Burundi : Une banque accusée de « spolier les commerçants »




Par: Désiré Nimubona , mercredi 12 février 2014  à 16 : 10 : 15
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Le syndicat des commerçants pointe du doigt la Banque du Commerce du Burundi (Bancobu) dans ce qu’il qualifie de politique de « spoliation des biens par la Bancobu ».

Se servant de l’exemple récemment annoncé dans la province de Muramvya (centre du Burundi), Martin Sindaruhuka, Vice Président du Syndicat Général des Commerçants (Sygeco), dit qu’un certain Philippe Makungu a perdu sa maison à Muramvya alors qu’il a avait déjà terminé à rembourser son crédit, bien qu’il avait commis un retard.

« Actuellement, la banque garde et l’argent et la maison, tandis que son propriétaire vient de passer plusuers jours dans la prison de Muramvya sur la même affaire », a déclaré Sindaruhuka.

Alors que le Code Foncier interdit, surtout en son article 156, aux banques de vendre directement des hypothèques, et surtout de ne pas les acheter elles-mêmes, le Sygeco accuse la Bancobu d’avoir acheté elle-même la maison, en violation de cet article du Code Foncier.

Selon Sindaruhuka, citant le propriétaire malheureux, « la Bancobu avait évalué la maison de Makungu à 48 millions avant que son propriétaire ne reçoive un crédit de 4 millions de FBu ».

« Mais la grande surprise est que cette même maison a été confisquée par la Bancobu » vendue par la Bancobu et « achetée par la Bancobu à un prix de 3 millions », donc à un prix inférieur à sa valeur réelle ; a martelé le Vice Président du Sygeco.

Les syndicalistes trouvent que le Titre Foncier, la Banque de la République du Burundi et même certaines banques ferment les oreilles face aux lois pourtant claires.

La banque a perçu, selon le Sygeco, un bénéfice de plus de 20% après capitalisation des intérêts de retard, ce qui, selon le syndicat, montre que les « lois dans ce domaine ne sont pas respectées ».

Cependant, les lacunes au niveau des lois ne manquent pas selon le Sygeco. Martin Sindaruhuka donne l’exemple de l’arrêté royal de 1922 (toujours en vigueur en 2014) qui ne donne pas le droit aux plaignants en la matière de faire appel en cas de non satisfaction.

« Nous avons saisi la Cour Constitutionnelle pour que celle-ci montre que cette disposition est contraire à la Constitution de la République. Nous pouvons comparaitre n’importe quel moment pour entendre sa décision », a expliqué le vice président du Sygeco.

Le Sygeco estime que les banques devraient être honnêtes dans leurs activités commerciales. Avec un capital social d’environs 10 milliards, le Sygeco s’étonne comment une banque peut réaliser un bénéfice de 50% dans une année.

Selon cette organisation, cela est l’une des preuves que les commerçants ou les contractants des crédits chez les banques burundaises font face à des situations injustices sans même une intervention de l’Etat, a conclu Sindaruhuka.

Contacté pour répondre à ces accusations des syndicalistes, l’Administrateur Directeur Général ne répondait pas au téléphone.

Depuis un certains temps, les relations entre les banques et les commerçants sont tendues. Les commerçants, via leur syndicat accusent les banques de s’enrichir en vendant les hypothèques d’une façon précipitées. Les banques à leur tour accusent les commerçants de créer des motifs non fondés pour ne pas payer les crédits contractés.

A coté de ce bras de fer entre les deux camps, le taux d’accès aux crédits au Burundi reste parmi les plus bas de la région, selon le rapport de l’inclusion financière publiée, il y a à peine une année.




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