Un ancien journaliste aujourd’hui contre la liberté d’expression




Par: Marc Niyonkuru, , vendredi 30 août 2013  à 07 : 50 : 08
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Les journalistes n’auront pas le droit de couvrir les réunions et les manifestations publiques qui n’auront pas été permises par l’administration communale, c’est une proposition d’amendement émanant de l’ancien journaliste Kalenga Rhamadhan membres du CNDD-FDD élu dans la circonscription de la province de Bururi. Sa proposition a été retenue notamment grâce ou plutôt à cause de l’implication du ministre de l’intérieur Edouard Nduwimana.

Selon Kalenga Rhamadhan, cette proposition était essentielle pour accompagner la nouvelle loi sur la presse récemment promulguée par le président de la république malgré les cris des professionnels des médias et de la communauté internationale. Pour lui, la couverture médiatique des écarts de comportements par rapport aux décisions des autorités administratives serait synonyme d’encouragement de la subversion raison pour laquelle cet amendement est salutaire.

Cette position du parlement burundais sonne mal cependant parmi les acteurs de la vie politique de l’opposition burundaise et de la société civile. Gertrude Kazoviyo, le porte parole du Forum pour le Renforcement de la Société Civile et professeur d’université ne passe par quatre chemin pour s’insurger contre cet amendement. Elle dit que le Burundi s’écarte des textes de loi nationaux et internationaux ayant trait à la liberté d’expression. Selon elle, les médias aident plutôt les décideurs politiques à mieux rendre services aux citoyens.

Un amendement pour réduire aux silence les burundais

L’Alliance Démocratique pour le Changement monte aussi au créneau. Le porte parole de cette organisation politique estime que cet amendement vise uniquement à réduire au silence les médias et au premier chef les acteurs politiques de l’opposition. Cet amendement a pour ambition de faire taire toute idée allant dans le sens de la construction d’un débat contradictoire au Burundi, estime encore Fréderic Bamvuginyumvira, le vice président du parti Frodebu.

L’Union Burundaise des Journalistes de sa part se dit étonné. Pour Alexandre Niyungeko, cet amendement roule la déontologie de la presse, élément de base dans l’exercice du métier de journaliste. L’UBJ estime que le journaliste ne crée pas l’information et que son rôle est de parler pour l’intérêt de la population uniquement en mettant en avant le respect de tout un chacun.

Cet amendement vient s’ajouter sur une loi qui ne fait pas objet de consensus entre le pouvoir de Bujumbura et les professionnels des médias. Un procès autour de cette loi se trouve pour le moment au niveau de la cour constitutionnelle. Les journalistes disent qu’ils ne sont pas régis par cette loi qu’ils qualifient de liberticide jusqu’à présent.




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