La productivité en Afrique de l’Est toujours à la traîne




Par: Agence est-africaine de Presse , vendredi 31 janvier 2014  à 09 : 15 : 30
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Article produit par Ronald Njoroge, Agence est-africaine de Presse

Arusha, 30 Janvier 2014 (EANA)-Tous les pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) font face actuellement au problème d’un taux faible de productivité du travail, disent des experts réunis dans un forum sur la productivité du travail à Nairobi au Kenya.

S’exprimant dans ce forum, le Ministre kényan du travail M. Kazungu Kambi a dit que l’indice de productivité de son pays se situe actuellement à 2,2. Les autres pays de la Communauté connaissent un taux égal ou inférieur à celui-là, a-t-il précisé, regrettant que ceci se compare défavorablement à l’Afrique du Sud et au Japon dont les taux s’élèvent respectivement à 5,5 et 7,5.

M. Kambi a dit que la région a ainsi besoin d’investir sérieusement dans le développement des compétences et des capacités de la main d’œuvre pour améliorer la productivité.
« Ils doivent mettre en application des stratégies qui devront rendre leurs économies autonomes » a-t-il dit, précisant que pour qu’il y ait une forte productivité, il faudrait une utilisation efficace des entrées afin de produire des extrants à faible coût.

Au niveau national, la productivité est mesurée par le Produit Intérieur Brut (PIB) par personne, tandis qu’au niveau d’une société, elle est mesurée par marchandise physique produite par employé.

En 2014, tous les pays membres de la CAE comptent plus de 50 ans d’indépendance, mais font tous face aux mêmes défis de productivité, y compris le fait de s’appuyer sur de pauvres installations industrielles et de technologies.

Ceci rend la région intrinsèquement non compétitive comparativement aux autres régions du monde. La CAE souffre ainsi d’une inondation de marchandises importées à bas prix, en provenance surtout de l’Asie.

Il y a toute fois espoir dans la région, vu que certains pays comme la Tanzanie et l’Ouganda viennent de découvrir d’énormes gisements de pétrole et de gaz. Ils ont ainsi l’opportunité d’améliorer leurs situations de sorte que dans une dizaine d’années, ils puissent émerger comme pays à revenu intermédiaire.

Les experts ont aussi suggéré qu’une main d’œuvre hautement qualifiée est nécessaire pour améliorer la productivité d’un pays.

Ils ont regretté que beaucoup de programmes d’éducation de la région ont été élaborées par les régimes coloniaux et no collent pas avec les réalités économiques du moment. Aussi les gouvernements devraient-ils faire des réformes dans leurs systèmes d’éducation pour qu’une culture de productivité élevée soit inculquée dans la population dès le jeune âge, selon les experts.

Le Kenya, par exepmle, fait face actuellement à une énorme masse salariale du secteur public, et ceci est en train d’avoir un impact sur la productivité du pays. Toutefois, le mouvement syndical du pays s’est opposé à réduire le nombre d’employés sur la liste de paie du gouvernement.

Le trésor public a récemment introduit des mesures d’austérité visant à réduire le gaspillage afin de voir plus de fonds orientés vers les projets de développement. Les projets d’infrastructure comme les réseaux routiers et ferroviaires pourront améliorer le mouvement des biens et des personnes ; et à long terme, ceci pourrait contribuer à accroître la productivité de travail du pays.

Les experts disent que pour qu’un pays améliore sa productivité, il lui faut des secteurs de la recherche et du développement bien élaborés. Malheureusement ces secteurs sont insuffisamment financés dans la Communauté de l’Afrique de l’Est. Il n’est donc pas surprenant de les voir produire des marchandises qui ne sont pas aussi compétitives que leurs concurrents étrangers.

La CAE a donc besoin d’élaborer des indices sur-mesure qui pourront accroître la productivité. Une fois ces indices mises en application, elles pourront offrir des données fiables et cohérentes qui guideront les décideurs politiques dans leur recherche d’améliorer les gains d’efficacité de la région.

La région a été appelée a suivre l’exemple du Japon, qui, il y a une soixantaine d’années, s’est embarquée dans un programme ambitieux de revitaliser son économie, avec une amélioration délibérée de sa productivité de main d’œuvre.

Ce pays a adopté et mis en application des pratiques de gestion avancées en Europe et aux USA, selon M. Takeshi Fujita, responsable de la productivité à l’Agence japonaise de coopération internationale, présent au forum.

Il a dit que le PIB du Japon en 1955 était de 270 dollars américains par tête, mais que, malgré de maigres ressources, il a surpassé 46,000 dollars en 2012.

Selon Fujita, son pays s’est penché sur une stratégie basée sur l’exportation, qui a depuis changé la nation en un pays à haut revenu.

Et de fait, plus la productivité d’une société s’accroît, plus augmente la valeur ajoutée. Ceci en conséquence signifie que la société devient riche, et par extension le pays, résultant en l’accroissement de PIB.

Toutefois, pour atteindre une haute productivité, employeurs et travailleurs doivent coopérer ; aussi la main d’œuvre doit-elle être motivée afin de participer pleinement à l’amélioration des activités de production. La sécurité de l’emploi est normalement assurée dans des sociétés à haut niveau de productivité. Et ceci permettra une distribution équitable des gains entre le consommateur, la main d’œuvre et la société.




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