Uprona : les événements s’accélèrent, Busokoza démis de ses fonctions




Par: Bernard Bankukira , dimanche 2 février 2014  à 09 : 24 : 12
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Le président burundais Pierre Nkurunziza vient de démettre Bernard Busokoza au poste de 1er vice-président, trois mois après son investiture à ce poste.

Dans un décret présidentiel sorti le 1er février 2014, le Président Nkurunziza accuse son 1er vice-président de faillir à sa mission première d’assister le Président de la République.

Cette destitution de Bernard Busokoza intervient après que celui-ci a annulé la décision du ministre de l’intérieur portant Bonaventure Niyoyankana à la tête du parti Uprona au dépens de Charles Nditije, acte perçu par les upronistes comme ingérence dans les affaires de leur parti.

Tout commence le 29 janvier quand Edouard Nduwimana adresse une correspondance à Charles Nditije alors président du Parti Uprona, lui annonçant sa non-reconnaissance à la tête de l’uprona. Le porte-parole du ministère de l’intérieur annonce que le ministère de l’intérieur revient à sa décision et reconnaît plutôt Bonaventure Niyoyankana à la tête du parti de Rwagasore.

Après cette décision, le groupe parlementaire Uprona adresse une correspondance au ministre de l’intérieur dans laquelle il s’inscrit en faux contre la reconnaissance de Bonaventure Niyoyankana par le ministre de l’intérieur.

Ce groupe accuse Edouard Nduwimana d’être l’élément catalyseur dans la crise qui secoue aujourd’hui le parti de Rwagasore, c’est à travers une correspondance adressée au représentant du Secrétaire Général des Nations et aux diplomates accrédités à Bujumbura.

Alors que des tensions arrivent au point culminant au sein de l’Uprona, le premier Vice-président burundais, Hon. Bernard Busokoza, adresse une correspondance au ministre Edouard Nduwimana le 31 janvier, lui annonçant l’annulation de sa décision du 29 janvier de reconnaître Bonaventure à la tête de l’Uprona. Il qualifie cette décision de violation de la constitution et de la loi sur les parti politiques.

Dans cette correspondance, Bernard Busokoza rappelle à son ministre que les parties en conflit au sein du parti Uprona ont décidé de régler leurs différends à l’amiable. « Dans pareilles circonstances, il appartient aux membres de la formation politique concernée de désigner le leadership de leur choix ».

Bernard Busokoza accuse Edouard Nduwimana de s’être ingéré dans les affaires du parti Uprona en désignant les organes conformes aux statuts de ce parti, et ce en violation de l’article 10 alinéa 2 de la loi sur les partis politiques qui « ne reconnaît pas aux pouvoirs publics les prérogatives de désigner le leadership des partis politiques ».

Il accuse également le ministre de l’intérieur de s’être arrogé le pouvoir d’exécuter une décision judiciaire qui n’est pas dans ces prérogatives, ainsi que d’avoir pris une décision tendancieuse et superflue.

Il rappelle également à Edouard Nduwimana que sa décision est contraire au contenu de la feuille de route vers 2015 convenue entre les partis et acteurs politiques qui recommande aux pouvoirs publics d’encourager les formations politiques soucieuses de se réunifier.

Ces accusations formulées par Bernard Busokoza contre son ministre de l’intérieur n’ont pas plu au président de la République, Pierre Nkurunziza. Il accuse son 1er vice-président de « constituer une entrave à la mise en application des décisions judiciaires » en violation du « principe de séparation des pouvoirs consacré par la constitution », comme on peut le lire dans ce décret no 100/25 du 1er février portant destitution du premier Vice-président de la République.

Le président burundais accuse aussi Bernard Busokoza de provoquer un malaise politique et social, une destabilisation des pouvoirs, de mettre en péril l’action gouvernementale et, de surcroit, de vouloir manipuler les forces de l’ordre mises à sa disposition en voulant « provoquer une confrontation entre les forces de l’ordre en position à la permanence nationale du parti Uprona et celles affectées à sa garde » le 30 janvier 2014.

L’Uprona a ses ministres au sein du gouvernement, ses députés au parlement qui ne veulent pas Bonaventure Niyoyankana. Vont-ils quitter ces institutions ? Attendons voir.




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