La vérité du vote de 2015 et la légitimité sans appel du gagnant




Par: Isanganiro , vendredi 1er août 2014  à 18 : 55 : 55
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Opinon de Come Konakuze

Si chacun a le droit en démocratie d’exprimer et de valoriser son monde propre, le régime en place devrait exiger aussi l’institution d’un monde commun, autour d’un espace public d’affrontement des opinions contradictoires. C’est de ce fait que la démocratie rend visibles, au lieu de les refouler, les chocs inhérents à ces mondes antagonistes.

Nous comprenons d’autre part que la démocratie progresse avec la démystification du pouvoir comme don de Dieu qui renferme bien des mystères à l’instar des temps des royaumes. Le Burundi démocratique progresse avec la culture de l’expertise, du développement intégré et une meilleure distribution des compétences techniques. Il doit finir avec l’esprit partisan, confusion entre membre du parti et le droit au partage du gâteau par un poignet d’hommes.

La marche engagée au Burundi depuis plusieurs années vers la démocratie par la voie institutionnelle ne sera véritablement effective qu’avec l’essor d’une véritable culture démocratique de ses hommes. Entre-temps, le pouvoir de Bujumbura est actuellement confronté à distinguer entre la culture de l’expertise en démocratie et une lutte pour le pouvoir (se maintenir debout). Comme conséquence, il se met à l’effondrement progressif avec un risque de se mettre au ban de la communauté nationale et internationale pour cause de déficit démocratique né d’intermi¬nables malversations et la confiscation de l’espace politique. Ceci est à la une dans l’actualité au pays et à l’étranger.

A l’heure où la corruption, le sous-développement et la culture anti-démocratique décrochent leurs records au Burundi, le pouvoir de Bujumbura n’a plus d’autres stratégies électorales que de se lancer dans la lutte de « refoulement » des acteurs clés risquant d’inverser le contexte sociopolitique et économique. Tous les moyens sont bons afin de se maintenir debout et ne pas lâcher le bâton de commandement en 2015. Les documents de consensus pour arbitrer démocratiquement le jeu électoral comme la feuille de route, le code électoral ou le code de conduite sont en place comme gage mais leur mise en pratique intégrale pourrait faire tomber le bâton. Dans cette logique et après une analyse minutieuse, le pays a vu naitre ce fameux concept ambigu de « acteurs politiques » ou les exclus indirects du jeu et remis au banc de touche. Premier réussite avec un « toss » de la victoire ! Pour l’instant, la population aura vu "la démocratie" dans les publicités mais "des accointances dictatoriales" dans la pratique comme mode de gouvernance. C’est la meilleure démocratie à la burundaise du moins dans les slogans de certains groupes politiques.

Comme le chemin de la victoire se dessine maintenant, les débats qui se devaient d’être constructifs vont désormais donner place aux fourberies politiques, au despotisme, à la destruction des partis d’opposition et aux discours et pratiques hai¬neux des ligues des jeunes de certains partis comme « Imbonerakure » excluant les autres formes d’expression publiques (medias, société civile ainsi que les formations politiques d’opposition). Beaucoup viennent d’entendre que la représentation des Nations Unies suit la situation sociopolitique au pays et exprime qu’elle n’hésitera pas à poursuivre les meneurs de ces troubles à travers ces jeunes devant les juridictions internationales.

Ce désir profond du pouvoir enrichie par la situation de mal gouvernance sans doute avec le verrouillage de l’espace politique et une forte contribution à l’altération du cli¬mat politique au Burundi. A la fin, les citoyens dignes de nom vont assister à une accentuation de la culture antidémocratique visant le maintien et la radicalisation du régime à l’instar des partis uniques.

Si ces citoyens pensent que le changement démocratique ou la fin de la guerre de 2005 portait plus d’espoir en matière de démocratie pluraliste, les fruits n’auront pas tenu la promesse des fleurs ! Beaucoup, par la suite, vont constater de facto que le climat de confiance a tourné vers un jeu illisible des alliances contre nature qui se font et se défont au gré des situations politiques mais avec un dénominateur commun de se maintenir debout en 2015.

En ce moment des échéances électorales, beaucoup s’alarment d’un mouvement inverse contre la démocratie au Burundi ou simplement soupçonnent que le pouvoir de Bujumbura, qui fut sa condition d’émergence en 2005, est peut-être entrain de la détruire. Il y a lieu à croire donc que le jugement politique du pouvoir de Bujumbura n’est plus très éloigné de celle du jugement esthétique qui consiste à élaborer et à rallier un sens commun sur des matières foncièrement incertaines, ou qui ne se laissent pas rationnellement démontrer.

La culture du débat ou d’argumentation pour le développement se concrétise démocratiquement à un espace politique conçu comme un "ring" où s’affrontent les raisons inclusives et contradictoires pour tous les citoyens. Ce « ring » a été verrouillé où accordé à compte-gouttes pour empêcher le dépassement du seuil fixé par le ténor de la victoire précédente (félicitation pour avoir vu la cause de l’échec). C’est la plus grande réussite vers les échéances électorales de 2015 voire plus tard. C’est un constant amère pour ceux avides de s’affronter sur ce « ring » mais un succès pour celui qui a l’ambition de se maintenir debout en 2015 ou plus tard dans l’avenir.

En tout cas, "le ring" d’affrontement électoral est pris pour signifier une victoire avec un record écrasant que vous le voulez ou pas, et en dépit des financements internationaux ou de la participation de ces fameux « acteurs politiques » non-reconnus ou pas nommés par le Ministère de l’intérieur. Il faut accepter que c’est ce dernier qui gère les partis au Burundi conformément à la loi fait par lui-même et approuvé par lui-même sous la bénédiction de sa famille établie à l’arène de Kigobe depuis en 2010. C’est une 3è victoire en plus du verrouillage du « ring » et de la création du concept d’acteurs politiques. A moins de poursuivre l’utopie d’une démocratie à l’occident, nous devons avouer et encore créditer cette imminente et glorieuse victoire dès à présent ! Qui dit le contraire sur cette victoire ? En tout cas, si tu n’es pas de cet avis très favorable, tu n’es pas un démocrate à la burundaise mais je te rassure que beaucoup de formations politiques et d’autres opinions démocratiques (nationales et internationales) peuvent le témoigner haut et fort. Elles sont d’ailleurs demandées de te convaincre car tu es « igipinga ».

Plus tard après la glorieuse victoire, les perdants retranchés dans les grottes se poseront de multiples les questions sur cette "mentalité" de confisquer "le ring" car beaucoup de burundais y compris ceux qui l’ont confisqué considèrent toujours que le bon juge en politique comme en matière esthétique, cultive cette démocratie comme une pluralité virtuelle, et pense en se mettant à la place des autres ou en se traitant "soi-même comme un autre". Au final, les résultats du scrutin ne sembleront pas le produit de la « mentalité élargie » plutôt au contrôle réussi à exercer un pouvoir pseudo démocratique, très fluide, volatil, gazeux, énergumène, qui peut surgir à tout bout de champ mais profitable pour certains et à une certaine étape.

Pour d’autres, la leçon d’avenir sera aussi de créditer les propos prêtés à l’ancien Président français Jacques Chirac (1995-2007) qui se demandait si l’Afrique serait prête pour la démocratie et qui a choqué plus d’un africain sur deux. Avec notre expérience au pays, il y a lieu à s’intéresser sur cette croyance et à en faire une analyse en démontrant que le Burundi est déjà en marche vers la démocratie ou s’il maintient sa politique d’après la colonisation caractérisée par de nombreuses crises de rivalité politique, sociale, économi¬que et institutionnelle. Ca pointe déjà à l’horizon d’après les médias, politiciens comme Stef Vandeginste et les organisations de la société civile que beaucoup de burundais en craignent la tournure vers les démons des temps passés au lieu de s’en réjouir des avancées notables dans le processus démocratique car ils n’entendent parler démocratie uniquement que dans les discours politiques. La fibre patriotique et nationaliste n’est palpable que pour un petit groupe mais avec un grand pouvoir. Les autres diront que la vie politique n’inspire plus confiance au pays, surtout en prenant en compte la misère que le peuple endure sans promesse de voir meilleurs devant. La peur des allégations à Kiliba Ondes où la lumière se cherche encore, les taxes qui montent sans investissement aux ménages, le chômage grandissant etc. ne sont que des indices visibles.

Le discours du président américain Barack Obama prononcé au Ghana en 2010 sera sans effet et plutôt incorrect sur le cas du Burundi : « L’Afrique, au lieu d’avoir des hommes forts, doit avoir des institutions fortes. » Cela étant, la nécessité de choisir des personnes de bonne volonté pour animer ces institutions. Pour le cas du Burundi, beaucoup voudront réclamer l’arrêt de la pra¬tique répandue des achats de consciences et enrôlement de contrainte des « ibipinga », l’arrêt immédiat de la politique de « nyakurisation », une libéralisation encadrée des médias, une véritable lutte contre l’impunité et la consolida¬tion de l’État de droit. Oui, la tâche est lourde devant nous mes potes avec cette histoire de « démocratie ».hé !

En tout, nous « du côté organisateur et vainqueur » restons perméables à ces manquements mais laissons-nous d’abord acclamer déjà notre belle et démocratique victoire.




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Par Rose Hakizimana   ce  jeudi 2 octobre 2014   à 04 : 02 : 52

Mwaramutse neza mushingantahe Konakuze ndashimye cane kirya cegeranyo kirimwo impanuro ninyifato ku matora ya 2015 tufatiye kuvyo tubona ku ntwaro ihari
shishikara wigishe turabe ko intwaro ya gahotoro ,yu busimbirahamwe yo hava
igihugu cacu gisigaye umengo ninzu yuzuye mwo ubugomba ninzu itagira ikiruta ikindi ni gihugu giteye agahinda kuwukizi
komera relo turikumwe muri vyose
Rose



Par Rose Hakizimana   ce  lundi 6 octobre 2014   à 22 : 26 : 41

LES BURUNDAIS DOIVENT SE LEVER COMME UN SEUL HOMME POUR REFUSER LE VOL DES ELECTIONS DE 2015 QUI EST ENTRE D ETRE FAIT PAR LA CNI ,NOUS DEVONS DEMANDER QUE CETTE CNI QUI NOUS A MIS DANS DES PROBLEMES DEPUIS 2010 NE CONTUNIE PAS A LES FAIRE POUR 2015
NOUS DEMANDONS A LA DIASPORANTS DE PENSER A NOTRE CHERE PATRIE LE BURUNDI ,ET SUIVRE DE PRES A LA PREPARATION DES ELECTIONS DE 2015, MERCI



Par Rose Hakizimana   ce  lundi 6 octobre 2014   à 22 : 27 : 25

LES BURUNDAIS DOIVENT SE LEVER COMME UN SEUL HOMME POUR REFUSER LE VOL DES ELECTIONS DE 2015 QUI EST ENTRE D ETRE FAIT PAR LA CNI ,NOUS DEVONS DEMANDER QUE CETTE CNI QUI NOUS A MIS DANS DES PROBLEMES DEPUIS 2010 NE CONTUNIE PAS A LES FAIRE POUR 2015
NOUS DEMANDONS A LA DIASPORANTS DE PENSER A NOTRE CHERE PATRIE LE BURUNDI ,ET SUIVRE DE PRES A LA PREPARATION DES ELECTIONS DE 2015, MERCI ROSE



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