP2 et d’autres forme d’aides bi/multilatérales. Ces fameuses communautés et institutions internationales mesurent quotidiennement les différentes dimensions de la pauvreté au Burundi avec des instruments scientifiquement et politiquement acceptés mais que le gouvernement burundais masque au retour en privant davantage les différents acteurs de la société de contribuer pour leur sort. Dans cette perspective, le gouvernement espère conserver la domination mais la société civile et les institutions d’aide publique le constatent comme une force exercée afin de faire avaler la pilule composé de principes actifs antidémocratiques et incapacité de gouvernance au peuple souffrant économiquement et qui entraînent à la fin une paralysie
socio-économique de toute la nation- d’où "pilule mortelle"

Chacun se demande actuellement pourquoi le gouvernement actuel de Bujumbura se contente de voter des lois contraignantes à la liberté publique et antidémocratiques en oubliant que le champ de la recherche au développement et la gouvernance n’est plus comme dans les régimes du passé ? Pourquoi ce recul et l’incapacité de reconnaître les interactions et les dimensions de la croissance socio-économique notamment la recherche de la qualité des institutions (les accusés de malversation
sont les favoris !), le système priorisant la valeur des citoyens et de la société toute entière ? Sur quelle raison, le Burundi traîne la queue dans le classement du respect des droits humains, de démocratie et de gouvernance alors que les textes et lois sont entassés dans les tiroirs et
étagères partout dans les bureaux des institutions ? Il semble que la lutte entre les enjeux et indicateurs de consolidation du pouvoir à n’importe quel prix et les exigences démocratiques et socio-économique est loin d’être gagnée. C’est ainsi que les armes et munitions de stratégies comme la révision des lois (sur les TVA, sur le blocage des rencontres publiques, la loi contraignante du droit à l’information etc...) continuent à affluer alors que le citoyen en paie les pots cassés. Ce même citoyen devient à la fin la première et la seule victime même si la répercussion commence à se faire sentir au niveau du pouvoir.

Tant que ces enjeux et indicateurs de gouvernance politico-économique traditionnellement considérés comme extra économiques par le pouvoir de Bujumbura ne sont pas ajustés et structurés, la voix de l’appel à l’aide internationale restera sans valeur ou non entendue.

Pour toutes ces raisons, les notions de "bonne gouvernance" et de démocratie sont aujourd’hui mises en avant comme déterminants fondamentaux de la réussite des politiques économiques et de
développement social au Burundi que le pouvoir le veut ou pas. Aujourd’hui, beaucoup de citoyens burundais remarqueraient que ces notions jouent plutôt un rôle de dissuasion qu’instruments de contribution à la croissance économique et à la limitation des inégalités. Aussi les burundais d’opinion du bien être du citoyen constateraient que la notion d’accroître la dimension constitutive de ces notions notamment le respect des libertés politiques et d’information reste des composantes
intrinsèques du développement que le pouvoir doit impérativement intégrer au quotidien afin d’accroître aussi le sentiment de justice par une réduction des pratiques discriminatoires (entre autre par la baisse de la corruption et malversation économiques). Les autres Burundais de la mouvance pseudo démocratique (partis nyakuri y faisant nombre) chanteront les louanges du développement et du droit social qui règnent au Burundi. Leurs discours parlent de la démocratie exemplaire et totale même si cette démocratie se limite aux jeunes militants accusés de semer la pagaille au sein de la population afin de se faire droit comme autrefois dans le maquis.

Le remède ou antidote à cette "pilule mortelle" n’est pas seulement à la portée du pouvoir en place à Bujumbura comme nous le constatons ces derniers jours dans l’allocution de l’Ambassadeur du Burundi à l’ONU. Ce diplomate a ouvertement affiché la situation où le gouvernement demande
aux citoyens de contribuer (hausse des TVA) sur des revenues inexistantes ou desséchées par " le système d’impôt sans revenues" appuyé par une forme de mauvaise gouvernance de ces taxes.

Comme dans d’autres pays sortant des guerres sociopolitiques et en quête de stabilité démocratique, le pouvoir devrait s’atteler d’abord sur le respect du droit à l’information et à l’expression (parler pour être entendu) ainsi qu’une large ouverture de l’opinion politiques et participation des sociétés civiles. Le dirigeant devrait promouvoir la transparence et la bonne gouvernance politique dans les actes afin de favoriser la confiance des bailleurs et les citoyens. Cela constituerait un premier pas de s’attaquer à une des dimensions de la pauvreté mais la portée potentielle de ce précepte va bien au-delà de cet aspect car la "participation" au Burundi est figurative et son sens n’est véritablement pas considéré comme un remède aux dysfonctionnements de la démocratie et la gouvernance économique au Burundi. En effet, la capacité et le pouvoir des corps intermédiaires (medias, syndicats, associations etc.) sont considérés comme perturbateurs alors qu’ils devraient contribuer
activement dans l’élaboration, le suivi, le contrôle, l’évaluation et la réorientation des politiques suivant l’optique d’information, de transparence et la recherche de la démocratie et du développement socio-économique.

En plus, si le pouvoir veut réellement lutter contre la pauvreté même en acceptant de perdre la commande s’il le faut, la démarche désignée par les anglo-saxons sous le terme d’empowerment ou processus participatif devrait voir son jour de naissance au Burundi maintenant et pas demain ou
après les échéances électorales de 2015. L’empowerment des acteurs sociaux et la population est sensé donner aux citoyens et au pauvres en particulier, l’opportunité d’influer sur les politiques qui affectent leurs conditions de vie, en permettant de mieux identifier et prendre en compte leurs problèmes et leurs attentes. Ailleurs, ces acteurs sociaux non seulement, le pouvoir les considère mais il participe à leur financement pour une meilleure participation. Si la crainte de perdre le
pouvoir reste le sentiment primordial donnant à des adoptions de la politique du blocage politico socio économiques notamment la résistance aux exigences de bonne gouvernances politique et économique, le résultat du protectionnisme du pouvoir ne changera pas son impopularité et
éventuellement sa chute comme nous le vivons actuellement de part les autres nations du monde à l’occurrence la révolte populaire au Brésil, les désobéissance civiles dans les pays maghrébins etc. Il y aura certainement trop de dommages pour le pays et son redressement coûterait plus cher aux survivants et aux générations futures.

En conclusion, il y a lieu de continuer à exiger au gouvernement de Bujumbura les qualitatifs pour la compréhension et l’application des liens entre gouvernance, démocratie, politique /économique et conditions de vie des populations.




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