Diplomatie : Indésirables dans le pays de Nyerere




Par: Dieudonné Nzeyimana , lundi 20 octobre 2014  à 18 : 18 : 10
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Trente et deux Burundais majoritairement composés d’enfants ont été refoulés de la République Unie deTanzanie, la semaine dernière. Ils sont arrivés au poste de frontière de Kobero en province Muyinga ce vendredi.

La police tanzanienne les a acheminés à bord d’un véhicule tanzanien. La police burundaise les a conduits au centre des jeunes de Muyinga où ils sont hébergés dans une salle commune, hommes, femmes et enfants. Ils vivent de l’assistance en nourriture de la part de quelques âmes charitables.

Ces Burundais indésirables en Tanzanie ont été refoulés dépouillés de tout. Ils affirment avoir perdu peu de choses dans ce pays qui ne veut pas d’eux. Ils venaient d’y passer à peine un mois.

Originaires tous de la province Rutana au sud-est du Burundi, ce sont des habitués de la Tanzanie. Ce pays les a hébergés en tant que réfugiés dans le camp de Mtabila. Ils ont été rapatriés de force par le gouvernement burundais entre 2010 et 2011 d’après leurs témoignages.

Mieux ailleurs qu’au pays natal

Au Burundi, ils ont manqué les domaines fonciers promis par le gouvernement avant le rapatriement C’est la raison avancée par ces Burundais comme cause du retour en Tanzanie.

Sans terre et donc dans l’incapacité de produire, ils vivaient dans des conditions très dures, précisent-ils.

Une sexagénaire nommée Nyanzira fait savoir qu’elle a ainsi décidé de retourner en Tanzanie avec ses cinq orphelins car elle n’avait aucune assistance. Pour eux, au lieu de vivre pire qu’un réfugié chez soi, vaux mieux partir ailleurs tenter sa chance.

Sachant bien que les camps de réfugiés burundais sont fermés depuis leur rapatriement, ils ont foncé vers des régions tanzaniennes loin de la frontière burundo-tanzanienne. C’est à Mwanza où ils ont été arrêtés avant d’être refoulés vers le Burundi, révèlent-ils.

La réinstallation à Rutana, seule préoccupation de l’administration

D’après Déo Rwamuhizi , administrateur de la commune Muyinga, l’urgence est de les aider à regagner la province natale : Rutana. C’est là où l’on saura la vérité sur les vraies raisons qui poussent ces Burundais à fuir leur pays.

Déo Rwamuhizi semble ne pas croire aux déclarations de ces citoyens refoulés. La commune de Muyinga est habituée à accueillir des burundais chassés de la Tanzanie. L’an passé, entre avril et juin ; plus de 2000 burundais ont été refoulés de ce pays voisin.

Les autorités tanzaniennes ont toujours déclaré être opposées à une installation sur leur sol d’immigrants illégaux, pratique dite UHAMIAJI HARAMU en Swahili.

Malgré les appels incessants de l’administration des deux pays au respect des normes en matière de mouvements de personnes au sein de l’EAC, rien n’a encore changé et dans l’entre-temps, des Burundais en quête de propriété foncière et d’emploi continuent à tenter à pénétrer en Tanzanie illégalement.




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Par Apollinaire N.   ce  lundi 20 octobre 2014   à 19 : 19 : 59

Les gouvernements des pays d’accueil sont, en première ligne, responsables de la protection des réfugiés.

Les 147 pays partis à l’accord et/ou du protocole relatif au statut juridique des réfugiés sont tenus de mettre en œuvre les dispositions de ces textes. Le HCR exerce une fonction de contrôle et intervient, le cas échéant, pour assurer que les réfugiés obtiennent l’asile et ne soient pas forcés de retourner dans des pays dans lesquels leur vie pourrait être en danger. Le HCR cherche des moyens pour aider les réfugiés à prendre un nouveau départ, soit en passant par l’intégration dans les pays d’accueil ou par le retour volontaire dans leur pays d’origine ; si ces deux solutions ne sont pas possibles, la réinstallation (resettlement) dans des pays tiers est envisageable.



Par Apollinaire N.   ce  lundi 20 octobre 2014   à 19 : 26 : 36

Il n’est pas compliqué de faire preuve d’empathie pour les demandeurs d’asile rejetés par le pays où ils ont trouvé refuge. En règle générale, ça se passe de la manière suivante :

vous fuyez votre pays d’origine, vous vous jetez dans les bras des trafiquants d’êtres humains, vous parcourez des milliers de kilomètres au péril de votre vie – et tout ça pour que votre demande d’asile tombe dans l’oreille d’un sourd. Ensuite, après être devenu sans le vouloir la star d’un gouvernement qui durcit sa politique sur l’immigration, vous vous retrouvez soit emprisonné pour une période indéfinie, soit dans un avion en direction de l’endroit que vous avez essayé de fuir par tous les moyens. Alors imaginez maintenant qu’on vous renvoie dans une province qui n’est pas celui d’où vous venez.



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