De la politique à la Société civile : Eléments biographiques de Pierre Claver Mbonimpa




Par: Désiré Nimubona , jeudi 3 juillet 2014  à 18 : 54 : 53
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Pierre Claver Mbonimpa est âgé de près de 66 ans. Demain le 4 juillet 2014, son procès sera en audience publique à Bujumbura.

Arrêté le 16 mai 2014 à l’aéroport international de Bujumbura, il est accusé d’ « atteinte à la sureté intérieure et extérieure de l’Etat ».

Mais qui est Pierre Claver Mbonimpa, activiste de la société civile aujourd’hui et de l’opposition hier ?

Les années 90 il travaillait comme fonctionnaire de la Fonction Publique, mais il a démissionné de la Fonction Publique, accusant son chef direct de vouloir l’induire en erreur.

Fâché par la situation politique de l’époque et surtout une politique d’exclusion ethnico-régionale, Mbonimpa va rejoindre Ndadaye Melchior pour la vulgarisation de l’idéologie démocratique dans le pays.

Doué dans la protection, il sera parmi les services de protocole de Ndadaye Melchior. Son amour envers le changement va lui pousser à laisser son véhicule à son parti. C’est sur son véhicule que l’on trouvait accrochés des porte-voix lors des meetings de Ndadaye ou de son parti.

En 1993, avec la victoire de son parti le Frodebu, il sera récompensé. Il sera nommé responsable de la police de l’air et des Frontière à Gatumba (vers le Congo), il a par la suite bénéficié même d’une arme de travail en tant qu’officier de la Police de l’Air et des Frontières PAF.

Melchior Ndadaye, premier président hutu démocratiquement élu ne va pas rester longtemps. Il sera tué en octobre, trois mois après la prise de fonction, c’est-à-dire le 21 octobre 1993.

La crise va alors s’éclater dans le pays et des citoyens vont se disperser. Mbonimpa, en tant qu’activiste du Frodebu (parti de Ndadaye, président assassiné et surtout en tant que son ancien proche) va connaitre des attaques par des jeunes de son quartier de Jabe en Marie de Bujumbura qui étaient opposés à ces actions politiques.

Il s’agissait des jeunes dits « sans échecs » de 1994, des groupes connus surtout par leurs violations des droits de l’homme les années 90 après la mort de Ndadaye et les massacres qui en ont suivi.

Un jour, Mbonimpa sera alors attaqué la nuit par un groupe de jeunes extrémistes qui ont lancé des pierres sur sa maison. En possession d’un fusil de travail, il va tirer dans l’air pour le disperser.

Mais le matin, les forces de l’ordre se présenter à son domicile et l’amènent en prison. Il va y rester pendant une belle année.

C’est dans cette prison de Mpimba, la plus grande du Burundi que Mbonimpa va nouer avec l’amour des prisonniers, il va alors développer un sentiment autre que le premier. Il va virer de la politique à l’activisme de la société civile et surtout en ce qui est de la défense des droits de l’homme et des prisonniers. Il eut alors l’idée de créer une association dénommée l’APDP pour défendre les prisonniers.

Après sa création, son aide de camps ne va pas lui faciliter la tache et va alors créer en 2.000 l’Aprodh, une ONG de défense des prisonniers qu’il dirige jusqu’à présent.

Cette ONG sera d’une grande importance surtout pour les partis d’obédience Hutue tels que le Frodebu, le Cndd, le RBP parce que ces partis se renseignaient de l’état des droits de l’homme au sein même de l’Aprodh avant d’aller faire face à une autre partie de la couche dite G10 cette fois-ci des tutsis dans des négociations d’Arusha.

Parmi les acteurs politiques de l’époque l’actuel Porte-parole du Gouvernement Philippe Nzobonariba est connu pour avoir visité à maintes reprises les bureaux de l’Aprodh pour avoir des données actualisées de la situation des droits de l’homme avant d’aller faire face au G10 à Arusha.




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