Uprona : "Edouard Nduwimana devrait démissionner", dit l’opposition




Par: Bernard Bankukira , vendredi 7 février 2014  à 12 : 00 : 46
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Les partis politiques de l’opposition saluent la décision de l’Hon. Bonaventure Niyoyankana qui s’est incliné devant la volonté des membres du parti de Rwagasore, rejetant ainsi la décision du ministre de l’intérieur qui l’avait reconduit à la tête du parti Uprona.

Agathon Rwasa, leader historique du parti Forces Nationales de Libération, dit que le geste de l’Hon. Niyoyankana est une mise en garde à l’endroit de ce qu’il qualifie de « pouvoir divisionniste » que la structure des partis politiques n’est pas l’affaire du pouvoir.

Dans une interview avec la Radio Isanganiro à la suite de ce revers infligé par le parti Uprona contre Edouard Nduwimana, ministre burundais de l’intérieur, Agathon Rwasa interpelle le ministre de l’intérieur et le Président de la République de cesser tout acte visant à anéantir les partis politiques et leurs leaders.

« Le ministre de l’intérieur et le Président devraient considérer toutes les doléances que nous avons formulées et d’accepter qu’ils ont tord de nous traiter injustement en nous divisant et en cherchant à nous anéantir physiquement et politiquement et de répondre positivement aux cris d’alarme que nous leur avons toujours rendus », dit-il.

Agathon Rwasa appelle le Président burundais de reconsidérer la pétition que les militants du parti FNL lui ont adressée et qu’il rétablisse dans leurs droits les dirigeants du parti « dans son intérêt de consolider l’unité des burundais et la préserver », au nom de la paix et la démocratie.

« J’invite tous ceux qui sont de l’obédience FNL qui se trouvent séparés des uns et des autres à cause des intérêts cupides de l’un ou l’autre et à cause des intérêts sectaires de ceux qui ont tendance à diviser les partis politiques de comprendre que nul ne peut réussir dans cette politique », poursuit-il.

Celui qui se réclame toujours président du FNL, et qui garde toujours la confiance de la part des membres du parti de Gahutu Rémy, demande au gouvernement burundais de cesser les manœuvres d’interférence au partis politiques, de respecter les lois et les droits civiles et politiques des citoyens pour enfin réussir la démocratie. Agathon Rwasa dit que cela fera du Burundi un pays digne de son nom « et nom un pays qui deviendrait la rusée de tout le monde à cause des manœuvres politiciennes des dirigeants qui mettraient en exergue que le jeu démocratique reste incompris de la part des dirigeants ».

De sa part, le parti Frodebu souligne que le pouvoir en place devrait comprendre qu’il y a des moments par lesquels le Burundi a passé et qui ne peuvent plus être d’actualité aujourd’hui.
« Le ministre de l’intérieur et le chef de l’Etat devraient mettre un terme aux divisions des partis politiques », dit Léonce Ngendakumana, président du Frodebu et président en exercice de l’ADC-Ikibiri, ajoutant que ça ne vaut plus la peine que le président burundais continue à s’accrocher à son ministre de l’intérieur. Selon lui, les actes posés par Edouard Nduwimana ne sont que de nature à déstabiliser le gouvernement et les institutions de l’Etat.

Même son de cloche à Chauvineau Mugwengezo, président de l’Union pour le Progrès et le Développement, UPD-Zigamibanga, non reconnu par le ministre de l’intérieur. Il félicite l’Hon. Niyoyankana pour le « courage qu’il vient de montrer » en disant ‘non’ à la volonté d’Edouard Nduwimana.

Chauvineau Mugwengezo demande plutôt au ministre de l’intérieur de démissionner.

« Le ministre de l’intérieur devrait démissionner de lui-même. A défaut, le président doit prendre une décision, sinon on déduira que c’est lui qui est à la base de la destabilisation des partis politique, qui torpille le processus démocratique au Burundi. Il faut qu’il destitue le ministre de l’intérieur de ses fonctions pour ne pas continuer à être un véritable frein à la considération de la communauté internationale », indique M. Mugwengezo.

Ces partis politiques de l’opposition sont rejoints par la société civile qui appelle, elle aussi, le président burundais à destituer le ministre de l’intérieur. Dans une interview avec la Radio Isanganiro ce vendredi matin en réaction à la décision de l’Hon. Niyoyankana, Vital Nshimirimana, Délégué Général du FORSC, invite le président Nkurunziza de constater qu’Edouard Nduwimana n’est qu’un élément qui cherche à saboter la paix et la sécurité pour enfin "le démettre de ses fonctions parce que la crise actuelle que vit le pays est une crise sans précédent provoquée de l’intérieur du gouvernement".

Comme rappel, le ministre Edouard Nduwimana avait désavoué l’Hon. Charles Nditije à la tête de l’Uprona, c’était le 29 janvier 2014, pour reconduire l’Hon. Niyoyankana, acte qui aura provoqué des réactions virulentes de la part, non seulement des membres de ce parti, mais aussi des partis de l’opposition qui l’ont toujours accusé d’être le destructeur des partis politiques.




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