Les libertés publiques reconnues pour les uns au Burundi




Par: Aubin Niyonkuru , vendredi 20 juin 2014  à 08 : 07 : 49
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« Le ministre ne peut pas s’arroger le droit de nous limiter là où la loi n’a pas apporté une telle limitation, car la loi ne précise pas la matière sur laquelle une manifestation peut être organisée », a déclaré le Délégué général du Forum pour le renforcement de la société ce jeudi, après que le ministère de l’intérieure ait interdit une marche pacifique en guise du soutien à Pierre Claver Mbonimpa.

Le ministre de l’intérieur, dans sa correspondance, a en effet accusé ces organisations de la société civile de vouloir perturber la paix et la sécurité alors que le dossier est pendant devant la justice.

« Dans notre pays nous constatons que certaines organisations de la société civile et les partis politiques tentent d’adopter un comportement de manifestant, même pour des causes illicites. Aujourd’hui à chaque fait de société la tendance est de se jeter dans les rues. Nous ne tolérons pas une manifestation fondée sur une fausse cause ou une cause illicite dans notre pays », avait dit Edouard Nduwimana.

Mais ces organisations de la société civile se demandent pourquoi ce droit constitutionnel est refusé à une catégorie de la population et autorisé à une autre. Pacifique Nininahazwe signale que depuis plus de 5 ans les autorités n’ont jamais autorisé la société civile à mener une marche pacifique. Le 09 avril 2011 lors de la commémoration de 2 ans après l’assassinat d’Ernest Manirumva, une marche pacifique pour réclamer la justice à Manirumva avait été autorisée, mais à quelques heures de cette marche, elle a été refusée comme l’a précisé le président du Focode.

Ce qui étonne le plus, selon Pacifique Nininahazwe c’est qu’après ce refus, quelques jours après, un groupe de jeunes s’est rendu en province de Bujumbura pour manifester contre certains leaders de la société civile dont lui-même, délégué général du Forsc d’alors, et des partis politiques d’opposition, avec tout le soutien de l’autorité publique.

Le 03 mai, lors de la journée internationale de la liberté de la presse, la mairie de Bujumbura a interdit aux journalistes de faire une marche pour célébrer cette journée. Un dispositif important de policiers avait été mobilisé à la place de l’indépendance pour interdire tout rassemblement.

Alexandre Niyungeko, président de l’Union burundaise des journalistes rappelle aussi les cas des marches pacifiques refusées pour le soutient du journaliste Hassan Ruvakuki qui était sous les verrous à l’époque, il y a à peine 2 ans.

Léonce Ngendakumana, président de l’Alliance des Démocraties pour lle Changement, ADC-Ikibiri, fait aussi savoir que cette coalition a déjà organisé des marches pacifiques dans certains endroits mais qu’ils se sont toujours heurtés à une interdiction de l’administration. Il rappelle les cas les plus récents où l’Adc-Ikibiri avait prévue des marches pacifiques pour demander le respect de l’Accord d’ Arusha lors de l’amendement de la constitution. Les marches refusées avaient été organisées notamment à Ngozi, Bubanza, Cibitoke, Rumonge et ailleurs, selon Léonce Ngendakumana.

Malgré ce refus répétitif de cette liberté d’expression, l’article 1 de la loi du 05 Décembre 2013 stipule que les réunions et manifestations publiques sont libres au Burundi. Ce droit est également mentionné par la constitution burundaise (Art 31), ainsi que d’autres textes internationaux ratifiés par le Burundi, mais il ne profite qu’à une catégorie de la population alors qu’il risque de devenir une interdiction pour l’autre.




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