Taxe illégale sur le café cerise à Muyinga, un lourd fardeau aux caféiculteurs




Par: Dieudonné Nzeyimana , jeudi 17 avril 2014  à 10 : 47 : 49
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Six Francs Bu de taxe communale par kilo de café cerise, deux cents vingt mille Fra Bu, montant forfaitaire pour autorisation de participation à la campagne café et contribution au développement communal, voilà les exigences auxquelles doit se conformer tout acheteur de ce café dans les communes Buhinyuza et Mwakiro de la province Muyinga. Le fardeau pèse sur les caféiculteurs, vendant malgré eux leur production pour avoir de l’argent, certains kilos ne sont pas payés par les commerçants récupérant le manque à gagner.

Aux marchés de Jarama en Commune Buhinyuza, Rugabano en Commune Mwakiro, les commerçants acheteurs du café cerise s’indignent des taxes non réglementaires perçues par les administratifs dans ces communes.

La campagne café 2013 /2014 bat son plein, pour participer il faut se plier à des règles édictées par la commune. L’autorisation d’achat du café cerise est conditionnée par le paiement de 20.000 Fra BU et 200.000Fra BU de contribution au développement communal.

A coté de ces montants forfaitaires, 6 Fra /Kg de café cerise est une taxe communale payée avant de transporter ce produit de rente en dehors de ces communes.

« Nous travaillons à perte, 60000 Fra Bu par camion de type Fuso payés cash aux percepteurs communaux sont difficilement récupérables », indique Déo Minani, un commerçant de Rugabano, une cinquantaine de quittance déjà payées dans les mains.

Pour ces commerçants, cette taxe n’est pas prévue par la loi, d’ailleurs précisent-ils, cet argent est uniquement perçu dans les seules communes de Mwakiro et Buhinyuza. Pire les camions pleins de café sont fréquemment saisis par la police sous prétexte de vérifier le paiement de cette taxe, la qualité du café est mise en mal.

Il faut au plus six heures avant que le café cerise soit à l’usine de dépulpage pour préserver sa qualité. Immobiliser un véhicule transportant ce café occasionne les pertes pour les commerçants et le Burundi.

Les devises dont le pays a tellement besoin proviennent en partie de l’exportation de cette plante industrielle .Toutes les conditions sont ainsi acceptées par les commerçants, certains d’entre eux abusent de la non vigilance des caféiculteurs pour récupérer leur argent, « on triche sur la balance, au lieu de mentionner 50 kg, on paie pour 45 seulement » nous a révélé un commerçant à Rugabano.

En besoin urgent d’argent en cette période de soudure, les caféiculteurs acceptent de vendre à perte

Depuis le mois d’avril, des caféiculteurs vendent massivement leur café. Ils savent que certains commerçants trichent sur les balances mais ils n’en peuvent rien.

Face à l’indigence qui sévit dans les ménages surtout en cette période de soudure, vaut mieux vendre à bas prix plutôt que de mourir de faim. C’est du NTUNSONZANE (ne pas avoir de faim). S’ils vendent ce café sur les stations de lavage et de dépulpage, ils auront la totalité de leur argent en Août, option juste mais dure à supporter pour les familles très pauvres.

Gérard Mburumbonye, administrateur de la commune Mwakiro, signale que la taxe en question a été décidée par le Conseil Communal, en concertation avec le Gouverneur de la Province Muyinga. Une décision consensuelle sera prise en vue de satisfaire aux revendications des commerçants, promet-il.




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