Muyinga : la colère des musulamans contre un leadership officiel




Par: Désiré Nimubona , lundi 30 septembre 2013  à 11 : 59 : 39
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Les musulmans réunis en assemblée extraordinaire ce dimanche à Muyinga ont sorti un communiqué, demandant la « démission du président de la communauté Islamique du Burundi (COMIBU), Sadiki Kajandi ».

Selon l’un des 535 signataires de ce communiqué Madjadi wa Madjafari, les musulmans de Muyinga accusent la présidence de la COMIBU de ne pas respecter les instances élues par les musulmans eux-mêmes.

Ce groupe qui accuse le leadership de privilégier ses intérêts, accuse le président de la COMIBU Sadiki Kajandi de se baser sur de fosses informations pour prendre des décisions, en se servant surtout de l’un des musulmans de Muyinga.

« Il y a un certain Issa Sembali qui perturbe depuis 1998 la communauté et qui sert les intérêts de Kajandi » annonce Wa Madjafari dans une interview avec la radio Isanganiro ce lundi matin. Selon ce porte-parole, Issa Sembali est perçu comme un informateur de la présidence contestée. Ses informations, continue Madjafari, sont prises en considération sans pour autant interroger les leaders de la COMIBU pourtant élus par les musulmans eux-mêmes.

Au niveau de la représentation de la COMIBU au Burundi, les demandes de la démission du Kajandi ne sont pas fondées.

« Qui sont-ils pour m’obliger à démissionner ? Nous avons pris la décision de remplacer le représentant de la COMIBU à Muyinga par son adjoint et la décision est irrévocable », laisse savoir le président des musulmans burundais réunis au sein de la COMIBU, Sadiki Kajandi dans une interview.

Il explique que le problème date d’il y a quelques mois quand un groupe de musulmans de cette province de Muyinga se sont montrés insubordinnables, en refusant même tout dialogue avec la présidence de la COMIBU.

« Nous avons envoyé le vice président de la COMIBU à Muyinga pour régler les problèmes mais il n’a pas été reçu et on lui a donné le porte-parole pour l’écouter », s’inquiète Kajandi, dénonçant un manque de respect.

Le conflit dans les provinces du nord du Burundi chez les musulmans débute en juillet dernier. Le Représentant de la COMIBU demande aux responsables des mosquées de ne plus délivrer des certificats de mariage aux musulmans qui prennent une seconde, troisième ou quatrième femme. Le motif était de lutter d’abord contre la pression démographique et bannir le concubinage.

Après cette décision, le président de la COMIBU, Saidi Kajandi va alors remplacer son représentant à Muyinga Salum Nayabagabo par son adjoint. La cause était que le leader de la COMIBU à Muyinga ne respectait plus la hiérarchie.

Mais il n’a pas été le seul à être remplacé. Un autre représentant de la COMIBU à Kayanza, a été lui aussi limogé, de même que celui de Kirundo.

Kajandi dit que tous les trois « ne respectaient pas les instances de la COMIBU ».

Ce conflit s’ajoute à un autre conflit de leadership au sein de cette même communauté. Depuis plus de deux ans, deux camps se disputent la tête de la COMIBU. Le premier est celui de Sadiki Kajandi, reconnu officiellement, tandis que l’autre est dirigé par Haruna Nkunduwiga.

En décembre 2011, une lettre dénonçant l’ingérence du ministre de l’intérieur Edouard Nduwimana et Mohamed Rukara, ombudsman burundais dans la gestion de leur confession, avait été envoyé au président de la république par le camp Nkunduwiga. La crise ne faisait que s’aggraver.




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