Les Burundais se rappellent des morts de 1972




Par: Désiré Nimubona , mercredi 30 avril 2014  à 11 : 40 : 03
a

Au moins 500 fosses communes contenant des victimes des crises qu’a connues le Burundi ont été identifiées par l’Association pour la Mémoire et la Protection de l’Humanité contre les Crimes Internationaux (AMEPCI-Girubuntu) dont la majorité est celles des victimes des massacres de 1972.

Selon son président Aloys Batungwanayo, dans une conférence de presse de ce mercredi en l’occasion de la commémoration des massacres de 1972 , les victimes des massacres « ont été jetées dans des fosses communes. On n’enterre pas normalement dans des fosses communes ».

Cette association qui s’attend à l’avènement de la Commission Vérité et Réconciliation purement neutre, exige l’enterrement digne de nom des citoyens dont le nombre est inconnu, jetés dans des fosses communes.

Rappelant que chaque mort a droit à la sépulture le président de l’AMEPCI s’est demandé pourquoi le Gouvernement est silencieux face à ces « fosses communes qui contiennent des citoyens paisibles victimes de la barbarie humaine ».

Revenant sur les massacres de 1972 (dont la commémoration a été lancée le 29 avril), l’AMEPCI les qualifie comme « un crime d’Etat », dont le nombre de victime reste jusqu’ici inconnu.

« Les preuves sont là. Mais on ne peut pas se limiter seulement aux accusations. C’est petit » a suggéré Père Désiré Yamuremye, membre aussi de cette organisation de la Société Civile.

Selon lui, que chacun dépasse ce stade de porter des accusations contre les autres mais commence à chercher la vérité et non ces rumeurs sur « qui a commencé en 1972 ? ».

Maitre Gabriel Sinarinzi Bâtonnier ai de l’ordre des Avocat de Bujumbura s’est demandé si la date du 29 avril coïncide réellement avec le début de ce qu’il appelle « massacres des hutus » ou le début de ce qu’il qualifie de « génocide contre les tutsis » surtout au sud du Burundi.

En plus le Bâtonnier a donné la liste des gens, dont un certain Mpasha Celius, présumé leader de la rébellion muleliste (du nom de Pierre Mulele, rebelle congolais) accusé d’avoir lancé des attaques contre les civils tutsi du sud du Burundi.

Mais selon Père Désiré Yamuremye, « ce n’est pas parce qu’un groupe de gens ait attaqué que le Gouvernement se cherche des victimes dans les citoyens ».

Par ailleurs « il revient au Gouvernement de protéger sa population sans exception aucune » des agressions rebelles, ce que le Gouvernement d’alors n’a pas fait, ajoutant aussi que les discours de haine ont été émis par la Radio Nationale (Voix de la Révolution de l’époque) sur ordre du Gouvernement.

Quant à la date du 29 avril, l’AMEPCI trouve qu’elle « coïncide réellement avec le début des massacres car le commandant Martin Ndayahoze (hutu) a été tué le même jour et bien d’autres burundais » au sud du pays, des tutsi cette fois-ci.

Mais il déplore que les gens sentent de la sympathie pour un groupe de gens et gardent sang froid pour une autre catégorie.

« Quand un tutsi est mort il faut en pleurer et faire de même quand il s’agit d’un hutu » selon Batungwanayo, qui ajoute que seul « aller au-delà des sentiments ethnistes pourra faire connaitre la vérité » dans un pays où la culture du mensonge se repend avec une allure inquiétante.

« Culture du mensonge », c’est aussi le regret d’un diplomate présent dans cette conférence, qui explique que la société burundaise a essayé de rependre de génération en génération de fausses informations sur son histoire, consistant à désinformer l’opinion sur ce qui s’est réellement passé.

Deux témoins importants toujours en vie

Deux grands témoins, selon cette organisation qui défend les victimes des crimes commis au Burundi sont toujours vivants, bien que leur âge soit avancé.

Il s’agit, selon l’AMEPCI-Girubuntu, de Celius Mpasha, leader présumé de la rébellion qui a attaqué le sud, tuant des tutsis à Vugizo et Rumonge, respectivement dans les provinces de Makamba et Bururi. Un autre témoin c’est le Pasteur Arthémon Simbananiye, Ministre des Relations Extérieurs d’alors devenu Ministre d’Etat la nuit du déclenchement des massacres.

« Il faut faire vite parce que Mpasha Celius est encore en vie et a promis de parler » a souligné Père Yamuremye, ajoutant que ce dernier a déjà livré ces premières informations depuis sa résidence actuelle en Tanzanie.

Mais le problème, selon cette association, c’est que le Pasteur Arthémon Simbananiye, accusé d’avoir élaboré un plan qui portait son nom (Plan Simbananiye pour éliminer l’élite Hutue) refuse toujours de donner sa version des faits, arguant qu’il est « un pasteur » donc non autorisé à se mêler des discussions mondaines.

Des centaines de témoins au Congo

Selon l’un des participants, les massacres de 1972 portent aussi un caché régional, arguant que même le président Congolais (Zaïrois de l’époque) Mobutu Sese Seko est intervenu pour le compte du Gouvernement Burundais.

Selon ce participant qui a livré cette information à la presse sous couvert d’anonymat, le Congo en connait quelques choses.

« Il suffit d’entrer en contact avec les anciens soldats qui sont intervenu, la diplomatie congolaise et même la présidence car la décision d’intervenir du coté de Micombero était une décision de la présidence zaïroise » continue notre source. Ces gens ont vue beaucoup de choses et ils peuvent témoigner et donner, d’une façon plus ou moins neutre, leurs versions des faits, du moins ce qu’ils ont vue (ou fait) continue t-il.

Pour rappel, une attaque a eu lieu dans le sud du Burundi la nuit du 29 avril 1972. En même temps, des assassinats sont signalés à Bujumbura surtout dans les rangs de l’armée, de la gendarmerie, plus tard dans les écoles, selon des témoignages variés.

Le 1er Mai 1972 la rébellion va déclarer la République de Martyazo avec comme président Antoine Serukwavu, selon certaines informations, une république sécessionniste située dans les montagnes de la commune Vugizo (province actuelle de Makamba) et qui n’a duré qu’une seule semaine.

Jean Pierre Chrétien, auteur Français (qui a cité un prélat catholique Hutu Léopold Mvukiye originaire de cette région) dit que dans cette « république » « de Martyazo ils (les rebelles, Ndrl) ont aussi entrepris de rassembler les Hutu de la région pour organiser les « tribunaux populaires » pour juger les tutsis saisis dans les bananerais. Cela a duré une semaine, des tutsis ont été tués d’autre épargnés ou cachés par des Hutus qui n’adhéraient pas au mouvement ».

Le drapeau de la « république éphémère de Martyazo » selon Chrétien avait une couleur verte barrée en diagonale par une autre couleur rouge. Elle se rapprochait à celui de la Tanzanie. « Hasard ? » se demande JP Chrétien, qui dit que ce mouvement venait de l’autre coté de la Malagarazi.

Quelques temps après, « la répression » du Gouvernement Micombero se rependra dans les autres provinces du pays, à commencer par les écoles secondaires, les services de l’Etat comme l’armée la gendarmerie, les ministères, visant essentiellement certains intellectuels hutu, selon les archives de Radio Canada.

Le livre Blanc du Gouvernement de l’époque, va annoncer, dans la deuxième semaine de Juin 1972 un effectif de 80.000 victimes de ces massacres qui, jusqu’ici ne sont pas encore qualifiées par les institutions compétentes.




Twitter cet article// Partagez cet article sur Facebook

2544 ont visité l'article



Votre réaction sur l'article/émission/brève..

Par weah mzalendo   ce  mercredi 30 avril 2014   à 17 : 14 : 13

S’agit -il des guerres civiles, violences ethniques ou rivalités dans le contrôle du pouvoir ? Y-a-il une catégorie opprimée ou dominante pour enclancher ces violences et tueries ? Pourquoi cette stupidité de mettre un groupe social dans le même sac ? Pourquoi vouloir effacer dans l’impossible un groupe social à cause d’un poignet de personnes qui agit par le biais de ce groupe ?
Autant de questions qu’on peut se poser et que ces 2 personalités de Celius Mpasha et Arthémon Simbananiye ne pourront pas élucider tant que le pouvoir ne s’aligne pas dans un objectif de mettre fin à ces pratiques. Nous remarquons plutôt que ces tueries et la haine "ethnique" se modernisent tantôt en se coiffant de démocratie ou en chantant des groupes de maintien de la paix en dehors des forces reconnues par le peuple. Juste pour vous donner quelques exemples sans trop rentrer en détails.
Ce qui est connus de cette histoire triste du Burundi est la succession des "régimes ou de bandes" au sommet du pays qui cherchent à se garder débout pour piller et veut entendre tout le monde acclamer ces exploits.Ces régimes ou bandes s’autoproclamment soit par des coups de forces ou par des mascarades électoraux et les discours ne les qualifient que des héros. Les urnes ne sont que pour ce groupe et tout est permis pour le légitimer. Les partis aspirants se voient changer en "Nyakuri" voire même confisqués par des nominations des dirigeants car eux-aussi voudront faire comme les autres.Voilà le cycle continuent depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui en passant par les tragédies de 1972. Comment voulez-vous que le peuple enterre cette hache de la violence alors que c’est la seule voie d’aspirer et de se maintenir au pouvoir au Burundi ? Mème le CVR est détourné pour se protéger des crimes afin de se garder toujours débout et protéger les bourreaux contre la punition de ce peuple meurtri. La preuve est qu’il n’y a pas de bourreaux dans toutes ces massacres depuis 1972 mais seulement des victimes entassés dans ces fausses communes et on se demande comment l’on peut qualifier ce phénomène. La route est longue pour la vérité, justice afin d’aboutir finalement à une cohabitation pacifique des burundais.



Par Vyankamvuga Silas   ce  mercredi 30 avril 2014   à 17 : 51 : 42

Les Burundais se rappellent des morts de 1972 .

Birazwi cane ko abatutsi ari abambere mu kurementanya no mu kudendereza , bama bapanze inyendamuvano yo gutanguza urwimo bagaca bavyegeka ku bahutu ngo nibo batanguye vyose ngo nibo bakweze urwimo . Nta mututsi rero azopfa yaravugishije ukuri ngo yemange ko abatutsi bamwe bamwe aribo bari kwisonga ry’amakuba yagiye arashikira Uburundi n’abarundi na cane cane abahutu bahahoneye .
None tuvuze akarorero keruye , ko twumvise muri 1993 hariho abatutsi bapanze kugarariza ubutegetsi bakabicisha ku basirikare mu kugandagura Président Ndadaye Melchior n’abafasha biwe , hari na rimwe murumva bavyemanga ?
Bazoteba babibazwa hoho ? Sindabizi !



Par weah mzalendo   ce  mercredi 30 avril 2014   à 19 : 13 : 39

Twibaza ko Vyankanvuga Silas yobona neza ko iyo abantu barwanye haba hari ico bapfuye. N’ubu uwuyobotse ubutegetsi agaba "ganza sabwa" ntaco aba kuko ni igikoresho canke aniganywe ijambo. N’ahandi rero ni uko vyagenze hari uwushikira ubutegetsi akabona hari abandi ryagiye i mutwe hanyuma akarondera kubukingira wa "mwansi" kumbure nawe nawenyene arabushaka. Nezerejwe n’uko uvuze ko ari abatutsi bamwe bamwe kuko ibi vyo gushira mu kivunga ubwoko nivyo bitagira nvura kuko hari ba nyarucari babihorwa batazi n’ibiba. Mbere hari n’izindi ndyane zari zifatiye ku ntara mbere no ku miryango.
Uretse rero ko twese tuzi ko bifatiye cane cane kurondera ubutegetsi hamwe no kubukingira nk’uko biriho n’ubu, ni ngombwa hazokwame indyane mugabo tukibaza ko ubu zozova ku moko zikaja mu migambwe kuko uwushikiye ubutegetsi naho aba ari umusuma acinyiza abanyagihugu yiyita ko atawuramushikira mugutwara neza. Mugabo ku rubuga turabona aho uburundi bugeze mugenzi. Ejo rero tuzobona amahoro meza nitwamenya ukuri kw’izo ndyane zahekuye igihugu n’abaco hanyuma kandi tukabona ko amoko ataco arushanije i Burundi hakaba ihiganwa ryo gutwara igihugu neza kandi uwariwe wese agashobora kwitoza kandi afise imigambi itomoye agatorwa. Ahandi ni kubisikanya mu ndyane wangu. Ba Nyarucari tukamana intekera ku mutwe tutazi iyo tuja mugihe udatsinzwe ho. Ejo amoko yose ashobora gutwarira bose atawandya wangura ninaho Arusha izoba irangiye burundu. Uru nirwo rupimo ndaguhaye ariko gushikayo nivyo bitaboneka muri iki gihe naho buca bugacana ayandi.



Par Citoyen   ce  mercredi 30 avril 2014   à 21 : 22 : 12

Mr le journaliste, appelle le chat par son nom : ce ne sont pas les massacres mais un GENOCIDE DES HUTU DE 1972.



Par Pat   ce  dimanche 4 mai 2014   à 22 : 47 : 07

@ Citoyen,
Pourqoui pas le genocide des tutsis ?



modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Ecrire un message à l'auteur de cet article

Envoyer un message



Dans la même rubrique
a

Abamenyeshamakuru ba Radio Isanganiro bibuka ukwezi guheze iradiyo yabo ituriwe



a

Un mois après : les journalistes se souviennent de la destruction dIsanganiro



a

Radio Isanganiro démolie : ce n’est pas une fermeture mais une démolition



a

Les putschistes annoncent leur échec



a

La CENI va vers des difficultés financières



a

Deuxième semaine : Les manifestations regagnent l’intérieur du Burundi



a

CNDD-FDD : Une candidature de mauvais augure



a

Campagne mardi noir par l’UB empêchée aux environs du pont Muha



a

Des refugiés burundais au Rwanda et en Ouganda



a

Autre probable cause de la parlaysie des activités à l’A.N





Les plus populaires
L’ Accord d’Arusha est la genèse de la paix, dixit les confessions religieuses ,(popularité : 8 %)

Le FNL d’Emmanuel Miburo réclame des postes octroyés par le scrutin,(popularité : 7 %)

Un mois après : les journalistes se souviennent de la destruction dIsanganiro,(popularité : 6 %)

Dix sept hauts cadres du Cndd-fdd signent contre le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza,(popularité : 6 %)

Les Burundais se rappellent des morts de 1972,(popularité : 6 %)

Le 3ème mandat : sa vie en danger, analyse du SNR ,(popularité : 6 %)

La sécurité à Cibitoke restaurée,(popularité : 6 %)

Pierre Nkurunziza sera désormais « commandant du soldat de la Paix »,(popularité : 6 %)

Burundi : Le Gouvernement fâché contre le rapport d’Amnesty Internationale ,(popularité : 6 %)

Agathon Rwasa évincé à la tête des FNLs,(popularité : 5 %)