Gitega : Les élèves vivant avec handicap veulent une discrimination positive




Par: Aubin Niyonkuru , vendredi 13 juin 2014  à 11 : 08 : 33
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Le lycée de la sagesse de Gitega ex CND héberge 33élèves vivants avec handicap. Il est l’unique école secondaire à avoir adopté à travers le pays le programme d’éducation inclusive, initié depuis 2010 par le gouvernement du Burundi. Ce système consiste à intégrer les élèves vivants avec handicap dans la politique nationale d’éducation et sont inclus au sein des écoles classiques.

Mais ce système semble ne pas avoir été bien conçu car les élèves malvoyants et sourds muets éprouvent d’énormes difficultés pour s’adapter à ce programme partagé avec d’autres qui n’ont pas ce genre de handicap. Certains parmi eux étudiaient auparavant au centre pour handicap dit « Rumuri ».

« Au centre Rumuri, on avait des enseignants qui savaient bien qu’il y avait dans la classe des élèves aveugles. Ils s’occupaient de nous avec plus d’attention, et nous avions du matériel suffisant, dont un livre pour chaque cours. Socialement, vivre avec des élèves non aveugles n’est pas chose facile, mais nous nous habituons petit à petit et les autres nous aident », déplore l’un d’eux.

Son collègue de même handicap parle plutôt d’un travail fatiguant. « Quand nous sommes en classe, nous suivons les explications du professeur et nous prenons les notes après les cours. C’est un travail fatiguant, c’est pourquoi nous demandons à l’Etat de mettre à notre disposition tout le matériel nécessaire : des machines suffisantes, un logement décent pour les filles et pour les garçons, les terrains de sport pour que nous puissions faire du sport comme les autres », ajoute-t-il.

Les camarades de ces élèves vivant avec handicap affirment qu’ils leur viennent parfois en aide. : « Nous leur expliquons les notes prises avec des signes, nous essayons aussi d’interpréter leurs signes », dit l’un de ces élèves.

Les difficultés d’adaptation ne sont seulement du coté de ces élèves vivants avec handicap. Leurs encadreurs disent qu’ils doivent prester jour et nuit pour leur expliquer la matière. L’un d’eux dit qu’après le travail habituel de 7h jusqu’à 13h, un autre travail pénible commence.« Quand j’arrive à la maison je ne me repose pas parce que là je commence la transcription des notes en écriture braille. C’est fatiguant parce que çà exige beaucoup d’efforts », indique-t –il.

Le directeur de cette école sous convention catholique reconnaît que ces encadreurs font un travail colossal. L’Abbé Elie Sakubu dit qu’ils devraient bénéficier d’une prime d’encouragement et du matériel didactique suffisant. En plus ce lycée devrait faire objet d’attention particulière de la part de l’administration compte tenu de ce nouveau projet d’éducation inclusive, indique-t-il.




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