Cultures vivrières : Un défi pour le Burundi




Par: Aubin Niyonkuru , vendredi 16 mai 2014  à 07 : 40 : 05
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Le Ministère de l’agriculture reconnaît que la production ne sera pas bonne pour la saison culturale B 2014 en ce qui est des cultures vivrières comme le haricot, selon le secrétaire permanent au sein dudit Ministère.

Sur terrain, l’inquiétude est plutôt grandissante du côté de la population qui craint à l’insécurité alimentaire du moment que la saison sèche s’annonce déjà.

Pour comprendre le fondement de toutes ces inquiétudes, il suffit de s’enquérir de la situation qui prévaut dans certaines provinces qui jadis étaient considérées comme spécialisées dans la culture de telle ou de telle denrée.

La province de Bujumbura était bien connue pour sa bonne production de la banane verte, aujourd’hui les choses ont changé selon certains agriculteurs et administratifs locaux de la commune Isale dans la zone Kibuye qui était considérée comme le grenier de cette culture : « La production de la banane verte diminue au fur des années », ont-ils déclaré à notre reporter.

Certaines variétés de la culture de banane comme celle dit « igisahira » (banane de cuisine) sont même en voie de disparition à cause des maladies qui les attaquent selon ces agriculteurs. Ils disent aussi qu’aujourd’hui un régime de banane peut coûter jusqu’à 6500frs alors qu’il pouvait s’acheter à moins de 4000 frs, il y a quelques temps.

La grande région de la plaine de l’Imbo, plus précisément la province de Bubanza, était réputée pour sa production du riz. Ici aussi les riziculteurs ne s’attendent pas à la même production que celle d’avant. Ils estiment que la production va baisser cette année suite à l’insuffisance d’eau et aux différentes maladies ayant attaquées cette culture comme ils l’ont expliqué à notre correspondant dans la région.

Ces riziculteurs comptaient récolter cette année 24 mille tonnes de riz ; mais les différents encadreurs agricoles disent que la production risque de baisser à cause du soleil accablant qui est à l’origine de la diminution d’eau dans les canaux d’irrigation, avis partagé avec le directeur général de la société régionale de développement de la plaine de l’IMBO.

La province de Kirundo était autrefois surnommée « grenier du pays ». Cette appellation ne tient plus selon certains car la surproduction de certaines denrées comme le haricot ne se parle plus il y a quelques années.

L’un des cultivateurs qu’a rencontré notre reporter en commune Bugabira précise que la récolte a été trop faible pour la précédente saison culturale. Aussi ne s’attendent-ils pas au changement pour la saison culturale B à cause du soleil accablant qui a ravagé leurs cultures.

« Cette année on n’avait pas cultivé le sorgho pour nous concentrer sur le maïs et le haricot, pire encore le manioc qu’on avait cultivé pendant la saison culturale A a été attaqué par une maladie, pour le moment nous ne savons pas sur quel saint se vouer », a déploré un des agriculteurs de Bugabira.

Le gouverneur de cette province Révérien Nzigamasabo indique que des stratégies avaient été mises en place pour lutter contre la famine cyclique dans cette région de Bugesera ; mais que certaines localités sont aujourd’hui encore menacées de famine.

« Nous avons des problèmes dans 3 communes oὑ les récoltes sont trop faibles, il s’agit des communes de Kirundo,Busoni et Bugabira. Ces régions n’ont pas eu de pluie depuis la saison culturale A », a souligné le gouverneur de Kirundo.

Le Ministère de l’agriculture reconnait qu’il y a des cultures très sensibles aux changements climatiques, et aux variations des précipitations, toutefois d’autres résistent un peu. « C’est une situation surtout difficile pour le haricot que pour les autres cultures », affirmation du secrétaire permanent à ce Ministère.

Joseph Nduwimana explique la faible production à laquelle s’attendent les cultivateurs comme des situations imprévisibles dues aux changements climatiques.

Il fait savoir que face à ce problème de changement climatique il y a quelques mesures envisageables et envisagées. « C’est notamment l’augmentation des marais exploitables et c’est pourquoi nous nous focalisons sur un bon aménagement des marais », a-t-il souligné.

Joseph Nduwimana dit aussi que les études sont en cours pour voir s’il y a moyen de faire l’irrigation collinaire et les retenues collinaires des précipitations qui pourraient aider à mettre en exploitation certaines superficies sur les collines, et cela permettra d’éviter le risque d’ensoleillement éventuel.




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