Massacre à l’Université du Burundi : Gaston Hakiza, Recteur, témoin et lobbyiste




Par: Désiré Nimubona , mercredi 11 juin 2014  à 19 : 53 : 52
a

Le Recteur de l’Université du Burundi Gaston Hakiza a promis aux membres de l’Association des Défenseurs des Rescapés des massacres de l’Université du Burundi d’intercéder au près des autorités du pays pour construire un monument en mémoire des étudiants d’ethnie hutue tués dans cette même université le 11 juin 1995.

Gaston Hakiza se considère d’ailleurs comme témoin de ces massacres, qu’il qualifie déjà de « crime contre l’humanité ».

« J’étais déjà enseignant ici. J’ai vu des pleures des étudiants et des pelures des parents » le lendemain de ces massacres qui visaient uniquement des étudiants de l’ethnie Hutu.

Recteur de l’Université du Burundi Gaston Hakiza a aussi promis d’intercéder auprès des autorités burundaises pour que la date du 11 juin soit une date commémorative et fériée au sein même de cette université nationale.

Le Recteur de l’Université du Burundi a tout de même salué « le courage exceptionnel des étudiants qui n’ont jamais cherché à se venger », les exhortant de vivre ensemble pacifiquement même dans les jours qui viennent.

Au niveau de l’Association des Défense contre les Crimes internationaux Amepeci-Girubuntu, la mémoire est un devoir surtout dans ces moments où le pays se s’approche pas à pas à la mise en place de la Commission Vérité et Réconciliation.

« Nous ne voulons pas nous venger, mais nous voulons des enquêtes sur ce qui s’est passé dans cette nuit du 11 juin (Ndlr, 1995) à cette université. Ces étudiants innocents ont été tués par certains de leurs camarades, alors qu’ils étaient venu pour étudier », a déclaré le président de l’Amepeci-Girubuntu, Aloys Batungwanayo.

Selon lui, les familles des victimes n’ont même pas eu droit à un deuil.

« On nous a même empêché de pleurer », adit Batungwanayo, donnant ainsi l’occasion aux rescapés et familles des victimes le temps de pleurer aujourd’hui par ce que c’est possible.

« Quand on pleure, l’âme se détend », a-t-il estimé,

Des témoignages

Les commémorations se sont déroulées à l’Université du Burundi, au campus Mutanga.

Sous un soleil de plomb (voir procession sur cette photo), les étudiants, rescapés, les parents des victimes, les représentants du Gouvernement et les autres membres des organisations de la société civile à l’instar du Focode, étaient au rendez-vous.

Niyongabo Pascal, enseignant au secondaire a été torturé à mort avant d’être sauvé par le hasard.

Il a vu des gens qui tuent, qui lancent des grenades dans les chambres des étudiants, qui égorgent les uns et qui ont même enlevé les autres.

Selon lui, ce qui s’est passé dépasse l’entendement, et ces massacres ont même des ramifications avec l’assassinat de Ndadaye Melchior, premier président démocratiquement élu en 1993.

Depuis cet assassinat, des réunions pour préparer ces massacres se sont succédé au campus Mutanga ou à l’extérieur de celui-ci.

Tout en se gardant d’accuser les uns et les autres non pas parce qu’il ne les connait pas, mais parce que ce n’est pas le moment, il annonce que le jour des massacres, les étudiants visés n’ont pas eu l’accès au téléphone qui était pourtant ouvert à tous pour appeler au secours.

Un camion de l’armée était au rendez-vous pour prendre des cadavres des étudiants tués et jetés dans des endroits inconnus.

Au total, 35 noms sont déjà connu, mais l’effectif des tués est de loin supérieur, estime t-il.

« La cabine de téléphone avait été occupé par des soldats qui étaient sur place » déplore ce rescapé qui dit avoir eu des coups de matraque et de bâillonnâtes sur son corps de la part des ses anciens camarades d’école.

Evariste Ndayishimiye, est un autre rescapé, il déplore que « les filles avaient été enlevées vivantes avaient été violées dans des endroits inconnus avant d’être tuées ».

Tout en insistant sur la cohésion sociale au sein de l’Université du Burundi, ce haut gradé de l’armée burundaise, dit avoir commencé à s’entretenir avec certains des bourreaux qui, selon lui, se montrent actuellement mal à l’aise par cet acte posé, il y a 19 ans.

L’année passé, la direction de l’Université du Burundi avait interdit à la dernière minute, les cérémonies marquant le 18ème anniversaire des massacres des étudiants à l’université du Burundi.
Le recteur Gaston Hakiza avait déploré que la date ait coïncidé avec le jour des travaux à l’université du Burundi.

Fâchés par ce geste, les membres de l’Amepeci-Girubuntu avait promis plutôt d’intensifier les travaux du genre, soulignant que le report des cérémonies était sans signification car, « même les tueurs n’avaient pas reporté leurs actes ».

Aujourd’hui Gaston Hakiza, au nom de l’université du Burundi a même déposé une gerbe de fleurs avec le président de l’Amepeci-Girubuntu.




Twitter cet article// Partagez cet article sur Facebook

1199 ont visité l'article



Votre réaction sur l'article/émission/brève..

Par Man   ce  mercredi 11 juin 2014   à 20 : 33 : 01

Ce qui s’est passé au Burundi nécessite une vérité.Cette comémoration est la seule qui parle des hutu tués pendant la crise par l’armé en compagnie des jeunes tutsi.Mais il faut aussi parler des hutu tués au marché de kivyuka à Bubanza,à Gitega dans les lycées et Commune Itaba,...



Par   ce  mercredi 11 juin 2014   à 22 : 41 : 00

Quand je me rappelle de nos chers amis disparus dans ces massacres à l’université du Burundi je pleure !j’ai peur que les auteurs de cet acte ignoble ne seront pas punis grace cette commission(vérité-reconciliation au lieu de:vérité-justice-reconciliation).ce mot<>devrait être le pilier de tout par conséquent on l’a ignolé !



Par Coldman'Zi   ce  mercredi 11 juin 2014   à 23 : 48 : 52

Umugani wa ca civugo c’ISANGANIRO, "ukuri guherera mu kuyaga"- n’uko mbona, n’imiburiburi, abiciwe benshi bohozwa abasigaye bakanyeguruka hama bakasezerana n’ubwo bubisha bubishe bwo kwica. Bisubiye, ni uburyo kandi bwo kuvunir’akagohe/gukebura benewacu na bashikibacu kuvavanura n’ingeso yo kwica canke gutukisha u Burundi mu makungu bishimikij’ikinyoma.



Par bugingo joseph   ce  jeudi 12 juin 2014   à 16 : 58 : 57

ni vyiza za muribuka muze murikubita nagashi nivyiza



Par Barutwanayo Jean Claude   ce  samedi 21 juin 2014   à 15 : 10 : 14

Niyaba Université nubu hakiri agatima kamacakubiri intandaro yavyo ituruka kuri ubwo bwicanyi bwo muri 1995.Kubona nubu muri za 2010 haduka utugwi ugasanga twagumutse ngaho nyene muri kaminuza ngo umuhutun nta jambo, ngo ntiyobaserukira, mbere bakagira nama coup d’Etat, vyose vyerekanako, ako gatima ko gukumirana kataheze. Ariko nintambwe kweri kubona urubanza nkurwo rutegurwa, kuko harabibazako aribo babuze bonyene, ugasanga hageze kuvuga i Buta,Kibimba nahandi,...Ugasanga harabashinze amatwi ariko bumvise ko hari abapfiriye muri Kaminuza ukamengo nibisanzwe.Tuze turibuka reo abacu bishwe, ntituririmbe bamwe ngo twibagire abandi.Burya ukuri niyo kwaja ahabona benshi bazotangara.Abibabazako ari intore, uzosanga barasbaye udukoko.Mbega ico gihe ishirahamwe ryabanyeshule ntiryari ya ASSER birirwa bararimba ngo yari ikomeye, uruhara rwayo rwabaye uruhe ?
None ubu icoza gihumuriza abanyeshule nabatwaye kera ASSER, ataco bavuze muri kahise nivyo vyose vyabaye ?Vyinshi turabibona ariko tukinumira, mais burya nitagangaye iraryana.



modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Ecrire un message à l'auteur de cet article

Envoyer un message



Dans la même rubrique
a

Des dossiers « ayant fait couler beaucoup d’encre et de salive » !



a

Télécommunication : Des bureaux de LUMITEL presque déserts



a

Droits de l’Homme : Des effectifs pléthoriques dans les prisons du Burundi



a

Droits de l’homme : Le Burundi dans la persistance des violations de droits humains selon l’ONU



a

Le parquet général met en place une commission d’enquête sur le carnage de Ruhagarika



a

Buta : 21 ans après l’assassinat des 40 séminaristes



a

Justice :Un militant du parti au pouvoir condamné à 3 ans de prison pour tenue de propos haineux



a

Droits l’homme l’homme : Le cimetière de Mpanda inondé



a

Kayanza : 5 ans de prison ferme contre une dizaine d’enseignants de Murambi



a

Dossier PARCEM, « l’affaire loin d’être terminée »





Les plus populaires
Des dossiers « ayant fait couler beaucoup d’encre et de salive » ! ,(popularité : 4 %)

La CVR toujours à l’œuvre ,(popularité : 3 %)

Burundi : Il faut cesser de harceler les avocats et les journalistes ,(popularité : 1 %)

Trois leaders de la société civile portent plainte contre Rema FM au CNC,(popularité : 1 %)

Le nouveau locataire de Mpimba n’est qu’ une goute d’eau dans l’océan,(popularité : 1 %)

3 journalistes menacés au Burundi ,(popularité : 1 %)

Justice :Un militant du parti au pouvoir condamné à 3 ans de prison pour tenue de propos haineux,(popularité : 1 %)

Les femmes juristes s’intéressent aux veuves,(popularité : 1 %)

Afffaire Manirumva : cinq ans après, Rufyiri dans le colimateur du Ministère public,(popularité : 1 %)

MAHOPA : fuite ou enlèvement ?,(popularité : 1 %)