Le procès de Gatumba : Des cadres de la police dans la ligne de mire de la défense




Par: Désiré Nimubona Richard Nzokizwanimana , mercredi 14 décembre 2011  à 12 : 23 : 25
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A la 6ème audience publique des présumés auteurs des massacres de Gatumba, deux prévenus étaient à la barre ce mardi. Innocent Ngendakuriyo alias Nzarabu, pierre angulaire dans cette affaire, a été entendu pendant quatre heures, assisté par ses deux avocats.

Le ministère public l’accuse d’avoir planifié et exécuté ces massacres ainsi que le pillage des biens dans les boutiques et dans la pharmacie de Gatumba. Chose que Nzarabu a catégoriquement rejetée. Il a précisé qu’il était sur la mission de capturer vivant ou mort Nduwayezu Carmel alias Mukono, une mission qui lui était confiée par les hauts cadres de la police nationale et du Service National de Renseignement, à savoir Gervais Ndirakobuca alias Ndakugarika, Directeur Général- Adjoint de la Police Nationale, Maurice Mbonimpa, Secrétaire permanent au Ministère de la Sécurité Publique et Désiré Uwamahoro, commandant du Groupement Mobile d’Intervention Rapide ainsi que Kazungu du Service National de Renseignement. Nzarabu a précisé que les réunions se tenaient au bureau de Maurice Mbonimpa et au bar FIDODIDO.

Ce prévenu a prouvé cela par le fait qu’au moment de l’attaque, ces cadres se trouvaient sur le lieu du crime au moment de l’attaque et que des coups de feu ont retenti avant que Nzarabu, Mukono et ses combattants n’arrivent à l’endroit convenu alors qu’ils venaient s’approvisionner en médicaments et en vivres. Mukono et ses troupes se sont alors repliés et Nzarabu a rejoint ceux qui l’avaient donné cette mission pour ne pas être lynché par les attaquants pour les avoir engagés dans une embuscade et gagner aussi une somme de six millions de francs burundais qu’on lui avait promise.

Nzarabu a dit être rentré chez lui à bord du véhicule de Désiré Uwamahoro et c’est le lendemain que ces mêmes cadres l’ont appelé pour qu’il puisse incriminer certains hommes politiques comme Rwasa, Manassé et Sinduhije d’avoir commis ces massacres, chose qu’il a rejetée, raison pour laquelle il a été arrêté et emprisonné avant d’être torturé physiquement et moralement, a-t-il dit.

Innocent Ngendakuriyo a dit que ces tortures physiques et morales l’ont poussé à signer des procès verbaux lui imposés par les SNR ou de la police lors de leurs enquêtes. Ses avocats ont demandé une annulation pure et simple des contenus de ces procès verbaux.

Me Scholastique Ndayishimiye souligne que les enquêteurs ont violé l’article 15 de la Convention Internationale contre la Torture que le Burundi a ratifié, et demande que les procès verbaux des enquêtes menées soient multipliés par Zéro pour trouver Zéro.

Nzarabu et ses deux avocats, Maître Fabien Segatwa et maître Scolastique Ndayishimiye ont demandé que ces agents de l’Etat qui ont été cités comparaissent eux aussi pour donner de la lumière sur cette affaire, mais le Ministère Public(MP) a dit n’avoir pas trouvé de preuves à charge suffisantes pour les traduire devant le tribunal.

« Notre client a cité certains agents des SNR et de la PNB, mais curieusement, le MP ne veut pas les convoquer devant la justice », a regretté Me Fabien Segatwa, deuxième avocat de Innocent Ngendakuriyo, qui demande qu’ils soient entendus au moins « à titre informatif pour que la vérité éclate au grand jour ».

La défense ne comprend pas comment certains agents de la documentation ou de la police étaient sur le lieu du carnage alors que tous les axes avaient été bloqués.

Le MP, de son coté, nie toutes les allégations de tortures et ne trouve aucun fondement dans la loi en ce qui est des demandes faites par les avocats de la défense.

Cependant, les avocats d’Innocent Ngendakuriyo se sont montrés inquiets par le fait que certains des tortionnaires faisaient aussi partie de la commission d’enquête.

L’autre prévenu entendu ce mardi est le lieutenant François Niyonkuru, chef de poste à Rukaramu, accusé de collaboration avec les malfaiteurs. Celui-ci n’a pas nié les faits mais a dit être lui aussi sur la mission de l’Etat et que le Général de Brigade Ildéphonse Habonarurema, chargé de renseignement au ministère de la défense nationale et des anciens combattants, était au courant de tous ce qu’il faisait pour capturer Mukono, car, a-t-il dit, il devrait utiliser tous le moyens possibles, comme on le lui avait demandé.




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